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Marcel Tisserand : « On a repris l’entraînement aujourd’hui »

24/03/2020 à 12:33

Marcel Tisserand, passé par l'INF Clairefontaine, l'AS Monaco et Toulouse notamment, évolue en Allemagne depuis plusieurs années et actuellement du côté de Wolfsburg. Alors que les mesures gouvernementales ne sont pas exactement les mêmes de l'autre côté de la frontière, il a accepté de répondre à nos questions !

Qu’en est-t-il de la crise sanitaire en Allemagne ?

Je suis toujours en Allemagne, qui a également fermé ses frontières, c’est à dire qu’on peut sortir mais on peut revenir. Concernant le confinement, je suis beaucoup les informations en France, on n’est pas rentrés dans un confinement total ici même si les gens sont assez sensibilisés par la situation. C’est assez autonome et les gens font le strict minimum, vont faire leur courses, les restaurants sont ouverts jusqu’à 18 heures ! On a encore ce petit luxe de pouvoir manger au resto même s’il n’y a pas grand monde non plus car les gens ont peur et c’est normal. Dans ces conditions, il vaut mieux rester à la maison, même en Allemagne.

La pratique du football est – elle d’actualité ?

On a repris l’entraînement aujourd’hui (hier) avec le club ! On a vécu une semaine de confinement/battement, où le club nous a laissés à la maison avec un programme individuel à effectuer de notre coté. On forme des petites groupes de six pour s’entraîner, c’est adapté. Ce n’est bien sûr pas évident de reprendre dans ces conditions, des gens sont malades, sont dans les hôpitaux. Malgré tout, ça fait du bien d’avoir une activité physique et de pouvoir reprendre. Le championnat ne reprendra pour l’instant, se réunir est une alternative au confinement car c’est juste du maintien de forme et on a conscience que les conditions ne sont pas celles de d’habitude. C’est en tout cas l’idée que le club veut nous fait passer. On vit un peu au jour le jour, on ne sait pas si va avoir des nouvelles mais on s’adapte !

Comment expliquer l’impact complètement différent au niveau des deux pays ?

Mes proches sont en région parisienne, je suis très souvent au téléphone avec eux afin de mesurer l’évolution de l’extérieur. Je suis aussi les infos et j’ai les chaînes françaises. Maintenant,  ce serait très compliqué de faire la différence de gestion de crise entre les deux pays. Dans la vie de tous les jours, je ne saurai pas en expliquer les raisons, j’habite dans une petite ville et je ne sais pas comment ça se passe dans les grandes villes comme Berlin, Munich, Francfort… Je n’ai pas autant suivi l’actualité que celle de France mais je me doute bien qu’on doit être dans des conditions similaires à certains endroits.

D’un point de vue économique, votre situation est-t-elle bouleversée ?

Je pars du principe aujourd’hui que la santé est puis importante que le football en lui même. En termes de compétition, il ne serait pas éthique et très compliqué de reprendre les compétitions sachant que des gens sont entre la vie et la mort, et même pour nous, ce serait difficile à admettre. Le manque d’activité nous pénalise tous et si on doit s’arrêter de jouer au foot pour sortir de cette crise, on s’arrêtera de jouer au foot. Si on doit reprendre parce que c’est notre métier, on le fera. Pour l’instant on n’a pas eu d’infos concernant nos salaires, on a repris l’entrainement de façon presque « normale », on va peut-être en savoir plus d’ici les prochains jours…

Crédit photo : DR