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Jean-Michel Vignau (Lavaur FC): « Le phénix va renaître »

06/05/2018 à 14:16

Cette année, le FC Lavaur va fêter ses 80 ans. Pour l'occasion, le président, Jean-Michel Vignau revient sur l'Hsitoire de son club et les festivités pour l'occasion.

Actufoot81: Est-ce que vous avez prévu quelque chose de spécial pour fêter cet événement? 

Jean-Michel Vignau (Président du Lavaur FC): Le Lavaur Football Club a été créé en 1938, on  va donc fêter les 80 ans du club cette année. Le 9 juin, on va faire une grosse manifestation. On est d’ailleurs à la 3ème réunion pour préparer cet événement. On espère rameuter le maximum de personnes, des anciens du club, les joueurs actuels sont bien évidemment invités, apparemment il y aura dans les 400-500 personnes sur cette manifestation. C’est vraiment très plaisant parce qu’on voit qu’il y a beaucoup d’anciens dirigeants qui veulent s’investir pour cet événement. Donc, il aura lieu le 9 juin à partir de 14h30 avec pour animer l’après-midi, du foot en marche. Cela vient des Etats-Unis, c’est sur un terrain plus petit où il est interdit de courir et de tacler. Mais ce qui est bien c’est que c’est très ludique, donc on a envie d’innover avec des jeux comme ça. Et après, il y aura un bon repas, un match des anciens et une belle soirée. Je pense que cet événement arrive au point nommé par rapport à l’Histoire du FC Lavaur et ce qu’il se passe en ce moment dans le club.

AF81: C’est-à-dire? 

J-M V (LFC): Le club a joué à un très très haut niveau, c’est-à-dire qu’il a joué la montée en Nationale 2 à l’époque, en 1996 avec un match contre Grenoble où il y a eu des incidents. A partir de ce jour, au lieu de monter le FC Lavaur a été rétrogradé et dans la foulée a perdu quasiment la totalité de ses joueurs cadres et depuis, c’est une descente lancinante en enfer. Depuis quelques jours, on sait même qu’on va descendre en district avec la refonte des championnats pour jouer en Super Excellence je crois. Donc, je pense qu’on paie un peu tout le reliquat de ce match-là et il y a une dynamique qui a été cassée ce jour-là, ça a été compliqué, même si sous l’impulsion notamment de Philippe Jarriot qui a été entraîneur pendant pas mal d’années, le club s’est maintenu à un bon niveau mais c’est vrai qu’après en descendant chaque année, les meilleurs joueurs s’en vont et puis c’est compliqué de rester à un bon niveau parce que le monde du foot aujourd’hui il est quand même compliqué à tous les niveaux. Donc, certainement que le FC Lavaur n’a pas su prendre aussi certains virages qui étaient importants.

AF81: Est-ce que les incidents de Grenoble ne donnent pas l’impression ou le sentiment d’être passé à côté de quelque chose? 

J-M V (LFC): Oui, je pense que le club se serait au moins maintenu à ce niveau-là et peut-être avoir des ambitions importantes. Le club de football a toujours été lié financièrement à une entreprise qui n’existe plus aujourd’hui, qui s’appelait Fusaurop avec monsieur Georges Pusarcos qui a quand même beaucoup fait pour le club pendant de nombreuses années. Après, on a été suivi par monsieur Pierre Fabre et son groupe (ndlr: le groupe Pierre Fabre est l’actionnaire numéro du Castres Olympique en rugby), mais surtout lui et pour l’avoir rencontré quelques jours avant le match, on avait déjà bouclé notre recrutement, et je pense que c’est quelqu’un qui, si on était monté, nous aurait aidé comme il le fait aujourd’hui avec le rugby. Il faut savoir d’ailleurs que monsieur Fabre était plutôt footeux au départ, il avait investi dans Sud Radio, au TFC et dans d’autres choses avant de partir sur le rugby et tant mieux pour le rugby, mais c’est vrai qu’à Lavaur on avait la chance d’avoir cet homme-là et je pense que si vraiment on était monté dans les hautes sphères, ça aurait été quelqu’un qui nous aurait aidés.

AF81: On aurait pu imaginer un parcours à la Guingamp ou à la Auxerre, une petite ville qui monte très haut? 

