InterviewUS Castres

Luc Fernandez (US Castres): « Une très belle aventure »

28/02/2018 à 18:23

Le jeune latéral droit de 24 ans est revenu fin janvier à l'US Castres. Celui qui avait connu le club en U19 fait son retour à l'USC après un passage aux Îles Cook pendant 4 mois.

Actufoot81: Tout d’abord, comment se passe votre retour à Castres? 

Luc Fernandez (US Castres): Pour l’instant, mon arrivée à Castres se passe bien, il y a une bonne ambiance dans l’équipe, le groupe travaille bien, y a de la rigueur et du sérieux à l’entraînement donc vraiment tout se passe bien. Après pour l’instant, pour des problèmes administratifs, je ne peux pas encore jouer, mais j’espère que ça va vite se régler pour que je puisse enfin jouer les matchs.

AF81: Ce problème vient de la licence? 

LF (USC): Ouais c’est ça. C’est qu’en fait, comme j’ai joué là-bas aux Îles Cook, au niveau administratif il faut que la licence remonte à la FIFA et tout ça. Donc, c’est pour ça que ça met un peu plus de temps. Normalement, ça devrait arriver puisqu’on nous avait dit que ça devait durer un mois et j’ai fait la licence fin janvier donc j’espère que dans quelques jours, j’aurai enfin ma licence pour jouer.

AF81: Comment gérez vous cela, de vous entraîner sans pouvoir jouer, c’est forcément embêtant?

LF (USC): C’est vrai que c’est frustrant de ne pas pouvoir jouer les matchs. Donc, du coup bien sûr je vais aux entraînements, mais je m’entraîne aussi à côté pour garder la condition physique donc c’est pas mal de travail physique à côté et du coup c’est vrai que c’est frustrant parce qu’on a beau faire tout le travail qu’on veut, rien ne compense les matchs. Même au niveau physique, j’ai besoin d’enchaîner les matchs pour retrouver mon niveau.

AF81: C’est dur pour l’intégration dans le groupe quand on ne peut pas jouer, surtout quand on est nouveau. Comment faites-vous pour pallier à cela? 

LF (USC): Je vais au match quand je peux. Il n’y a vraiment pas de soucis, j’ai été très bien intégré dans l’équipe. On a déjà fait des soirées ensemble donc tout se passe bien au niveau humain. Il ne me manque plus que jouer les matchs et sinon tout se passe bien.

AF81: Quant à votre expérience aux Îles Cook, comment est-ce que cela s’est passé? 

LF (USC): Ça s’est bien passé. C’est vrai que j’étais parti là-bas pour découvrir une nouvelle culture, découvrir une nouvelle façon de vivre, c’est quelque chose que je voulais réaliser depuis quelque temps et ça m’a permis également de découvrir un nouveau football puisque j’ai pris une licence là-bas et ça a été une aventure très enrichissante. En plus, mon équipe (ndlr: il s’agit du club de Tupapa Maraerenga FC) a remporté le championnat du pays donc c’est vrai que ça restera quelque chose, une très bonne aventure avec des souvenirs très bons que ce soit sur le plan humain ou sur le plan sportif.

AF81: Avec ce titre est-ce que vous avez pensé à rester là-bas, il y a quelques Français qui grâce notamment au football se sont installés à l’étranger. Donc, est-ce que cela vous a traversé l’esprit? 

LF (USC): C’est vrai que je ne me suis pas tellement posé la question parce que dans ma tête j’étais parti pour quatre mois et j’y suis resté au final quatre mois. Après, j’ai quand même toute ma famille là et tout ça. C’est vrai que le club aurait aimé me garder un peu plus longtemps, mais bon, moi j’ai décidé de rentrer quand même parce que, comme je le dis, j’ai beaucoup d’attaches ici. Mais, vraiment c’était une très belle aventure et je ne regrette pas du tout et on ne sait jamais, peut-être qu’un jour j’y reviendrai (sourires). Mais, ouais, vraiment c’est de très bons souvenirs.

