Interview

Jean-Paul Luc (SC Jonquières) : « Au fond de moi, j’ai toujours eu l’envie de venir ici »

30/07/2020 à 15:38

Après 5 saisons passées à l'US Grès d'Orange (D3), Jean-Paul Luc (à droite sur la photo) vient de s'engager avec le SC Jonquières. Il sera en charge des U13, des U19 et de l'équipe réserve des seniors (D3). L'entraîneur de 65 ans revient au micro d'Actufoot sur ce nouveau défi.

Pourquoi avez-vous décidé de rejoindre Jonquières ?

J’ai toujours trouvé que la force de Jonquières était ses dirigeants. Ils ont toujours eu des dirigeants très compétents, sérieux et attentifs. L’opportunité s’est faite et je suis vraiment très fier d’aller dans ce club qui a toujours représenté pour moi une forme de sérieux, et de professionnalisme amateur dans ses structures. Puis, il y a quelques joueurs de Jonquières que j’ai eu en jeunes à Orange.

Quel bilan faites-vous de votre passage au Grès d’Orange ?

Tout d’abord, je ne pensais pas quitter le Grès. J’y ai passé 5 belles années et je comptais finir là-bas. Je ne suis pas malheureux ni déçu de quitter le Grès. Ce serait indécent de ma part de dire du mal du club. Sur le plan sportif, on est monté, puis on est redescendu lors du remaniement des poules. Modestement, je pense leur avoir apporté des éléments tactiques. J’aime beaucoup l’aspect tactique. J’ai eu la chance d’avoir des entraîneurs intéressants qui m’ont inspiré sur ce point.

Comment s’est déroulée votre arrivée à Jonquières ?

Baroudi El Attari, l’entraîneur de l’équipe une, m’a appelé. Je ne savais même pas que j’allais quitter le Grès. Je lui ai dis que je viendrais volontiers selon l’évolution de la situation au Grès. On s’était dit que l’on ferait quelque chose ensemble avant que j’arrête. Au fond de moi, j’ai toujours eu l’envie de venir à Jonquières mais je n’avais jamais eu d’opportunité. J’ai toujours eu de la considération pour ce club.

La présence de Baroudi El Attari a donc eu un gros impact dans votre choix de rejoindre Jonquières ?

Evidemment ! Je le connais très bien. Je l’avais entraîné à Orange. On s’était promis de faire quelque chose ensemble depuis longtemps. Je l’avais comme joueur, et je le voyais se diriger vers une belle carrière d’entraîneur. Chez les entraîneurs, il y en a qui voient et d’autres qui ne voient pas. Lui, c’est quelqu’un qui voit.

“On vise la montée”

Le SC Jonquières est très actif sur le marché des transferts. Êtes-vous satisfait du recrutement ?

Bien sûr ! C’est une bonne chose pour la première déjà. Le problème d’un recrutement qualitatif et conséquent en première, c’est que c’est à double tranchant. Certains joueurs viennent pour jouer en première. D’autres déjà en place veulent rester en première. Le plus difficile est la remise en question. Si ils n’ont pas leur place, les gars doivent se dire ‘je vais gagner ma place’. Si ils ont cet esprit-là, c’est tout bon pour la réserve. Dans l’absolu, c’est intéressant, mais on reste une réserve.

Comment se déroule la préparation ?

L’entraînement a repris hier pour le groupe seniors. Nous étions 24. On va commencer doucement, puis y aller progressivement. Il faut habituer petit à petit le corps à accepter des charges de travail. En plus, il fait très chaud donc c’est un paramètre à ne pas négliger. Je pense que l’on va faire 3 entraînements par semaine avec des matchs amicaux première et réserve pendant un mois. Quand le championnat va démarrer, on devrait faire 2 entraînements par semaine. On est un club amateur. Certains joueurs ont des enfants ou n’habitent pas tous à Jonquières. Il ne faut pas créer une usure mentale donc Baroudi préfère travailler le qualitatif plutôt que le quantitatif.

Concernant la D3, que pensez-vous de votre poule et de vos adversaires ?

