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Cesar Kaziewicz, un « minot » à la conquête de Rome

30/08/2018 à 16:39

Cesar Kaziewicz (16 ans) a fait pratiquement toutes ses classes à l'Olympique de Marseille, des U10 aux U17 Nationaux (8 matches) et DH. Le latéral gauche a vu son parcours phocéen prendre fin à l'issue de la saison dernière, suite à la rupture de sa convention, prise d'un commun accord avec l'OM. Le défenseur de la génération 2002 a depuis brillamment rebondi en paraphant un contrat de trois ans au sein du prestigieux club italien de la Lazio Rome. Doté notamment de capacités physiques exceptionnelles pour son jeune âge (voir article), l'Aixois de naissance a participé à un stage d'une semaine au sein de la Pro A-M Academy pilotée par l'agent FIFA qui monte, Mathieu Gomes. Ce dernier, de par son influent réseau, lui a ensuite permis de réaliser son rêve, celui de passer professionnel. Portrait.

Pourquoi la Lazio Rome ?

Libre de tout engagement, Cesar Kaziewicz se disait prêt à retrouver les joutes du football amateur pour poursuivre son apprentissage, avec l’espoir et l’ambition de gagner sa place dans le monde professionnel. Il n’en sera rien. L’agent à la mode, Mathieu Gomes, a pris le jeune Cesar Kaziewicz sous son aile, alors que l’OM « n’en voulait plus ». Le père du défenseur raconte ainsi l’atterrissage de son fils au sein du mythique club italien. : « Puisque Cesar n’avait pas sa place à l’OM, j’ai cherché des académies susceptibles de l’accueillir. Il a effectué un stage d’une semaine au sein de la Pro-AM Academy de Mathieu Gomes. Il y est resté une semaine. Mathieu nous a dit qu’il n’avait pas besoin d’y rester, qu’il avait simplement besoin de participer à une détection. Il a appelé la Lazio, et César y est allé pour quatre jours à la mi-juin. Derrière, ils ont rappelé en disant qu’ils étaient intéressés. Il est parti début août les rejoindre et a signé un contrat pro de trois ans ».

« Au sein de la Lazio, ils pensaient que les tests ne marchaient pas ! »

Depuis ses débuts au sein de l’école de football du SC Nansais (2008-2010), petit club amateur du Var, Cesar Kaziewicz a, comme beaucoup de jeunes joueurs de son âge, était utilisé à plusieurs postes sur le terrain. Milieu voire attaquant, il fut replacé défenseur dès son arrivée sur la catégorie U10 de l’Olympique de Marseille en 2012. Son père, Sylvain Kaziewicz, qui était aussi son éducateur à Nans, se rappelle : « En arrivant à l’OM, ils ont vu qu’il était athlétique et très grand. Du coup, on l’a déplacé derrière en défenseur central. Après, en U14/U15, on l’a décalé sur le côté… Il a pas mal bourlingué. Maintenant, il est polyvalent et aime les trois postes (latéral droit, gauche, défenseur central). La Lazio va l’utiliser à gauche et à droite car il a une capacité à répéter les efforts et à faire des appels. Quand il était dans l’axe, il s’emmerdait et ne transpirait pas ! ». Preuve d’une endurance certaine, le jeune aixois affole les compteurs des tests VMA (Vitesse Maximale Aérobie) : « Les résultats aux tests VMA ont beaucoup surpris l’OM.  En U14/U15/U16, il avait 21,20 de Vitesse Maximal Aérobie. En Italie, à la Lazio, à 16 ans, il a eu 22,40… C’est juste hors norme pour cet âge ! Les Italiens pensaient que les tests ne marchaient pas… Aussi, il a toujours été dans les premiers que ce soit à la ligue ou à l’OM en tests de rapidité sans ballon encore mieux avec le ballon. Malgré sa taille, il arrive à être aussi rapide que les petits et plus endurant » poursuit le père du joueur.

« C’était plus facile avec lui qu’avec les autres »

