ITWD1

David Sourisse (ASPTT Toulon) « J’avais besoin de quitter St Mandrier »

19/11/2020 à 9:32

David Sourisse, 26 ans, numéro 10 de l'ASPTT Toulon, donne son avis sur l'arrêt du foot amateur, se livre sur son départ de St Mandrier, et parle de ses débuts dans son nouveau club.

David, comment prenez-vous ces mesures de confinement et d’arrêt du foot amateur ?

Quand on fait du foot depuis l’âge de 5 ans et qu’à 26 ans on vous dit que vous devez arrêter, c’est sûr que ça fait chier. Surtout que je ne vois pas l’intérêt d’arrêter le foot amateur quand on voit que dans la vie de tous les jours tout le monde se rejoint, ce n’est pas comme le premier confinement. En plus, on a repris l’entraînement début août… ceux qui ont eu la chance de faire plusieurs tours de coupe de France, ça va, mais pour ceux qui n’ont fait qu’un tour, c’est plus embêtant. Je ne sais pas comment ils auraient dû faire avec cette saison, la lancer ou ne pas la commencer. En tout cas, il faudra refaire une prépa car avec ce confinement les mecs ne peuvent pas s’entretenir. Il faut reprendre des bases quand on arrête plusieurs mois. Franchement, je ne comprends pas cette décision d’avoir suspendu tous ces championnats, surtout que les mesures étaient respectées par pratiquement tous les clubs amateurs.

Justement, comment faites-vous pour continuer à vous entretenir physiquement ?

J’ai la chance de faire un métier du sport, je suis dans la Marine, donc j’ai du temps pour faire ma prépa. Aussi, je vais faire un challenge de 200 km avec les collègues du bureau durant ce mois de novembre donc ça va. Ceux qui n’ont pas la chance de faire un métier du sport, eux, ne peuvent pas aller courir car il y a cette limite d’1 km… Quand on est « foot » depuis longtemps, on a envie de se dépenser collectivement, mais ces réformes font qu’on ne peut pas se réunir. C’est trop compliqué pour les gars qui ont envie de se maintenir en forme. Franchement, je comprendrais que les mecs n’aient rien fait pendant le confinement.

Vous arrivez à l’ASPTT Toulon en provenance de St Mandrier. C’est un début de saison avec un nouveau club. Comment ça s’est fait ?

J’ai été très surpris au départ car l’intégration s’est faite rapidement. Après, il faut dire qu’on se connaît déjà avec Xavier Muru, c’est lui qui m’a fait venir. De mon côté, j’avais besoin de quitter St Mandrier car ça devenait une routine et la routine, je n’aime pas beaucoup.

Que pensez-vous de votre nouveau club de l’ASPTT Toulon ?

C’est un nouveau club qui se construit. C’est « le 2e club de Toulon ». Ça vit bien et en tout cas, il y a des gens qui font avancer les choses. Tout le monde est adorable, les bénévoles, les éducateurs, viennent nous voir jouer, en venant voir les matchs de coupe de France. Nous, on essaye de pérenniser le club en D1 et de développer les jeunes car à Toulon il y a un grand vivier. Je pense que dans les années à venir (si le confinement s’arrête un jour car les petits clubs vont être amenés à disparaitre si ça continue), ça peut vraiment bien évoluer. 4 ans déjà qu’ils se maintiennent en D1, la saison dernière ils font un championnat de fou et là on a bien commencé encore… ça promet !

« A St Mandrier, il n’y avait plus trop de contacts pendant les séances »

Justement, au niveau de l’équipe, c’est différent qu’à St Mandrier ?

Ça se donne bien lors de chaque match et lors de chaque entraînement. Quand on se prend des coudes pendant l’entraînement, on se dit « comment ça se fait ? ». A St Mandrier, il n’y avait plus trop de contacts pendant les séances et là, avec l’ASPTT Toulon, ça m’a redonné l’envie de me mettre à fond à l’entraînement.

Tout est réuni pour que le club avance alors ?

Oui, avec les personnes qui sont les têtes pensantes du club, je ne m’inquiète pas trop. Ils veulent faire les choses bien et développer la structure. Et puis, il y a des gens qui font grandir l’association comme le directeur sportif par exemple. C’est grâce à des gens comme ça que les petits clubs prennent de l’importance. Et il y a les bénévoles ! S’ils ne sont pas là, il n’y a pas de club, donc respect à tous ces gens-là. A St Mandrier, c’était pareil, les bénévoles qui sont investis dans le club, c’est impressionnant. Ils sont là le lundi, le mardi, le mercredi, le jeudi, le vendredi, le samedi et le dimanche. C’est ça le foot amateur, et c’est ça qui est beau !

Vous avez parlé de maintien en D1. Ne pensez-vous pas pouvoir viser plus haut cette saison et pourquoi pas décrocher une montée ?

Pour monter, il faut être un groupe soudé. On l’est, tout le monde s’entraîne et tout ça, mais il faut aussi de la maturité. Là, il y a beaucoup de nouveaux dont moi, le gardien, et beaucoup de joueurs. Je pense que même si on se donne à 200%, il manquera ce brin d’expérience et ces automatismes de joueurs. Même si on est des guerriers, même si on a des armes, je ne pense pas qu’on pourra jouer les troubles fêtes. Après, on ne sait jamais… on accroche le 2-2 face à St Mandrier qui est une grosse équipe.

C’est un match qui montre qu’il y a des possibilités…

Oui, d’ailleurs, c’était notre match-référence, mais on ne peut pas s’appuyer dessus car quand on reprendra le foot, on l’aura déjà oublié. Pour revenir au sujet, cette année, c’est peut-être ça qu’il va nous manquer : l’expérience. On a un groupe jeune, j’ai 26 ans et je suis peut-être l’un des plus anciens. Et en D1 où c’est des combats à tous les matchs, des finales où il faut se rentrer dedans, ça va être limite. A nous les anciens de canaliser les jeunes, c’est notre mission pour pouvoir les guider et pour qu’ils puissent ensuite éclore. Mais cette année, ça va être très compliqué je pense. Après, on ne sait jamais, c’est le foot et c’est ça qui est bien dans ce sport…