AF81: Le football là-bas, ça a quelle image? Si on compare avec la France, à quelle division est-ce que cela équivaut? 

LF (USC): Le football c’est important, c’est vrai que là où j’étais c’est une petite île et du coup, les gens accordent beaucoup d’importance au sport, c’est-à-dire surtout foot et rugby. Donc, c’est vrai qu’au niveau des matchs et tout ça, il y a pas mal de monde au bord des terrains, c’est vraiment quelque chose d’agréable. Après, en terme de niveau, je dirai que les meilleures équipes joueraient en DH, DHR. Là, le championnat a un bon niveau parce que les clubs recrutent des joueurs de Nouvelle-Zélande parce que c’est l’inter-saison en Nouvelle-Zélande et du coup, il y a pas mal de joueurs qui viennent, comme le championnat est court (ndlr: il dure du mois d’août au mois de novembre), disputer le championnat aux Îles Cook. Donc, il y avait pas mal d’étrangers, des Néo-Zélandais bien sûr, mais il y avait aussi des Japonais, des Italiens, des Danois, des Gallois. Il y avait pas mal d’étrangers qui jouent d’habitude en Nouvelle-Zélande et qui relèvent du coup le niveau du championnat.

AF81: Par rapport au rugby, en terme d’intérêt et d’importance le football est en train de rattraper son retard ou c’est quasiment au même niveau ? 

LF (USC): Disons que le rugby reste le sport numéro un parce que c’est une île du Pacifique et on sait que là-bas c’est plus la culture rugby. Mais après, juste derrière c’est le foot et même les personnes qui jouent au rugby ou qui vont voir le rugby, ils s’intéressent au football local donc je dirai que c’est le second sport dans le pays.

AF81: Au niveau des terrains, des déplacements vu que c’est un archipel d’îles, comment ça se passe? Au niveau des structures, où est-ce que cela en est? 

LF (USC): Au niveau des déplacements, il n’y a pas trop de problèmes étant donné qu’environ 80% de la population est sur la même île, la grande île (ndlr: cette île se nomme Rarotonga), du coup on reste sur cette île pour jouer le championnat. Après, au niveau des infrastructures, c’est vrai que c’est quand même rudimentaire, par exemple, nous notre club on n’avait pas de terrain d’entraînement, on s’entraînait sur notre terrain de match. On partageait aussi ce terrain avec l’équipe de rugby donc les week-ends où on ne jouait pas chez nous il y avait le rugby qui jouait à la place, le rugby s’entraînait même les jours où on ne s’entraînait pas sur ce terrain. Donc, au niveau des infrastructures, ce n’est pas trop développé, après pour les joueurs, c’est très important ce championnat. Par exemple, nous on s’entraînait trois fois par semaine et il y a même eu des semaines où on en a fait quatre. Donc, c’est vrai qu’il n’y a pas forcément les infrastructures, par contre, il y a vraiment l’envie et la détermination des acteurs de ce football de progresser, d’être au meilleur niveau possible. En terme de planning, c’est au niveau d’un joueur professionnel et en plus on avait également à disposition la salle de musculation de la fédération donc on a fait quelque séances. C’est vraiment sérieux.

AF81: En terme de jeu, est-ce que cela vous a apporté quelque chose? 

LF (USC): Oui, forcément, ça apporte toujours de s’intégrer dans une équipe où il y la barrière de la langue, ça c’est une chose de nouveau. Après, en terme de jeu, je dirai que c’est différent de ce qu’on peut connaître ici, c’est pas mal technique et physique, il n’y a pas encore la culture tactique qu’on peut avoir ici en France ou en Europe, mais c’est un football porté sur l’offensive, on cherche à marquer des buts et même quand on gagne 3-0, on ne va pas chercher à gérer ou à faire tourner le ballon si on peut mettre un quatrième ou un cinquième. C’est un football porté vers l’offensive.

