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Kim Cazeau (ASPTT Albi): « Un rêve depuis toute petite »

04/03/2018 à 13:25

Kimberley Cazeau, alias Kim réalise sa première saison en tant qu'attaquante de pointe. Avec 5 buts au compteur, elle a eu l'occasion de goûter à l'Equipe de France B. Elle revient sur cette saison, l'Equipe de France et son avenir.

Actufoot81: Tout d’abord, comment se passe votre première saison en tant qu’attaquante de pointe? 

Kim Cazeau (ASPTT Albi): C’est vrai qu’au début ça a été compliqué de prendre mes marques parce que j’ai toujours joué sur le côté. Puis, l’année dernière déjà, le coach qu’on avait, il commençait à me former entre guillemets à ce poste-là pendant les entraînements et les matchs amicaux. Mais c’est vrai que pour trouver les automatismes ça a été un peu compliqué, après je commence un peu à m’y faire. Disons que ça élargit mon panel et ça me permet d’être plus polyvalente.

AF81:  Vous vous sentez clairement de mieux en mieux à ce poste? 

KC (ASPTTA): Oui oui, après c’est comme tout. Au début, je ne jouais pas du tout milieu et quand je suis arrivée en senior, on m’a mise sur le côté donc, avec du travail on arrive à tout.

AF81: Pour ce nouveau poste, quels secteurs avez-vous dû travailler?

KC (ASPTTA): Ce sont plus les appels, c’est différent par rapport aux côtés. Sur les côtés, soit je viens la chercher dans les pieds, soit je pars en profondeur alors que là, il faut faire attention à ne pas être hors jeu et tout ça donc c’est plutôt varier les appels, faire les appels au bon endroit au bon moment pour être en adéquation avec la copine.

AF81: Et s’il y avait un domaine où il vous faudrait encore travailler pour être performante à ce poste, ce serait lequel?

KC (ASPTTA): Je pense qu’il faudrait que techniquement je sois plus assidue parce qu’il y a des moments où je manque de lucidité donc je pense qu’il faut que je progresse dans ce domaine-là, pour être lucide du début à la fin. Après, pour mon poste d’attaquante mon jeu de tête parce que je suis petite et donc pas très performante de la tête. Après, il y a toujours tout à travailler donc il faut toujours tout perfectionner.

AF81: En novembre dernier, vous avez connu l’Equipe de France B, quel sentiment est-ce que vous avez eu au moment de découvrir l’Equipe de France? 

KC (ASPTTA): C’est une grande satisfaction parce que c’est un rêve depuis toute petite, mais rien n’est acquis donc il faut continuer à travailler et j’espère pourquoi pas y retourner l’année prochaine. Après, c’est vrai que c’est un autre monde, différent de ce qu’on peut voir à Albi. Donc c’est toujours enrichissant d’être en Equipe de France.

AF81: Forcément, cela donne envie de voir plus haut et de viser pourquoi pas l’Equipe de France A? 

KC (ASPTTA): Oui oui après, les A je pense que j’y suis encore loin, mais après comme je dis, le travail finit toujours par payer. Déjà, être appelé une fois en B c’est grand et beau, après si jamais pourquoi pas un jour les A, mais déjà les B ce serait pas mal.

AF81: Avec le parcours atypique que vous avez avec des débuts tardifs dans le football, cela donne une satisfaction encore plus grande d’avoir été appelée en B? 

KC (ASPTTA): Il y a du pour et du contre je dirai. Le contre c’est que les bases qu’on apprend quand on est jeune, je ne les ai pas eues, c’est pour ça que techniquement j’ai aussi plus de mal entre guillemets que les autres. Il y a des choses que les autres font où je mets plus de temps à les faire. Mais après, le côté positif que j’ai c’est que pour en arriver là, vu que j’ai commencé plus tard, j’ai dû encore plus travailler vu que les autres qui avaient fait les écoles de jeunes, ce n’était pas plus facile, mais elles ont commencé beaucoup plus tôt donc ce qu’elles ont apprise à 7-8 ans, je l’ai appris à 13 ans donc forcément l’abnégation que j’ai aujourd’hui c’est aussi grâce à ça.

AF81: Toujours sur l’Equipe de France, est-ce que d’un côté, ce n’est pas un peu compliqué en jouant à Albi d’imaginer un avenir en Equipe de France? 

KC (ASPTTA): Après c’est sur que c’est plus d’être appelé quand tu joues à Albi que quand tu joues à Lyon ou Paris. Après, ce n’est pas un problème mais disons que quand tu joues à Albi, c’est plus compliqué de marquer 3 buts en 3 matchs que quand tu joues à Lyon ou à Montpellier. Donc, oui forcément pour se faire repérer c’est plus compliqué. Après, je n’ai pas marqué beaucoup de but et il y a un groupe France qui s’est créé et je n’y suis pas et c’est tout à fait normal parce que mon équipe et moi-même n’avons pas été performantes. Après, c’est du travail et mon but c’est de viser toujours plus haut donc si je peux aller voir ailleurs et taper à d’autres portes, pourquoi pas.