J-M V (LFC): Ouais, ouais ça aurait été possible parce que c’était un club sain avec des joueurs issus de l’école de foot, en 96 quand on joue la montée, 8 joueurs en étaient issu donc on avait très peu de mercenaires, la plupart des joueurs qui venaient s’ajouter c’était des gens issus de centre de formation avec un bon niveau, mais qui étaient complètement ancré dans le projet du club avec un bon état d’esprit. On avait aussi un bon entraîneur qui était Patrick Moujensber et un bon directeur sportif avec Ruben Martinez.

AF81: Au niveau des montées, à partir de quel moment peut-on parler de déclic?

J-M V (LFC): Le club a toujours été à bon niveau, en tout cas au niveau régional. Mais c’est l’arrivée de Ruben Martinez et de Patrick Mojensberg qui a tout lancé, à partir de là, le club s’est vraiment professionnalisé, c’est-à-dire que jusqu’à ce moment-là, on était un club comme beaucoup d’autres et on s’est bien entendu tous ensemble et à partir de là, il y a eu une dynamique et on a mis un peu de professionnalisme dans la manière d’aborder plein de domaines. Et puis surtout, tous les dirigeants faisaient confiance à ce trio de tête et donc on avait une bonne ambiance, un engouement général et un tournoi international très important qui a duré pendant 25 ans ou plus qui était très réputé dans la région avec des équipes qui venaient du monde entier. Et puis, cette dynamique a été cassée avec des changements de présidents, des départs de certains dirigeants, des choses comme ça.

AF81: A l’époque, vous étiez une véritable référence dans la région et le plus grand club tarnais?

J-M V (LFC): Ouais c’est un peu ça. On était le premier club en 96, je crois qu’on était le 4° club du Midi-Pyrénées, on faisait partie de l’élite du Midi-Pyrénées.

AF81: Peut-on dire que la dernière époque de réussite du club, c’est 2003-2006 avec un titre en DHR et 2 Coupes du Tarn? 

J-M V (LFC): Ouais c’est sous l’ère Philippe Jarriot. 96, c’est le match contre Grenoble. 97, il y a encore un certain nombre de joueurs. 98, Patrick Mozenberg part à Albi et prend avec lui un certain nombre de joueurs. Et puis, à partir de là, Philippe Jarriot qui était un ancien joueur de Rodez en Ligue 2 est arrivé et il a apporté beaucoup de choses et beaucoup de positivité autour du club. Il a maintenu le club à bon niveau pendant de nombreuses années.

AF81: Peut-on dire que le moment le plus fort du club, paradoxalement, est également le moment qui a marqué le début de la fin?

J-M V (LFC): C’est complètement ça, c’était le plus haut de l’apothéose et le début de la fin. L’année d’avant, on avait fait un bon parcours en Coupe de France, on avait joué contre Niort en 32èmes de finale et on sentait bien qu’on pouvait accrocher quelque chose avec cette équipe jusqu’à cette possible montée qu’on a loupé en 96.

AF81: Cette chute des dernières années, comment peut-on l’expliquer, par des changements de présidents, des mauvaises décisions? 

J-M V (LFC): Ouais ça y a fait. Après, on a aussi eu des clubs satellites à côté qui nous ont fait mal, après c’est toujours pareil, on est fautif de tout ce qui s’est passé, l’ambiance et les résultats sont de moins en moins bons. Donc, des clubs avec qui on est ami comme Giroussens, mais je me souviens d’une époque où on avait 2 équipes seniors à Lavaur et 3 à Giroussens alors que 95% des joueurs venaient du FC Lavaur. On a un peu perdu notre identité, moi c’est la 5ème fois que je suis président du FC Lavaur, j’ai connu l’époque faste et c’est vrai que l’état d’esprit a changé, les relations ont changé et je pense qu’il faut qu’on revienne à des valeurs saines et c’est ce qu’on est en train de faire. Alors c’est vrai qu’on pourrait croire que je suis triste avec la situation du FC Lavaur mais j’ai plein d’espoirs par rapport à ce qu’il va se passer.

AF81: Il fallait peut-être arriver « au plus bas » pour repartir de plus belle?

