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Victor Trento (CA Bembibre) « Le moment où jamais de tenter cette aventure »

12/11/2020 à 17:30

Parti rejoindre la D4 espagnole lors du dernier mercato estival, Victor Trento s'épanouit de l'autre côté de la Méditerranée avec son nouveau club du CA Bembibre. Le vauclusien, qui a débuté sa toute jeune carrière au SC Orange, ne regrette pas son choix et se livre sans concession, au micro d'Actufoot, sur ses débuts en Espagne. Interview.

Victor, tout d’abord peux-tu nous expliquer ton choix de rejoindre l’Espagne et plus particulièrement le CA Bembibre ?

J’ai toujours eu envie de découvrir le football espagnol, car à mon sens, c’est le football qui pourrait me correspondre le mieux ! J’ai eu l’opportunité de rejoindre le monde espagnol à Bembibre par le biais d’un ami à moi, Enzo Donis, qui est entraîneur adjoint et analyste vidéo. Je me suis dis que c’était le moment où jamais de tenter cette aventure.

Comment se sont déroulées les négociations ? Le club t’avait déjà vu jouer ?

Les négociations se sont faites par l’intermédiaire d’Enzo Donis, qui me représentait à ce moment-là. J’ai quelques vidéos de moi, donc ça s’est fait comme ça, mais surtout sur une base de confiance. J’ai aussi eu un entretien vidéo avec le coach, avec qui ça s’est parfaitement bien passé, avec des objectifs et un projet de jeu qui me parlait complètement. Fort heureusement, mon cousin est bilingue car à l’époque, je ne parlais pas un mot espagnol.

« L’accueil a été incroyable, dès le premier jour je me suis senti comme chez moi ! »

L’adaptation n’a pas été trop difficile justement par rapport à la langue ?

Non, pas tant que ça car honnêtement, j’ai appris très vite l’espagnol. Je suis des cours en même temps que le foot, du coup ça va vite ! Puis l’accueil a été incroyable, dès le premier jour je me suis senti comme chez moi !

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Comment vis-tu l’éloignement avec ta famille et tes proches ?

Disons que l’on a plus de repère du tout, Bembibre est à 10h de route de chez moi. Donc ce n’est pas évident, mais c’est une aventure qui vaut le coup d’être vécue malgré tout, une expérience. La prière en vaudra-t-elle la chandelle ? L’avenir nous le dira !

« Ici, c’est beaucoup plus technique et intensif en terme de pressing »

Ressens-tu une grosse différence avec le football français ?

Oui, déjà notamment au niveau des entraînements. Il n’y a jamais eu un seul exercice de force, de vitesse ou de PMA (Puissance Maximale Aérobie, ndlr), qui a été fait sans ballon, et les entraînements sont également beaucoup basés sur la conservation. En terme de football, à travers mon équipe et aux équipes que j’ai pu rencontrer, c’est sur l’aspect technique et de l’intensité sur lesquels il y a une différence avec le football français. Ici, c’est beaucoup plus technique et intensif en terme de pressing. Après, je ne peux pas dire que le football espagnol est mieux que le football français, il est juste différent. A chacun de trouver lequel lui correspond davantage pour s’épanouir et prendre le plus de plaisir possible.

Quel bilan fais-tu de tes deux premiers matchs sous tes nouvelles couleurs ?

On a fait une victoire et un nul donc au niveau comptable, c’est pas mal ! Après, il y a beaucoup de nouveaux joueurs dans l’équipe donc nous ne sommes pas encore totalement rodés. Mais j’ai confiance pour la suite pour continuer à engranger le maximum de points.

Et sur le plan personnel, es-tu satisfait de tes premières prestations ?

Mon bilan personnel n’est pas trop mal, mais je dois faire encore beaucoup mieux et chercher à être décisif.

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« Nous avons eu une préparation tronquée à cause de plusieurs cas de covid dans l’équipe »

En France, nous sommes de nouveau dans une situation sanitaire plus que compliquée. Comment est-elle en Espagne ?

Elle est compliquée, comme partout. Nous ne sommes pas confinés comme en France ou dans d’autres pays et le football est toujours d’actualité. On ne parle pas d’arrêt du championnat mais on ne sait jamais…

Comment vivez-vous, et toi personnellement, cette situation ?

On vit ça difficilement, nous avons eu une préparation tronquée à cause de plusieurs cas de covid dans l’équipe. Ajoutez à cela une incertitude qui plane avant chaque match, pour savoir s’il aura lieu ou non… C’est une année particulière, comme de partout, mais cela ne reste que du football.

Avant de conclure, que peut-on te souhaiter pour la suite de la saison ?

Une montée en Segunda B (la troisième division espagnole, équivalent du championnat de National en France, ndlr), et surtout une saison pleine de plaisir et épanouissante.

Pour finir, as-tu un dernier mot en particulier à faire passer ?

L’Espagne est loin d’être l’Eldorado, mais si plusieurs jeunes veulent tenter l’aventure, qu’ils n’hésitent pas car c’est une expérience à faire pour ne pas avoir de regrets.

Propos recueillis par B. N.