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Charly Charrier (Vendée Les Herbiers Football) : « Tout le monde est heureux de retrouver la région, la famille et les amis »

16/11/2018 à 4:04

Alors certes, forcément, à 32 piges (33 printemps en mai 2019) on est davantage au crépuscule de sa carrière qu'à ses prémices. Qu'importe le sport. Quel que soit le niveau. Mais la trentaine tassée, quand on vit foot depuis la fin de son adolescence, et qu'on vit du foot, loin d'imaginer remiser les crampons au grenier ou au garage. Charly Charrier a replongé dans l'univers du football amateur en signant au Vendée Les Herbiers Football (N2), lui qui venait de connaître une montée de L2 en L1 sous les couleurs d'Amiens SC. Le footballeur est heureux. L'homme aussi. Sa famille également. Le Vendéen de naissance renoue avec ses racines familiales et footballistiques. Avec bonheur. Et humilité. Entretien.

Il a vu le jour à La Roche-sur-Yon. Été formé au FC Achards. Puis ce fut Le Mans FC, La Roche VF, l’AS Cannes, le Vendée Poiré sur Vie Football, le feu Luçon Football Club, l’EA Guingamp, un retour au Luçon Football Club avant l’Amiens SC et, ces dernières semaines, une signature au Vendée Les Herbiers Football (N2).

Sacrée expérience

Charly Charrier ? Une belle carrière articulée notamment autour de soixante-dix rencontres en L2 et plus de deux cent-cinquante entre la L1, la L2 et le N2, ex CFA. Respect.

L1

La L1, il la quittait en fin de saison dernière, épilogue d’une année douloureuse marquée par une vilaine blessure l’ayant éloigné du rectangle de nombreux mois, satanée pubalgie. De trop nombreux mois. C’était du côté d’Amiens SC où les parties décidaient de se séparer à l’amiable. Et que de souvenirs pour Charly Charrier.

VHF

Le père de famille, en accord avec les siens, hésitait  alors de se donner le temps avant de faire le choix. Le bon. Puis, finalement, il décidait de rejoindre le Vendée Les Herbiers Football (N2). « J’ai choisi de signer au VHF parce que je voulais retrouver un environnement que je connaissais pour gagner du temps dans l’intégration et être compétitif le plus rapidement possible. De plus, d’un point de vue familial, tout le monde est heureux de retrouver la région, la famille et les amis » explique le joueur.

Des pistes

Charly Charrier admet avoir reçu quelques propositions parallèles. Insuffisant pour que lui et sa famille réussissent à se projeter. Souvent, du reste, il évoque sa famille comme facteur premier avant de graver dans le marbre une proposition. Il n’y a pas que le foot dans la vie.

L1 à N2…

Oui mais passer de l’élite hexagonale à la N2 ? « Cela peut paraître être un choix un peu bizarre voir incompréhensible pour certains, mais c’est une question d’état d’esprit. Évidemment que c’est un monde différent mais je sais où j’ai mis les pieds. L’important est de s’adapter à l’environnement présent. Je préfère être compétitif et actif en N2 que d’être blessé et inactif en Ligue 1. Je ne suis heureux que sur le terrain » assène Charly Charrier.

Money, money, money…

Et quand on l’interroge sur l’aspect pécuniaire ? En N2 il y a moult moins d’oseille (ah ?! Oui, oui !)… « Je ne parle jamais de l’aspect financier. J’estime que c’est déjà une chance de gagner sa vie en exerçant sa passion. C’est ce que je fais depuis l’âge de 17 ans » clôt le milieu de terrain.

N°14

Charly Charrier (n°14 au VHF) n’a toutefois pas posé son sac en terrain inconnu. Et oui, son ex coéquipier Stéphane Masala au milieu du terrain a pris du grade devenant entraîneur. Mais pas uniquement. « Oui je connais Stéphane Masala et son adjoint Benjamin Guillou depuis plus de dix ans. Ce sont deux personnes avec qui j’ai joué et avec qui j’ai toujours gardé contact durant ma carrière.  Nous avons avons une méthodologie de travail assez similaire… Et pour l’anecdote, quand nous étions coéquipiers, ces deux -là me faisaient la passe neuf fois sur dix donc je me suis suis dis que leur confiance vis-à-vis de moi ne datait pas d’hier » rit Charly Charrier, heureux de son intégration au groupe avec « des mecs cools » même si les résultats n’étaient pas à la hauteur des ambitions.

Signature et prestations persos ?

« Effectivement j’ai signé tardivement après ma saison blanche et cette pubalgie de huit mois. Il m’était impossible de m’engager dans un club dès la reprise en étant opérationnel… J’ai donc pris la décision de me préparer individuellement pendant deux mois et demi cet été afin d’être compétitif de suite. Je ne cache pas que ça a été le moment le plus dur de ma carrière, s’entraîner dur tout seul sans connaître sa future destination. Mes prestations sont plutôt positives. J’apprends de plus en plus à comprendre mes partenaires et je sens que l’équipe monte en puissance donc ça va » livre le Yonnais de naissance.

Coupe, championnat ?

« L’objectif est de passer. Ce serait une désillusion de se faire sortir à la maison, après la coupe reste la coupe… A nous de rester sérieux. Le championnat ? Oui la montée reste l’objectif mais je ne cache pas que l’on compte déjà beaucoup de retard alors que nous sommes au tiers du championnat. Plus le temps pour les calculs. Il ne faut pas rêver que ça soit plus facile mais juste décider d’être meilleur… Et naturellement les résultats s’enchaîneront » assure le milieu de terrain.

Une tête de gondole en Vendée ?

Il fut un temps, pas si lointain, où le feu Vendée Luçon Football et La Roche VF, donc Michel Reculeau et Christophe Chabt, annonçaient s’unir pour essayer de faire émerger un club pro en Vendée. Projet mort né.

Qu’en pense Charly Charrier, lui l’ex pro mais avant tout Vendéen, lui qui milite pour cela depuis belle lurette ? Nous lui avons posé la question  : « La réponse est simple. Tant que l’on fera passer les intérêts personnels avant l’intérêt public, ça ne fonctionnera pas. Je tiens le même discours depuis des années. Il y a un potentiel économique exceptionnel en Vendée avec un public en attente d’avoir un grand club. La preuve avec la Beaujoire remplie à 50% de Vendéens chaque week-end » assène le joueur.

Les pistes de réflexion ?

Alors, comment faire ? Une solution ? Avez-vous une solution ? « Je ne prétends pas la connaître. Mais je sais une chose : on ne peut résoudre un problème avec le même esprit qui l’a créé. J’ai eu la chance de connaître le monde amateur ainsi que le monde professionnel. Donc je pense être capable de mesurer l’écart entre les deux et je peux vous dire qu’on fait fausse route. .Les années passent et rien ne change. Je suis triste et stupéfait que personnes ne prenne ses responsabilités.. Mais j’ai bon espoir que ça évolue un jour… » lâche Charly Charrier.

D’ici là, Charly Charrier et le VHF s’amorcent à mouiller la tunique dimanche au septième tour de la coupe de France. Se qualifier. Point. Enchaîner ensuite en championnat le week-suivant. Deuxième point. Le troisième ? Aborder cette bataille en N2 avec la qualif’ dans la poche. Puis revenir peu à peu chatouiller les leaders… Charly Charrier sera là pour se donner. Eh ? Oui ? Vendéen mon gars !

Crédit illustration : VHF.