J-M V (LFC): Peut-être, je pense aussi et retrouver des valeurs. On se rend bien compte qu’à notre niveau amateur, il faut des moyens financiers qu’on n’a peut-être plus à Lavaur, même si on a fait des fois l’effort ces dernières années. Aujourd’hui je crois qu’il faut retrouver des valeurs de convivialité, ça passera aussi par le retour d’anciens joueurs qui évoluent aujourd’hui à haut niveau ou qui sont partis jouer dans d’autres niveaux, d’autres sphères et ça va passer impérativement par des gens qui ont le maillot au fond de leur cœur et qui vont vraiment se mettre au travail pour redonner du blason au FC Lavaur. Et je pense que ça va se faire rapidement, on est déjà en train de préparer l’année prochaine, donc voilà. Il faut repartir sur des bases saines et je pense qu’avec des anciens joueurs, cela peut le faire, il faut vraiment qu’on ait un projet sur les 2-3 prochaines années en gardant nos joueurs.

AF81: Par rapport aux clubs satellites, est-ce que dans un sens, vous ne les avez pas aidés? 

J-M V (LFC): Oui je le pense sincèrement parce que le club de Lavaur a toujours eu et a toujours une école de football très formatrice donc forcément, ces joueurs ont été élevés dans un bon club et forcément en montant de niveau c’est vrai que c’est difficile d’intégrer, je me souviens d’une époque où le FC Lavaur avait une équipe senior en Nationale 2, une en DHR et une au plus haut niveau du district. Effectivement, je pense qu’on a été une pouponnière et si ça a profité à certains clubs aux alentours, tant mieux. Et je pense qu’aujourd’hui, il faut vraiment qu’on axe notre stratégie sur les jeunes, on a toujours une bonne école de football qu’il faut faire monter en compétences au niveau des diplômes, des éducateurs pour recréer une vraie pépinière et faire en sorte que les joueurs restent à Lavaur.

AF81: Dans un département qui vit beaucoup par le rugby, Lavaur n’est-il pas en quelque sorte l’anomalie avec une ville qui vit ou vivait grâce à son club de foot? 

J-M V (LFC): Ce n’est plus vrai aujourd’hui. Ça a toujours été une ville de rugby Lavaur, à l’époque, ils jouaient à un niveau un peu moindre qu’aujourd’hui mais il y avait un engouement assez important. Après, nous on s’est toujours bien entendu avec le club de rugby et c’est vrai que quand on est monté dans les années 96, quand monsieur Fabre a eu confiance en nous avec notre travail, on était sportivement bien au-dessus du rugby mais entre guillemets, cette anomalie a été réglée depuis. C’est super ce qu’il se passe pour eux mais il faut être vigilant parce que je me rends compte que cette ossature club, il faut savoir la garder à tous les niveaux car c’est souvent des passades où justement quand tout va mal, on se replie sur les anciens et ce qui a fait la gloire alors que quand on est dans les sommets, on va peut-être un peu plus oublier et se pencher sur des recrutements à l’extérieur pour se maintenir, ce qui est normal mais il ne faut pas pour autant oublier. Après, nous on a eu de la chance d’avoir la mairie qui nous a toujours soutenus avec de belles installations et un bon budget qui n’a pas diminué. Tout est mis à notre disposition pour nous aider parce qu’ils savent que le football reste un bon vecteur social.

AF81: Dans le coin, le club a toujours gardé son image de club historique, de haut niveau? 

J-M V (LFC): Parfois, quand j’accompagne l’équipe à l’extérieur, je m’aperçois que parfois dans les tribunes ou les dirigeants s’étonnent en se disant, c’est l’équipe une du FC Lavaur alors qu’à une époque, au niveau régional on était très coté et les gens des fois sont surpris de voir le FC Lavaur à ce niveau-là. Et, ces réflexions, je les entends depuis 2-3 ans donc c’est vrai que les gens sont un peu étonnés de nous voir à ce niveau. Parfois quand j’entends certains supporters dans les tribunes, j’ai l’impression qu’on est un peu une bête blessée et ça fait un peu mal.

AF81: Un peu à la manière de Lens en Ligue 2, même si c’est un autre niveau, ça fait mal de voir le Lavaur FC descendre comme ça? 

J-M V (LFC): Ouais parce que c’est un club sain. On a vraiment été un club sain. Après, c’est très personnel ce que je vais dire, mais j’ai un peu l’impression qu’à ce moment-là, on était un club qui gênait un peu. On n’a pas du tout été défendu par la ligue et le district au moment de ces événements contre Grenoble, on a plutôt été enfoncé. Il s’est passé des événements qu’on ne renie pas mais on avait eu un rapport du délégué de la ligue Midi-Pyrénées qui nous a fracassé dès les premiers mots et on ne sait pas pourquoi. Est-ce que le Lavaur FC gênait un peu? Je ne sais pas, je ne sais pas.

