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Yves Morche « On est sain et on veut le rester »

11/02/2019 à 18:36

Le SC Courthézon va bien, même très bien. A la 6e place du classement de R1, promu en division supérieure après une extraordinaire saison 2017/2018, le SCC n'en finit plus d'épater. L'environnement est sain, l'ambiance au top, tout est là pour évoluer dans le bon sens. Comment ce petit club de village arrive-t-il à être aussi compétitif ? Quelles sont les raisons de son excellent état de santé ? Le président Yves Morche nous livre ses secrets.

Yves, pouvez-vous faire le bilan de cette saison en Seniors ?

Ça tient la route ! Tout ce qui était prévu à la base, c’est le maintien, et on est pas mal parti pour le décrocher, à part pour l’équipe 2 où il faudra mettre un coup de fouet. Tout va dépendre des descentes de R2 et de notre fin de saison. On a quand même recruté des joueurs de talent et il n’y a donc pas de raison qu’on n’arrive pas à se maintenir. Pour la D2, nos blessés vont rentrer et retrouver les terrains, ce qui devrait être bénéfique pour la fin de saison. Pour la D3, je ne me fais pas de soucis.

Et au niveau des Jeunes ?

La problématique, c’est que nos jeunes évoluent dans un assez bas niveau. En U17, par exemple, on joue en D2 et en D3 (Pré-Excellence et Honneur) et on aimerait les faire monter en D1 même si c’est compliqué. Par contre, c’est bien parti pour monter au niveau supérieur en U15. Maintenant, on base tout sur les jeunes. Les seniors, c’est une chose, mais c’est les jeunes qui doivent pousser les seniors et pas l’inverse. Dans la logique, c’est comme ça que ça doit se passer ! Les jeunes doivent progresser et mettre dehors à coups de pied les seniors. Il y a d’ailleurs quelques clubs dans le District qui sont mal par rapport à ça… Nous, ça ne nous intéresse pas du tout de jouer en N3 pour faire chou blanc en cours d’année. On le sait, l’argent est le nerf de la guerre dans le football.

Le projet, c’est donc les Jeunes ?

Oui, c’est une évidence d’accorder plus d’importance aux jeunes. Il faut avoir des jeunes d’un certain niveau pour monter en N3 sinon ce n’est pas possible. Je connais le défraiement de certains joueurs, même en Ligue, et ça devient de la folie. C’est soit t’es millionnaire, soit t’es maso, quoi qu’il arrive ça commence par un « M » comme le mot « Merde ». Les subventions de la Mairie sont faites pour les jeunes, c’est logique ! Si on est là pour aller chercher les pros ou anciens pros, ça ne marchera pas sur le long terme. Le jour où il y aura des contrats fédéraux sur Courthézon, ça voudra dire que j’ai déjà une année d’avance et le budget pour l’année d’après. J’ai une entreprise et jamais je n’ai dû un euro. Je gère le club de ballon comme je gère ma société. Si on a l’ambition de monter en N3, il faudra qu’on ait l’argent dans les caisses.

L’année prochaine, tous les clubs devront faire face à la réforme des catégories jeunes. Comment vous préparez-vous ?

En effet, il y aura un remaniement avec la création des U18, U16 et U14. Ce sera un challenge pour tout le monde. C’est la mode des petits clubs de District et je ne vois pas comment on peut faire pour avoir autant d’équipes… Ça inquiète tout le monde ! Si on a la tête sur les épaules, on est obligé d’être inquiet. Vous avez fait le classement des clubs par nombre de licenciés et on est dans les 10 premiers, mais au niveau national ce sont les grandes agglomérations où il y a le plus de licenciés. Regardez à Paris, c’est énorme ! Même l’OM n’est pas dedans…

Au SC Courthézon, on sait que l’on peut compter sur des supporters en nombre…

Oui et ce sont d’ailleurs ces gens-là qui sont des membres bienfaiteurs. Ce sont des particuliers qui ont pris une carte de bienfaiteurs et qui nous aident financièrement. Il y a aussi une carte « Suportaire Club Courtesoun » : ce sont des membres du club de supporters, du village de Courthézon. Elle est vendue 25 euros pour l’année et elle donne la possibilité de venir à nos déplacements, de participer à nos soirées, comme le Réveillon par exemple. Ça fait bouger le village ! Cette carte est venue par le football mais elle est faite pour tous les habitants de Courthézon.

Vous réussissez à vous en sortir sans pour autant avoir énormément de subventions de la part de la Mairie. Comment le club s’y prend-t-il ?

Je vais frapper aux portes ! Je suis commerçant dans l’âme et j’ai toujours vécu du commerce. J’entreprends, je demande… si on me dit non, tant pis, et si on me dit oui, tant mieux. Comme je vous l’ai dit, il y a aussi les particuliers qui font partie des membres bienfaiteurs et qui donnent beaucoup. C’est un petit groupe d’une trentaine de personnes qui nous laisse pas mal d’argent pour la saison et je ne parle que de la carte des membres. Enfin, il y a quelque chose d’essentiel : je ne travaille pas sur une année mais sur les cinq à venir.

Vos partenaires et sponsors sont aussi très importants j’imagine…

Bien sûr et lors de chaque avant-match on invite nos partenaires et nos membres bienfaiteurs pour prendre l’apéritif. On reçoit aussi les officiels à la fin du match. C’est comme ça que ça se fait au rugby. Moi qui suis né dans le milieu de la balle ovale, j’aime prendre ce sport comme modèle.

Avez-vous un plan pour le futur ?

Il y a au moins 5 plans (rires) mais le principal, c’est le maintien de toutes nos équipes seniors et jeunes. On veut faire monter tous les jeunes au niveau D1 (Excellence) minimum. On a plein d’ambitions mais elles ne seront réalisables que s’il y a de l’argent dans les caisses. On est sain et on veut le rester. On ne doit rien à personne, on est bien. Je serais malade de savoir que je dois de l’argent et qu’il faut taper aux portes de mes amis pour récupérer quelque chose.

Comment est l’ambiance au sein du club entre les dirigeants, les éducateurs et tous les licenciés ?

Il y a un organigramme qui fait qu’on a aucun souci. Tout remonte au comité directeur ! On a une réunion trois fois par mois pour faire la synthèse de ce qui se passe au club. Au comité d’accueil, il y a une personne qui s’occupe du foot animation, une autre du foot féminin, on a Kader Nasri qui prend en main le foot compétition. C’est surtout grâce à un groupe ! Mon fils jouait au club et je suis arrivé au SCC parce que le cœur était plus fort que la raison. J’ai pris la présidence parce qu’on me l’a demandé. Je profite aussi de cette interview pour le dire : tout ce qui a été fait lors des 5 années avant le premier jour de ma présidence est à féliciter. Benoit Storck, Cédric Luongo… Ils ont fait un énorme travail au sein du club et ça, on ne peut pas leur enlever. C’est aussi grâce à eux.

Un dernier mot ?

Je veux dire un « merde » à toutes les autres équipes pour la fin du championnat. Aussi, je voudrais glisser un petit mot à tous les bénévoles de tous les clubs sans qui il n’y aurait rien. Merci à eux, ils sont primordiaux.