AF81: Sans vouloir dénigrer du tout ce football, c’est un peu comparable avec le football entre amis que l’on a tous fait quand on était enfants avec beaucoup d’attaques et très peu de défenses, où le plaisir est plus important que le résultat, n’est-ce pas? 

LF (USC): Ça joue pour le plaisir, ça ne se pose pas trop de questions à savoir s’il y a un match le week-end prochain, si on peut garder un peu d’énergie, ce n’est pas trop dans cet esprit-là, on joue les matchs à fond et jusqu’à la fin, et puis voilà on essaie d’en mettre le plus possible, c’est exactement ça.

AF81: Plus personnellement, vous êtes un paradoxe, vous vivez à Castres, région de rugby et vous êtes partis aux Îles Cook qui est une région de rugby. Comment peut on expliquer cela, cette attirance pour les régions de rugby? 

LF (USC): Des attirances pour les coins de rugby je ne sais pas, en fait j’étais plus attiré pour vivre une expérience d’abord humaine et c’est vrai dans le Pacifique, je connais beaucoup de personnes qui sont parties en Nouvelle-Zélande, en Australie et tout ça. Et puis moi j’ai découvert les Îles Cook et j’ai été attiré par ça et c’est vrai qu’il y a un cadre de vie qui est fou. J’ai tenté cette expérience, après le fait que ce soit une terre de rugby, c’est peut-être une coïncidence, c’est du hasard plus qu’autre chose (sourires).

AF81: Est-ce que dans votre tête, vous avez toujours l’envie de découvrir d’autres pays? 

LF (USC): Ah oui bien sur! Après, là j’ai pu faire ça parce que professionnellement j’avais, entre guillemets, une année de libre car là je me prépare pour les concours pour être professeur des écoles, j’ai eu mon master pour être professeur mais l’année dernière, je n’ai pas eu le concours et du coup je dois le repasser cette année et je me retrouvais avec une année à préparer le concours donc ça, ça a été important pour moi. Après, il faut voir en fonction de tout ce qui est professionnelle et tout ça, mais sinon dans l’ensemble pourquoi pas retourner aux Îles Cook maintenant que j’ai des amis là-bas donc sur le plan humain, ce serait quelque chose d’exceptionnel de pouvoir y retourner et pourquoi pas découvrir aussi un nouveau pays, une nouvelle culture et un nouveau football. Donc, c’est vraiment quelque chose qui reste envisageable.

AF81: Pour revenir sur Castres, vous qui avez connu plusieurs clubs, qu’est-ce qui vous a motivé à revenir à l’US Castres, cinq ans après? 

LF (USC): Ce qui m’a motivé, c’est que j’habite à côté en ce moment donc c’est vrai que c’est quelque chose d’important. Et ce qui m’a motivé aussi, c’est que Stéphane Fournier (ndlr: le coach de l’équipe une senior) m’appelle, on a eu une discussion et le feeling est bien passé et il m’a proposé de venir m’entraîner. Une fois que j’ai été avec le groupe, je me suis senti bien et j’ai eu envie de poursuivre l’aventure.

AF81: Pour la fin de saison, au niveau personnel et collectif, quel est l’objectif? 

LF (USC): Au niveau collectif, c’est clair, on démarre à peine la phase retour, mais on s’en cache pas c’est la montée, on a l’effectif pour, on travaille pour, c’est vrai que ces derniers temps on a lâché quelques points en route. Il nous reste toute la phase retour à jouer et les concurrents directs donc c’est sur ces matchs-là qu’il va falloir être fort et prendre des points. Et en ce qui me concerne personnellement, mon objectif est de pouvoir enchaîner les matchs et apporter ma pierre à l’édifice si possible, mais j’ai surtout besoin d’abord d’enchaîner les matchs pour retrouver un bon niveau physique.

AF81: Un dernier mot pour finir… 

LF (USC): Je voulais remercier toute l’équipe Actufoot pour le travail que vous faîtes pour mettre en lumière le football amateur. Ensuite, je fais une petite dédicace à mes neveux Cyril et Thomas, je leur avais promis.