AF81: Vous avez été un peu un Luzenac avant l’heure? 

J-M V (LFC): Je pense effectivement qu’on est un peu ça, exactement. On s’est bien entendu d’ailleurs avec le club de Luzenac, c’est un club que j’ai vraiment soutenu quand on voit un peu avec les magouilles comment ce club n’a pas pu monté sportivement, c’est quand même un peu anormal. Après, dans les sphères du football on le voit bien avec toutes les corruptions qu’il y a eu à la FIFA. Moi, aujourd’hui, je participe peu au réunion de la Ligue ou du District, je m’interdits même souvent d’y aller, il y a toujours quelqu’un pour me représenter au niveau de ces instances parce que j’ai mes idées sur ce qu’il a pu se passer dans le passé, j’ai mes idées sur certaines convictions de ces personnes-là même si je respecte le travail qu’ils font mais à titre personnel, je pense avoir suffisamment donné. après, pour revenir au cas de Grenoble, c’est un peu comme quand on est dans une sale histoire, on espère avoir des avocats qui vont croire en votre honnêteté et en votre histoire pour vous faire avancer et pas vous tirer vers le bas.

AF81: Malgré tout, cela doit rajouter de la détermination de voir que les gens considèrent que le club est trop bas pour son vrai niveau? 

J-M V (LFC): Ouais c’est une sorte de fierté tout ça. Après, moi c’est la 5ème fois que je suis Président du club, je suis revenu grâce à des convictions fortes par rapport au club mais aussi des convictions personnelles qui font que je ne peux pas lâcher ce club et que je me dois de faire le maximum. Il est peut-être aussi le temps pour moi d’arriver à accompagner certaines personnes qui vont faire grandir dans un autre état d’esprit, avec d’autres volontés parce qu’aujourd’hui j’ai 57 ans, j’ai été président à 29 ans, j’ai connu des périodes difficiles et heureuse, j’ai une activité professionnelle qui me prend beaucoup de temps, j’ai des enfants et une famille donc c’est comme tout, parfois il est temps de passer le relais et ça va se faire rapidement, d’ici 1 an ou 2 ans avec des gens très compétents. Il faut redonner une envie de victoire à ce club mais avant tout par une convivialité, un état d’esprit et pour cela il va falloir peut-être bouger dans les bureaux. Comme je l’ai dis tout à l’heure, certains pourraient croire que je suis triste pour le club, mais je suis assez serein pour l’avenir du club. Je pense vraiment que le phénix va renaître.

AF81: Peut-on dire au niveau global, sur les 80 ans, le club du FC Lavaur est le plus grand club du Tarn, avec peut-être l’US Albi? 

J-M V (LFC): Oui parce que l’US Albi reste le club le plus haut qui représente la plus grande ville du département mais c’est vrai que Lavaur a toujours joué à un bon niveau. Mais c’est sûr qu’aujourd’hui ce n’est plus le cas du tout, il y a peut-être une vingtaine d’équipes devant nous dans le département et on espère retrouver le haut niveau. Malgré tout, on peut dire que le FC Lavaur a tiré le haut du football tarnais pendant pas mal d’années par tout un tas de choses avec le côté sportif, mais aussi le tournoi international, les dirigeants, la fidélité et tout un tas de choses qui sont importantes. Et sans dénigrer les autres clubs aux alentours, moi j’ai joué pendant plusieurs années à Lisle Sur Tarn qui est devenu le FC Vignoble, c’est aussi des gens qui profitent d’une population qui grandit dans ces villes-là et ce sont aussi des gens qui travaillent bien, qui prennent le temps de construire avec une belle école de foot, de se mettre au niveau en senior.

AF81: Dans un football qui demande un certain nombre de moyen comme vous l’avez dit auparavant, est-ce que l’une des solutions n’est pas la fusion comme l’ont fait Lisle Sur Tarn et Rabastens-Couffouleux? 

J-M V (LFC): C’est plus au niveau des jeunes, on a déjà eu des ententes chez les jeunes avec plusieurs clubs et notamment Giroussens. Après il y a toujours cette envie de clocher, mais peut-être qu’un jour l’avenir appartiendra aux fusions de clubs mais je pense que ça mettra un peu de temps parce qu’il y a toujours une envie de clocher. Pour Lavaur, je pense qu’on a vraiment les moyens de reconstruire son avenir seul.

