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Olivier Laridon : « Je n’aime pas l’à-peu-près ! »

19/06/2020 à 14:02

Le coach de l’USPSO (anciennement USSO), Olivier Laridon, a accepté de nous dévoiler sa vision du football. Rigueur et concentration sont les maîtres mots de sa philosophie.

La reconversion en tant qu’entraîneur

« Dès l’âge de 18 ans, j’ai eu envie de diriger une équipe. J’ai commencé par m’occuper des petits de l’école de foot puis des benjamins, des 15, 17 et 18 ans avant de prendre en charge une équipe senior. Ça fait 30 ans que je suis dans une zone technique. »

La définition du bon coach

« Il y a beaucoup de critères qui se rejoignent. Premièrement, la formation. Si tu as reçu un bon bagage footballistique, tu peux te faire un petit nom. Je ne peux pas exclure le relationnel avec les joueurs, le staff et les membres du club. Il faut avoir une relation de partage pour essayer d’atteindre un objectif ensemble. Le plus important, c’est la capacité à faire progresser un groupe collectivement et individuellement. Ça demande de la rigueur, de l’écoute, de l’observation, de l’exigence et de la curiosité. »

La définition de la tactique

« C’est la manière dont tu vas présenter les choses aux joueurs. L’important, ce sont les principes de jeu : le système et son animation, la stratégie sur les coups francs, les corners… Et sur ce sujet, il y a mes principes et ce qui est possible de mettre en place en fonction du contexte. »

Le schéma préférentiel

« Je n’ai pas vraiment de préférence, mais j’ai longtemps été adepte du 4-4-2 à plat avant de revenir sur un 4-2-3-1 ou un 4-1-4-1. Et comme tout coach, j’ai un dispositif perso, mais c’est top secret ! »

La culture du pressing

« Il n’y a pas de culture du pressing. Il faut le travailler avec des axes différents : à la perte du ballon, dans des zones, sur des temps de passe. »

Le système ou les joueurs, quelle priorité ?

« Les joueurs passent avant le système. Je pense qu’il n’y a pas deux parties, mais trois. La première, l’intention de jeu. La deuxième, les joueurs et le mélange des deux te permettent de choisir ton système de jeu qui arrive en troisième position. Il y a toujours une intention générale, mais elle peut changer en fonction des matchs. Dans tous les cas, j’aime que mon équipe sache évoluer dans tous les modes de jeu de manière collective. »

Le résultat ou le jeu ?

« Le résultat passe par le jeu. On ne peut pas jouer pour jouer. On ne peut jouer que pour la victoire. En mettant en place une équipe, je distille des consignes, j’ai un circuit préférentiel, en fonction des adversaires rencontrés. À domicile ou à l’extérieur, les choses peuvent varier. Si on est focus que sur le jeu pour le jeu, sans résultat, ce n’est pas possible. Je suis un compétiteur. »

Le style Laridon

« Je n’aime pas l’à-peu-près, le laisser-aller, le manque de concentration. Un joueur pas concentré n’a pas l’esprit d’équipe. Le côté bloc équipe et le côté performance collective sont des choses que je place avant tout. »

La causerie d’avant-match

« Je fais court. Vingt minutes découpées en deux temps. Il y a tout ce qui va se référer à la rencontre, le plan de jeu et la stratégie sur les coups de pied arrêtés notamment. Des choses récurrentes qu’on veut voir à chaque match. Et il y a la partie motivationnelle, qui elle, par contre, diffère suivant les périodes et les adversaires. »

La relation avec les médias

« La vigilance dans la communication est de rigueur. Plus jeune, je ne faisais pas attention, mais aujourd’hui, la presse a pris une telle importance dans le football moderne que je suis prudent dans mes propos. Ceci dit, j’ai de très bons rapports avec les médias auxquels je ne ferme pas la porte. »

L’utilisation des outils modernes

« Avec le staff, on filme les matchs pour pointer certains aspects tactiques. Je travaille également avec un logiciel pour donner les statistiques aux joueurs : passes décisives, buts, temps de jeu, meilleures combinaisons. J’essaye de les valoriser au maximum. »

Les trophées, un critère décisif dans une carrière ?

« Non, mais lorsqu’on a connu six montées en huit ans (deux avec les jeunes et quatre avec les seniors de Malo), on y prend goût. J’ai connu des accessions en tant que joueur, mais quand tu es coach, tu les vis plus intensément. »

Crédit photo : Christophe Gx