AF81: Finalement, ce qu’on peut vous souhaiter, c’est d’avoir un parcours à la Gaëtane Thiney qui joue dans un club dont on n’entend un peu moins parlé et qui réalise une magnifique carrière? 

KC (ASPTTA): Oui, après je pense que Gaëtane Thiney, elle est plus forte que moi et je ne pense pas qu’elle ait commencé aussi tard que moi donc les bases que je n’ai pas, elle les a. Donc, elle a quand même eu beaucoup de sélections alors que moi j’ai eu aucune sélection en jeunes déjà ça ça joue beaucoup parce que quand t’es passé en jeune, t’es un minimum repérée et donc ça t’avantage un peu pour faire la suite. Après, j’ai eu la chance d’être appelé une fois et on verra si ça va se reproduire, mais dans tout les cas je continuerai de travailler.

AF81: Vous n’avez connu aucun autre club que l’ASPTT Albi, cela fait plus de 10 que vous y êtes, est-ce que votre objectif est d’y rester le plus longtemps possible?

KC (ASPTTA): Pour l’instant, je ne sais pas. Disons que si un club m’appelle, je réfléchirai.

AF81: Et à ce niveau-là, est-ce qu’il y a des clubs qui font rêver, comme Lyon en tant que fan de Camille Abily ou des expériences à l’étranger qui vous font rêver comme les Etats-Unis?

KC (ASPTTA): Des clubs qui font rêver, oui et non. Après, ce que je regarde plus c’est un club qui pourrait m’apporter de l’expérience et des choses en plus qu’on n’a pas à Albi. Si je partais d’Albi pour aller à Rodez par exemple, ce serait un peu dérisoire parce que c’est un peu les mêmes moyens qu’à Albi. Après, c’est vrai que ce qui m’intéresserait, ce serait de côtoyer le vrai haut niveau, que ce soit pour les entraînements, pour les matchs et tout ça. Quant à l’étranger, oui c’est vrai que j’y ai pensé et pourquoi pas a priori essayer une saison à l’étranger. J’aimerais bien voir autre chose un peu, mais peut-être pas dans l’immédiat, je ne sais pas.

AF81: Pour revenir à la saison de l’équipe, vous tirez quel bilan de ces 2/3 de saison? 

KC (ASPTTA): On a fait une bonne première partie de saison, on a pris des points là où on nous attendait pas, on en a aussi perdu là où aurait peut-être pas dû. Après, là depuis janvier, on est dans une phase un peu moins bonne où on n’est pas dans une bonne dynamique, mais on sait qu’il reste 7 matchs et que ce sera 7 finales comme nous disent les coachs et je partage entièrement leur avis, ça va être des matchs où il va falloir jouer notre vie. A nous de faire le travail et comme on le fait chaque année, on lutte pour le maintien. L’objectif, forcément c’est de viser un peu plus haut, après déjà on va se maintenir et on verra pour la suite après.

AF81: Le fait d’être habitué à jouer le maintien, c’est une force? 

KC (ASPTTA): Pour celles qui sont là depuis 4 ans, forcément c’est une force. Après cette année le groupe a été beaucoup modifié donc il y en a qui ne connaissent pas forcément cela, c’est à nous aussi de leur inculquer cette force-là et de les pousser avec nous parce que ça fait 4 ans qu’on se maintient et on sait que ça va être dur et que ça va se jouer jusqu’à la dernière journée.

AF81: Pour réussir à se maintenir, le mois de mars, avec les matchs contre Fleury et l’OM, va être vraiment essentiel?

KC (ASPTTA): Ouais ça va être deux grosses grosses finales. Déjà le déplacement à Fleury, il va falloir aller chercher des points clairement et l’Olympique de Marseille à la maison, il va falloir gagner clairement parce que sinon ça va être très très compliqué jusqu’à la fin et je parle pour moi mais aussi au nom du groupe, on n’a vraiment pas envie d’aller jouer le maintien lors de la dernière journée à Montpellier.

AF81: Quelle est l’atmosphère dans le groupe? Il y a de la détermination et la confiance qu’on va le faire? 

KC (ASPTTA): On sait qu’on peut le faire déjà, ça fait quatre ans qu’on le fait. On est un groupe qui s’entend bien, qui vit bien, la confiance je dirai que ça va, on a fait des matchs amicaux la semaine dernière qui ont fait du bien pour la confiance. On est déterminées, ça c’est sûr, on va aller à Fleury avec l’intention de gagner des points et on va tout donner. Le groupe est bien.

AF81: Dans une situation un peu délicate comme celle-là, c’est important de changer le quotidien à l’entraînement comme vous l’avez fait il y a une semaine avec une olympiade

KC (ASPTTA): C’était vraiment important, on venait de perdre contre Bordeaux, un adversaire direct. On n’avait pas tout misé sur ce match, mais on ne s’attendait pas à le perdre, surtout de cette manière-là. Après, on a pris un gros revers contre le Paris Saint Germain où on a vraiment fait un non match avec une défaite 4-0. Donc, je pense que c’était vraiment important de changer cette routine entre guillemets, de régénérer un peu l’équipe et de refaire vivre cet état d’esprit qui en début de saison nous faisait gagner des matchs.