AF81: Vous l’avez dit, vous souhaitez revenir aux bases d’antan et retrouver votre image et cela passe aussi par le Tournoi du Pastel qui est « censé » remplacer le tournoi international dont vous parliez? 

J-M V (LFC): Ouais, bon déjà c’est un tournoi qui commence à avoir une réputation dans la région mais après le tournoi international a été créé par Michel Garric qui a été un pionnier à ce niveau-là et il l’a emmené à un très haut niveau à Lavaur avec 120 bénévoles, près de 3000 repas sur trois jours. Le Tournoi du Pastel a lui été réduit à 2 jours avec moins de catégories mais il a une bonne côte dans la région. Aujourd’hui, on voit que l’une des problématiques du sport en général est celle des bénévoles, c’est toujours très compliqué. Je pense qu’on est un peu victime de ce qu’il se passe à la télé à ce niveau-là, les gens ont changé leur modèle de vie et c’est fini de passer une soirée à aider un club, ça arrive, mais c’est de plus en plus rare. Au niveau du bénévolat, il pourrait y avoir des projets intéressants, pour des personnes au chômage qui sont en dehors du milieu du travail par exemple, cela pourrait leur permettre de se relancer dans la vie du travail et ce serait intéressant pour les associations d’avoir plus de bénévoles, car aujourd’hui il y a une vraie pénurie de bénévoles.

AF81: La position de la ville, au croisement entre Albi, Toulouse et Carcassonne, est-ce que ça a été une force?

J-M V (LFC): Oui pour Toulouse, ça a été une force, on attire surtout des joueurs de Toulouse parce qu’on est à une trentaine de minutes de Toulouse. On a toujours fait ce qu’il fallait pour qu’il vienne de Toulouse pour s’entraîner et puis si vous habitez Portet et que vous voulez jouer à Tournefeuille, vous mettez plus de temps à y aller que pour venir à Lavaur. Après l’ambiance du club a fait que certains sont venus, mais il faut faire attention parce qu’il y a beaucoup de joueurs de Lavaur qui vont à Toulouse pour le travail et donc il faut s’assurer qu’ils viennent à chaque entraînement, à chaque match et qu’ils ne soient pas attirés par des clubs toulousains. Avec Albi, à une époque quand on jouait contre l’US Albi, il y avait certains de nos joueurs qui partaient chez eux et inversement mais c’était pour le niveau et pas pour autre chose. Et après, Carcassonne, cela commence à faire loin.

AF81: Plus personnellement, que représente le FC Lavaur pour vous? 

J-M V (LFC): C’est sur que moi le football à titre personnel, ça m’a appris beaucoup de choses, ça m’a fait rencontrer beaucoup de monde comme Monsieur Fabre et ça m’a permis d’avoir un rôle à jouer dans la ville. Et, c’est toujours agréable d’être reconnu pour le travail que l’on fait parce que souvent on est défait, mais la plupart du temps c’est gratifiant même si on le fait pas pour soi-même, mais il y a des moments où il faut puiser dans soi-même pour faire quelque chose de bien. Après le FC Lavaur, c’est une partie de ma vie parce que même quand je n’étais pas président, j’étais vice-président, j’ai même été radié du football français pendant 1 an après les événements contre Grenoble. Mais je suis revenu 4 fois parce que c’est quand le club ne va pas bien et qu’il y a de la difficulté que j’ai envie de relever le défi , c’est dans ma personnalité. Dès qu’il y a de la difficulté, peu importe de quoi on parle, il n’y a plus grand monde, et moi je me suis toujours alloué à avoir ses vertus et à tout faire pour aider le club quand ça ne va pas très bien. Mais, là c’est la première fois sur mes cinq mandats où je reconnais que c’est un échec pour moi, au niveau sportif avec deux descentes et sur plein de points. Parfois, je me dis que c’est un échec mais que si je n’étais pas revenu ce serait peut-être pire, parce qu’avec ce qu’il se prépare pour l’année prochaine, ce sera une vrai bouffée d’oxygène pour le club et moi, je n’aurai pas eu l’impression de lâcher le club. J’ai une image où parfois on peut être avachi sous dix tonnes de pierres et puis je ne sais pas pourquoi, vous avez un petit trou qui sort et vous arrivez à vous sortir de là et le club je pense que c’est un peu cet esprit-là qui est présent au club.