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Racisme dans les stades : l’Orange FC agit mais se fait (quand même) punir !

11/10/2019 à 16:56

Lors du match de U20 R2 entre l'Orange FC et le FC Ramatuelle qui a eu lieu le 14 septembre à Orange, un supporter a lancé un "sale gaoui" ("sale français") à un joueur sur la pelouse. Difficile à contrôler pour les dirigeants, les sanctions pleuvent chaque mois pour ce genre de problème. Et pourtant... certains clubs font le nécessaire pour lutter contre ces discriminations mais se font quand même punir.

On rappelle l’histoire. L’Orange FC accueille le FC Ramatuelle en U20 R2. On est le 14 septembre 2019. Pendant la rencontre, l’arbitre entend un des supporters du Orange FC, crier « sale gaoui » (qui peut se traduire par « sale français »). L’insulte est grave et ça, les dirigeants de l’Orange FC l’ont bien compris. Dans le PV de la Ligue Méditerranée qui rapporte cet incident, on apprend que le club vauclusien a tout mis en œuvre pour que cela ne se reproduise plus et l’entraîneur Paulo Neves, bien que n’ayant pas entendu les propos, est tout de même allé calmer le public pendant le match. D’ailleurs, la partie a pu aller à son terme sans aucun autre incident.

Dans le PV de la Commission Régionale de Discipline est indiqué que les dirigeants ont tout mis en œuvre afin que ce genre de propos ne soient plus tenus par les supporters. On y apprend que Paulo Neves, l’entraîneur de l’OFC, s’est empressé d’interpeller les jeunes qui se trouvaient en tribunes pendant la rencontre et qui venaient de la cité se trouvant à côté du stade. Aussi, contrairement à d’autres, le club n’a pas contesté les faits de propos racistes et a assumé. Mieux, ils ont lutté pour stopper l’incident et pour ne plus qu’il se reproduise.

En l’absence d’identification formelle de l’auteur d’une infraction, il convient de faire application de l’article 2.1.b) du Barème disciplinaire – Annexe 2 des Règlements Généraux de la FFF – qui prévoit que : « En cas de manquement(s) à l’obligation de résultat en ce qui concerne la sécurité et le bon déroulement des rencontres qui pèse (…) sur tous les clubs de football, l’organe disciplinaire (…) apprécie la gravité des fautes commises et détermine les sanctions proportionnées à ces manquements qu’il convient de lui infliger ». Comme il l’est indiqué dans un arrêt du 20 octobre 2008, le Conseil d’Etat a énoncé que les clubs ont une obligation de résultat en matière de sécurité dans le déroulement des rencontres sportives, le non-respect de cette obligation justifiant le prononcé d’une sanction disciplinaire à l’encontre du club après appréciation de la gravité des manquements. En tenant compte de la réactivité des dirigeants d’Orange suite à la mise en garde des Officiels ainsi que de la bonne issue de la rencontre et en jugeant cet acte comme étant isolé, la Commission Régionale de Discipline décide quand même d’infliger une amende de 100 euros au club vauclusien.

C’est donc la double peine pour l’Orange FC malgré le bon comportement de ses dirigeants ! D’abord, le club est sanctionné financièrement pour des propos difficilement maîtrisables et prononcés par une personne isolée. Aussi, l’image du club est salit auprès des instances mais aussi auprès de la ville, de ses habitants et de sa région. On vous pose la question : même si le club recevant est responsable et même si ce genre d’incident n’a rien à faire dans les stades et dans la vie quotidienne tout court, est-il juste de punir financièrement un club pour quelque chose qu’il ne peut pas contrôler ?