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Lainé : « Démocratiser la place de la femme »

25/02/2017 à 11:35

Présidente de la commission de féminisation de la Ligue de la Méditerranée, Véronique Lainé évoque la place grandissante de la femme dans le football. Un rôle qu'entend accentuer son action et celle des membres de la commission. Et ce, par des initiatives comme celle lancée ce samedi.

Vous lancez un concours photo appelé « Aujourd’hui, le coach, c’est maman ». Pouvez-vous nous en dire davantage ?

La commission régionale de féminisation commence cette opération, ce samedi. Elle dure jusqu’au 12 mars. On a considéré que c’était plus intéressant de la mettre en place dans le foot animation, car il n’y a pas d’arbitrage et que c’est simple pour les mères d’intervenir, puisque les petits apprennent. Le but est de montrer par des photos qu’elles ont aussi leur place. On veut démocratiser la place de la femme. Dès petit, si on arrive à faire rentrer l’encadrement féminin, en tant qu’entraîneur, arbitre ou déléguée, ça peut se développer.

Comment sera décidé le vainqueur ?

On veut des photos originales. Certains clubs préparent déjà des actions. On aura des photos prises pour l’occasion, le temps d’une séance, et d’autres faites par des coaches qui exercent réellement. Ca peut être intéressant d’ouvrir une porte, sur une séance, même juste pour la photo. Ca peut les inciter à continuer. Une sélection sera faite par les membres de la commission. Il y aura trois photos récompensées, donc trois clubs recevront des lots.

Quelle est l’action de la commission féminisation ?

Elle permet de développer la place de la femme dans le football. Au niveau de notre programme électoral, l’axe était de développer la pratique féminine et la place des femmes. On arrive à avoir des retours intéressants, en terme de pratiquantes et de femmes qui prennent des licences. On organise par exemple un stage arbitre et déléguées féminines. Elles se retrouvent sur une journée pour pouvoir échanger. On est la seule Ligue de France à le faire.

« On aura gagné le jour où on arrêtera d’avoir des commissions de féminisation »

Aujourd’hui, quelle est la part des licenciées féminines dans la Ligue ?

En terme de joueuses, on est à, environ, 8 % de licenciées. On a 27 arbitres féminines sur les 160 arbitres de Ligue. Sur la totalité des licenciés, il y a 12 % de femmes.

Est-ce un score qui vous satisfait ?
Je pense qu’on peut avoir beaucoup plus. Il faut faire des actions, faire rentrer dans les mœurs, démocratiser la place de la femme et changer la place de la femme. Il faut que ça devienne banal avec les petits. Les femmes peuvent être coaches. C’est une ouverture d’esprit. C’est la communication. Ca ne va pas arriver du jour au lendemain. On organise un séminaire avec 20 femmes par District, pour créer un réseau, le dimanche 26 mars à Aix à la Ligue. Ensuite, elles assisteront au Tour féminin.

Quelle est votre ambition ?

On aura gagné le jour où on arrêtera d’avoir des commissions de féminisation. Ca veut dire que la place de la femme sera légitime et qu’on n’aura plus besoin de la développer.

Que vous apporte la présence d’entraîneurs féminines d’équipes masculines comme Corinne Diacre à Clermont (L2) ou Rosette Germano à l’AS Cagnes Le Cros (DHR) ?
Corinne Diacre donne une image au niveau national. Ca montre qu’il y a une volonté des clubs et que les femmes sont capables. C’est toujours bien d’avoir un exemple pour s’appuyer. Quand l’exemple est dans la région, c’est encore mieux. Le plan, ce n’est pas spécifiquement pour le foot féminin, mais la mixité et la complémentarité au niveau du football.

Quelle importance a la présence de l’OM en Division 1 féminines ?

L’OM est un club phare. Ils sont partis de la base avec une équipe de District. Ils sont montés pour arriver en D1. Ca draine énormément de jeunes filles. Ca donne une belle image. Il y a des anciennes internationales et des jeunes qui montrent leur nez en équipe de France. Nice et Monaco, aussi, on commence à en entendre parler par rapport aux résultats, que ce soit les hommes et les femmes. Il y a aussi Rousset qui a fait un très beau parcours en Coupe de France (élimination dimanche dernier contre l’AS Saint-Etienne, qui évolue en D1). Ca montre qu’il y a de la pratique et qu’on peut réussir aussi en Méditerranée.