ITWCoupe Rhône Durance

Kamal Kayna « J’ai senti que le football était encore vivant en moi »

13/02/2018 à 10:35

Kamal Kayna, gardien de but de Valréas depuis quelques semaines, a signé une grosse performance en 1/4 de finale de la Coupe Rhône Durance. Le portier a repoussé deux tirs au but et a marqué le penalty final face à Noves, celui qui offre la qualification aux siens (2-2 ; 4 Tab à 2). Interview.

Kamal, comment se passe votre carrière depuis ces dernières années ?

J’ai évolué en 4e division suisse pendant un an et demi. J’ai joué avec des joueurs tels que Djemba Djemba (ex-Manchester United) et pas mal d’anciens pros. Je n’ai pas trop aimé la mentalité là-bas et je recherchais un projet où on repartait de zéro pour prendre du plaisir. Je ne pouvais pas allier les deux, foot en suisse et ici et j’ai voulu mettre le foot suisse de côté pour voir ma femme et mon fils qui sont restés dans le 84.  Après on verra… Je resterai peut être à Valréas ou peut être que je rebondirai ailleurs après la trêve… Je reste un passionné de ballon et donc je donnerai toujours tout ce que j’ai sur un terrain.

Pourquoi avoir choisi Valréas ?

Valréas, c’est plus pour rendre service aux amis. Je voulais retrouver du plaisir avant tout ! Le foot est un autre monde qui n’est pas trop fait pour moi. Je ne regrette pas d’avoir fini à Valréas. Je voulais retrouver des amis et une certaine ambiance. Pour l’instant, ce n’est que du plus.

Comment s’est passée votre adaptation ?

Je me sens plus qu’à l’aise ici ! J’essaye de m’entraîner le vendredi avec eux mais ce n’est pas évident vu le trajet… (Tous les weekend le portier quitte la Suisse pour rejoindre Valréas). Mais ce ne sont que des amis, des gens avec qui je bois un café et use 30 minutes de mon temps sans problème. Je suis content ! Mon adaptation a été très compliquée : retrouver le niveau District, sans arbitre officiel sur le coté, avoir plusieurs changements, je n’avais plus l’habitude ! J’avais cette appréhension de retrouver le District Rhône Durance, je ne savais pas comment ça allait se passer, quelle était la philosophie des arbitres, mais pour l’instant je suis plus que satisfait.

Dans quel état de forme êtes-vous aujourd’hui ?

J’essaye de m’entraîner avec la CFA2 de Pontarlier. Je n’habite pas vraiment en Suisse mais en Franche-Comté. J’ai un ami qui joue là-bas, ce qui me permet de m’entraîner avec eux quand j’ai le temps, au minimum 2 fois par semaine. Ça me permet de rester en forme ! Là, en ce moment, il neige et ça faisait 15 jours que je n’avais plus eu d’entraînement.

Dans quel état d’esprit étiez-vous avant ce match de Coupe ?

On avait un peu d’appréhension, c’est normal, on a joué une D1 qui joue deux divisions au dessus de la nôtre. Comme on s’est dit dans le vestiaire avant le match, la Coupe c’est que du bonus ! Mais vu le groupe qui joue bien au ballon et l’ambiance lors de ce match, on ne pouvait faire autre chose qu’un bon résultat. Cette victoire n’est pas volée ! Moi, personnellement, j’appréhendais ce match car ça faisait 3 mois que je n’avais pas joué… J’attendais vraiment ce match-là pour essayer de me mettre en valeur. Mais, je suis loin de mon vrai niveau et je vais essayer de reprendre mes marques pour emmener Valréas le plus loin possible.

Qu’avez-vous ressenti après la séance de tirs au but ?

Ma réaction après avoir tiré le penalty qui nous donne la victoire ? Je ne savais pas où me diriger ! Je suis allé voir les supporters… Arrêter deux penaltys, ça avait dû m’arriver quand j’avais 20 ans… J’ai senti que le football était encore vivant en moi. Le soir, j’ai repris la route pour aller jusqu’en Suisse, en Lausanne. 5 heures de route, 5 heures de sourire aux lèvres… J’avais la banane !

Vous marquez le dernier tir au but qui offre la victoire à votre équipe. Comment ça s’est passé ?

J’ai pris l’initiative de le tirer. Mon coach avait dit une phrase avant le match : « Si tu as été recruté, c’est pour ce genre de match ! ». J’espère lui avoir répondu. Quand je marque le tir au but final, les joueurs m’ont pris dans les bras, ils ont scandé mon prénom dans la douche. Et moi j’étais heureux pour eux… Ma victoire, c’est leur victoire ! Ce matin, ils m’ont tous envoyé la photo qui a été publié dans le journal. Comme je travaillais en tant qu’éducateur au centre social de Valréas en 2011/2012, des enfants que j’avais eu là-bas m’ont félicité…

Kamal Kayna vu par son frère Ismail Kayna 

« Il a signé depuis 3 ou 4 matchs et hier il a sorti le gros match. C’est un très bon gardien qui en plus de ça mesure plus d’1m90. Imposant par sa taille, rassurant dans les buts et doté d’un très bon jeu au pied, il est venu donner un coup de main à Valréas car cela faisait 4 ou 5 mois qu’il avait arrêté de jouer. Il travaille en Suisse et il rentrait voir son fils et sa femme le weekend. Ce club lui permet de faire les deux à la fois. Il a le niveau pour jouer plus haut. Je ne dis pas ça parce que c’est mon petit frère ! Il joue à ce poste depuis gamin. Il a commencé joueur de champ mais on s’est vite rendu compte qu’il était meilleur dans les buts (Rires). Quand il était petit, dans toutes les catégories où il a joué, il était au dessus ! Il a eu des opportunités, celle de signer en suisse par exemple et de côtoyer des bons joueurs et de bons clubs. C’est un des premiers matchs où il remet les gants et il parvient à repousser deux penaltys et à marquer le tir au but final. »