C’est une poule très compliquée. Le FC Orange a bien recruté. L’an dernier, ils ont raté la montée de peu. Ils ne voudront pas la rater cette année. Lapalud est une très bonne équipe, avec de bons joueurs. Villeneuve, c’est du bon football. Ce sera compliqué de les jouer. Il y a Saint-Saturnin aussi face à qui j’ai déjà joué avec le Grès. Je n’ai jamais perdu contre eux mais je n’ai jamais gagné non plus. Après, il y a les réserves. Loriol, je ne connais pas. La réserve de Haute-Provence, c’est toujours très intéressant. Ce n’est pas une poule facile.

Quels vont être vos objectifs la saison prochaine ?

On vise la montée. On ne va pas se le cacher, on va essayer. Cela ne sera vraiment pas simple. On reste une réserve, avec tous les paramètres que cela comporte. Il faut que les joueurs de la une viennent avec envie. Si il y a des blessés ou des suspendus, on va taper sur la réserve, ce qui est normal. On est ambitieux, mais la poule est difficile.

Quel est l’état d’esprit que vous allez essayer d’insuffler à votre formation ?

Je suis un entraîneur de gagne. Je vais essayer de leur donner un état d’esprit de gagneur, et de sportif. Cela fait 40 ans que j’entraîne, je n’ai jamais pris de cartons et je n’ai jamais rien dit à un arbitre. Je veux que les joueurs aient un bon comportement. Si on gagne, je veux gagner proprement. Si on perd, cela veut dire que l’autre est meilleur que nous. Je veux pouvoir mettre des systèmes en place, et avoir une équipe la plus performante possible pour essayer de gagner. On ne gagnera jamais par hasard. L’important, c’est d’instituer un système de jeu qui sera ressemblant à celui de la première, voire identique en fonction des joueurs que l’on a à disposition, et de l’adversaire. Je veux un état d’esprit de gagneur, mais dans la beauté de l’art et du geste.

“On ne peut pas empêcher les gens de parler”

Vous serez également en charge des U13 et des U19. La formation est quelque chose d’important pour vous ?

C’est très important. Ma première mission sera le plaisir. Il faut qu’ils viennent et qu’ils repartent avec le sourire. Après, je dois leur fournir un bagage technique et tactique. Ils doivent découvrir que le foot est un sport collectif et qu’il faut des principes collectifs. Au foot, tu as besoin des autres et les autres ont besoin de toi. Pour mettre en place un système de jeu, il faut qu’il y ait une osmose entre tout le monde. Donner un bagage tactique aux gamins est important, tout comme le fait de travailler sur la gestuelle et la technique individuelle. Mettre une équipe en forme est presque à la portée de tout le monde. Mais lui apporter tout ce dont elle aura besoin dans le futur, c’est autre chose… Cela se travaille.

Pensez-vous que le club peut devenir une place forte du football dans la région ?

La situation du département est assez triste. Toutes les grandes villes, comme Orange, Avignon ou Carpentras, ne sont plus ce qu’elles sont. C’est pour cela que des clubs comme Jonquières, Vedène ou Courthézon ont émergé. Mais ils ne sont pas responsables des problèmes des autres. Je ne sais pas si ils deviendront des places fortes. Je pense que le club de Vedène a un gros avenir si ils font ce qu’il faut. Mais ce n’est que mon point de vue.

Jonquières subit certaines critiques sur les réseaux sociaux concernant l’argent. Qu’avez-vous à répondre ?

Je viens d’arriver, donc c’est compliqué pour moi de répondre. Ce que je sais, c’est que Jonquières possède un président compétent et dynamique. Il n’y a jamais eu de problèmes d’argent. Les finances sont saines. Le club peut compter sur ses nombreux partenaires, et sur la mairie. Malheureusement, on ne peut pas empêcher les gens de parler.

Que peut-on vous souhaiter pour la saison prochaine ?

De continuer à m’épanouir dans ce nouveau club. J’ai 65 ans, mais je suis toujours un gamin de 20 ans. Puis, j’espère découvrir et apprendre. On ne sait pas grand chose. Jusqu’à mon dernier souffle d’entraîneur, je sais que j’apprendrais encore et que je vais découvrir des choses. C’est cela dont j’ai envie et je me nourris de cela. Après, si on est performant, tant mieux. Si il y a meilleur que nous, c’est la vie. C’est comme cela.

Jean-Paul Luc (US Grès d’Orange) change de club !