Joelle Jamakorzian, présidente du SC Nansais, a aussi vu évoluer son ancien protégé chez les U9, confessant que sur la morphologie et le physique, « il ne sortait pas du lot sur ce plan-là ». Elle continue : « Il était normal. Mais aujourd’hui, il est grand, costaud et a de belles cuisses. C’est un vrai footballeur ! Mais à l’époque, il n’était pas plus grand qu’un autre. Il avait la technique, la vitesse, l’intelligence. C’était plus facile avec lui qu’avec les autres. Et vu que son père était coach et lui enseignait les bases, il apprenait plus vite. Il levait la tête et il savait à qui donner le ballon… ». En plus de ses qualités physiques et physiologiques impressionnantes, Sylvain Kaziewicz voit en son fils une technique intéressante… et bien évidemment quelques défauts à corriger : Son grand défaut en tant que défenseur, c’est souvent de ne penser qu’à l’attaque. Il a tendance à être beaucoup trop haut sur le terrain. Il faut le recentrer mais il est là pour apprendre, il a plein de petits défauts… ». Nordine Yacoubi, joueur en U17 National au Marignane Gignac FC, est un ami de longue date de l’ex latéral marseillais. Il ne tarit pas d’éloges à l’égard de celui qui fut son partenaire des U10 aux U13 à l’OM : « Cesar est un un combattant, un travailleur. Il pensait toujours à la gagne, à la réussite. C’était un gars bien, respectueux et un bon défenseur. Quand on perdait, il prenait l’initiative de prendre le ballon, de le remonter et de centrer pour qu’on revienne au score. Mon père me disait qu’il ressemblait à Karl-Heinz Förster, un stoppeur (ancien joueur de l’OM entre 1986 et 1990), dans sa manière d’être un guerrier. Mon père m’a montré les vidéos. Et c’est vrai qu’on dirait Cesar ».

Cesar Kaziewick s’élevait déjà très haut en catégorie jeunes (Crédit : DR)

Abnégation et maturité dès le plus jeune âge

Jean-Yves Pascal avait la charge des U10 de Saint-Zacharie lorsque Cesar Kaziewicz continuait son apprentissage du football (2011-2012) avant de rejoindre l’OM. Il se remémore une anecdote : « Il y a une semaine avec un éducateur, on parlait de lui et d’un tournoi qu’il avait disputé il y a plusieurs années à St Jean de Vedas. On était en demi-finale, fin du match, égalité, donc tirs au but. Le premier a avoir levé le doigt pour tirer c’est lui. Il tire son penalty, le marque mais l’arbitre le fait retirer ! Pas de stress, il replace son ballon et bien sûr, le met au fond, tranquille, sans panique, et tout ça en ayant un an de moins que les autres. Il y a des signes qui ne trompent pas ». Même son de cloche chez Stéphane Villegas, ancien éducateur du jeune défenseur à Nans : « Ce qui le caractérise le plus, c’est la maturité qu’il avait à son âge. Il était très mûr dans sa tête par rapport aux autres. Techniquement il était bon et c’était déjà un compétiteur à cet âge-là. Mais un compétiteur correct ! Quand il rencontrait un joueur adverse agressif, il avait l’intelligence de calmer les conflits. Il avait déjà cette maturité… Il allait calmer les autres. C’était un capitaine. Il avait tout compris déjà en tout petit. Lors de ses premières années à l’OM, il faisait sa préparation physique tout seul. Les autres avaient besoin des copains pour aller courir. Lui mettait son réveil et il allait s’entraîner tout seul » témoigne l’éducateur.

« Inzaghi est venu le féliciter à la fin du match »

L’ancien olympien, qui a rapidement convaincu les dirigeants de la Lazio de lui offrir un contrat professionnel de trois ans, n’a pas manqué ses premiers pas avec la réserve du club italien : « Ce n’est pas le futur Mbappé ou Ramos mais c’est un très bon joueur de foot. Il y a de bonnes raisons si la Lazio l’a choisi. Dimanche matin, avec la réserve, il avait un match amical contre les pros : Inzaghi est venu le féliciter à la fin du match. Il est rentré 20 min et il leur a mis le feu avec trois centres dont une passe décisive au deuxième poteaux. Il apprend… ». Admirateur des latéraux de Manchester City, Benjamin Mendy et Kyle Walker, César Kaziewicz a toujours eu soif de progresser : « Depuis tout petit, il est comme ça : bien s’alimenter, faire son sac, ses devoirs etc… C’est un très bon joueur de foot mais ce qui fait la différence c’est son sérieux, son autonomie et sa préparation physique et physiologique ».

« Je suis prêt à passer par un club amateur, je vais vous montrer que même avec ce chemin j’y arriverai ! »

Alors que l’issue de son histoire avec l’OM s’écrivait en pointillés, Sylvain Kaziewicz reconnait qu’il a tenté d’extirper son fils du milieu du football, sans grand succès ! : « J’ai tout fait pour qu’il arrête mais il a toujours voulu continuer. Il lui restait une année de convention à l’OM, il était capitaine de la Ligue Méditerranée et joueur , mais Marseille ne voulait pas de lui… Alors on lui a dit : « On aimerait que tu t’amuses et que tu penses à l’école ». Mais pour lui c’était hors de question ! Il nous a répondu : « Je suis prêt à passer par un club amateur, je vais vous montrer que même avec ce chemin j’y arriverai ! » Il n’a jamais rien lâché. Il a fait tellement de sacrifices : pas sortir le weekend, pas de vacances, pas de soirées… Il a une petite chance d’y arriver maintenant qu’il n’est plus à l’OM. L’Italie correspondait à son projet sportif, qui utilise beaucoup le système du 3-5-2… ».

KH et TG.

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