ITWCoupe d'Asie

Sofiane Abidat « On a honoré la sélection de la Palestine »

24/01/2019 à 15:19

Sofiane Abidat, entraîneur du Racing FC Toulon, était entraîneur-adjoint de la sélection de Palestine durant la Coupe d'Asie. Le technicien varois nous fait son bilan sportif et personnel de son aventure asiatique. Interview.

Sofiane, pouvez-vous revenir sur la préparation de la sélection de Palestine ?

Quand j’ai rejoint la sélection de La Palestine, on s’est préparé depuis le 7 décembre au Qatar. On a joué 5 matchs amicaux : contre le Pakistan, on a gagné et pour les trois derniers contre l’Iran qui est 1er au classement Asie et qualifié pour les 1/4 de finale, on a fait match nul (1-1), contre l’Irak on a fait un très bon match et contre le Kirghizistan, on a vu d’autres joueurs. Bref, on a fait une très bonne préparation dans de très bonnes conditions ! Au Qatar, c’était vraiment au top. Ils préparent la Coupe du Monde 2022 et ont des installations que même en Europe il n’y a pas. Un club nous a permis de s’entraîner sur leur terrain : l’état des pelouses était parfait et les installations et vestiaires étaient au maximum du confort avec un sauna et des moyens pour la récupération. Tout le monde était serein et content.

Pouvez-vous nous faire le bilan sportif de cette Coupe d’Asie ?

On est parti le 2 aux Émirats Arabes Unis, on avait match le 6. C’était les dates de la Fédération Asiatique de Football. On a fait une escale à cause de ce qui se passe là-bas malheureusement… On a été à Charjah où on a fait notre 1er match contre la Syrie. On a bien étudié le jeu de l’équipe adverse, c’était ma mission. La Syrie est une bonne sélection qui a fait les barrages de qualification pour la Coupe du Monde. Ils ont 22 joueurs pros qui évoluent dans des championnats à l’étranger dont un joueur qui est une star chez eux : Omar Soumah. On a joué avec nos moyens même si on peut nous reprocher d’être un peu défensif… En tout cas, on a rivalisé avec eux. En plus, on a joué à 10 contre 11 pratiquement toute la 2e mi-temps. Malgré cela, on leur a tenu tête pour faire 0 à 0. Ça nous a donné de la confiance et ça nous a permis de travailler sereinement. Après, on a affronté l’Australie qu’on ne présente pas. Ils ont un jeu à l’Européenne. C’est une très bonne sélection et on se rappelle d’ailleurs de ce qu’ils ont fait à la Coupe du Monde contre la France… Ils sont tenants du titre en 2015 et sont qualifiés pour les 1/4 de finale pour cette édition. On a perdu 3 à 0 contre eux mais c’est un score sévère car ils n’ont pas fait grand chose… Les trois buts viennent de centres dont deux coups de pied arrêtés. Lors du dernier match contre la Jordanie, on a tout tenté, on a même modifié le système en mettant deux pointes devant. On est revenu avec un système classique en 4-4-2. La Jordanie était déjà qualifiée et avait gagné leurs deux matchs. Pourtant, on savait qu’on ne pouvait compter que sur nous-mêmes car on savait que la Jordanie n’allait pas nous faire de cadeaux. Ils ont mis leur équipe-type. On devait gagner et on a joué notre va-tout pour gagner ce match et rentrer encore un peu plus dans l’histoire. Il ne manquait que le but pour le faire mais non, malheureusement on fait match nul 0 à 0.

Les résultats restent tout de même honorables…

Oui, en effet, sur l’ensemble on s’en sort pas mal. On fait deux matchs nuls dans un groupe très relevé. Lors de notre 1ère participation, on avait pris 0 point sur les trois matchs avec trois défaites et là, pour cette nouvelle édition, on rentre dans l’histoire en prenant deux points. On est un groupe, on n’a pas d’individualités, donc c’est pas mal, même si on aurait préféré se qualifier. Mais c’est le football, c’est comme ça ! Même après ce nul contre la Jordanie, avec 2 points, on avait la possibilité de se qualifier en étant meilleur 3e mais malheureusement ça ne s’est pas fait. On est passé à côté de quelque chose mais il faut l’accepter, on fera mieux la prochaine fois. Résultat ? La Jordanie termine 1ère avec 7 points (2V et 1 N contre nous), l’Australie finit 2e avec 2 victoires, nous 3es avec 2 points, et la Syrie avec un seul point prend la dernière place du groupe. Notre parcours est honorable et tout le monde est content. On voulait se qualifier mais dans l’ensemble on a honoré la sélection de la Palestine. A la fin, on a été reçu par l’ambassade Palestinienne à Abou Dabi et ils nous ont remis des petites récompenses symboliques, ils nous ont montré qu’ils étaient contents de ce qu’on avait fait. Je les en remercie encore.

Et sur le plan personnel, quel bilan tirez-vous ?

Mon intégration s’est bien faite car les joueurs et le staff me l’ont facilité. De plus, je connaissais déjà l’entraîneur qui est un bon ami à moi. On a créé des liens avec les joueurs et on reste en contact. Mon travail, c’était de gérer les ateliers, de superviser les équipes adverses et de faire de l’analyse vidéo. Les joueurs ont adhéré au projet. Comme je leur ai dit, quand je suis arrivé là-bas, j’ai quitté ma femme et mes 3 enfants pour retrouver une autre famille. Tout au long de la compétition, il n’y a pas eu d’écart disciplinaire, on est resté très soudé. Parfois, il y a eu des petites tensions, mais c’est normal, dans toute vie de famille c’est comme ça. Mais c’était un groupe sain, tout le monde travaillait et tirait dans le même sens : staff, managers, dirigeants… Je tiens à les remercier. Dans l’ensemble, je ne garde que du positif de cette aventure. Maintenant, je suis à Toulon, je suis rentré, j’ai retrouvé ma vraie famille. Pour le futur ? Tout est possible, on est en discussion mais pour l’instant, je suis content de retrouver mon club du Racing FC Toulon. Je sais qu’il y a des discussions, des négociations… l’avenir nous le dira mais pour l’instant je suis au Racing.