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Grégory Jourdan « C’est le chirurgien de Djibril Cissé qui m’a opéré »

20/06/2018 à 18:30

Il a été formé à l'OM avec Mathieu Flamini, Albin Ebondo ou encore Jérémy Gavanon... Grégory Jourdan, ancien du centre de formation marseillais, passé par Tourves (83) et joueur actuel du SC Barjols (83), est un modèle d'abnégation. Après plusieurs gros soucis de santé, il est toujours sur les pelouses du sud à courir après le ballon. Interview.

Grégory, pouvez-vous nous raconter les problèmes de santé que vous avez subi ?

J’étais au centre de formation de l’OM quand je suis tombé malade. J’avais 16 ans. Je faisais de grosses crises d’épilepsie. Je suis allé voir le médecin qui m’a prescrit un gros traitement. J’ai mis ma carrière entre parenthèses pour être soigné. Sauf que le traitement ne suffisait pas… j’ai dû subir deux opérations au cerveau, deux opérations qui se sont bien passées. Ça allait un peu mieux mais j’ai quand même enduré de grosses chirurgies. J’ai donc dû réapprendre à vivre, apprendre à marcher, à lire…

Que vous ont dit les médecins concernant le foot ?

Le neurochirurgien m’a dit que c’était trop compliqué pour moi de reprendre le foot. En plus, après ça, j’ai encore eu quelques soucis… Après les deux opérations au cerveau, on m’a mis une pile à côté du cœur. Toutes les 30 secondes, de l’électricité me monte au cerveau pour régulariser mes crises. Aussi, il y a deux mois, je me suis fait opérer d’une prothèse totale à la hanche. Aujourd’hui, je suis en rééducation à Saint-Raphaël (83). Cela fait deux mois que j’y suis, je quitte le centre la semaine prochaine.

Le foot c’est donc terminé ?

Non, jamais. Je me suis toujours dit que je reprendrai le ballon quoi que l’on puisse me dire. Quoi qu’il arrive dans la vie, si on veut quelque chose on peut y arriver ! C’est mon but de montrer ça. Je serai opérationnel dans 6 mois. Mon souhait est de rester sur Barjols. Ils m’avaient fait confiance par rapport à l’épilepsie et j’ai envie de leur rendre en restant avec eux. Ils ont toujours été là pour me conseiller.

L’Olympique de Marseille vous a-t-il aidé dans votre galère ?

Bien sûr. J’ai gardé contact avec l’OM et pour l’opération à la prothèse totale, Robert Nazaretian, qui était mon directeur au centre de formation, m’a appelé. Ce sont les médecins de l’OM qui m’ont pris en charge ! Dr. Joël Coste a fait le nécessaire pour me prendre rendez-vous avec des spécialistes. C’est le chirurgien de Djibril Cissé qui m’a opéré. En un mois et demi, c’était fait !

Les joueurs de l’OM avec qui vous étiez au centre prennent-ils de vos nouvelles ?

Oui. Mathieu Flamini, Albin Ebondo, Jérémy Gavanon, Laurent Merlin, Nicolas Godemèche, Sébastien Atlan… ils prennent régulièrement de mes nouvelles. Mes anciens entraîneurs aussi.

Ce n’est pas dangereux de continuer le foot ?

Avec ma femme, on a eu un enfant il y a un mois et demi. Je veux me rétablir pour profiter de mon enfant le plus tard possible. Et après, je veux pouvoir rejouer au ballon car ça a toujours été ma passion. Je voulais devenir pro et je ne peux pas arrêter le foot, c’est toute ma vie. Mon neurologue hallucine toujours quand je lui dis que je joue encore. Mais, ce n’est pas risqué car je m’écoute, j’écoute mon corps. Je n’irai pas au delà de ce que je peux faire.

Quel message vouliez-vous faire passer ?

Il faut toujours croire en ses rêves. Quand on veut quelque chose, il ne faut pas lâcher. Il faut s’en donner les moyens pour ne jamais rien regretter. S’apitoyer sur son sort ne fera pas avancer les choses ! Le seul truc qu’on a à se dire, c’est d’avancer. Il y a toujours plus malheureux que soi. Moi, j’ai la chance de pouvoir jouer au ballon, j’ai mon fils et ma femme et je suis le plus heureux du monde. J’ai toujours mes deux jambes, je peux courir ! Quand je vois des petits en fauteuil roulant par exemple… je n’ai pas le droit de me plaindre.

Propos recueillis par Keevin Hernandez