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Noel Le Graët : « Il faudra deux ans pour retrouver le rythme normal »

23/02/2021 à 16:01

Candidat à sa propre succession, Noël Le Graët était ce matin en déplacement à la Ligue Méditerranée dans le cadre de sa campagne électorale. Le président de la FFF s'est également exprimé sur le foot amateur, fortement perturbé par la crise sanitaire.

M. Le Graët, comment se passent les discussions avec l’Etat au sujet de la reprise des compétitions ?

En peu de temps on a progressé puisque la D2 Féminine va redémarrer tout comme le National 2. Petit à petit, on essaye, peut-être qu’on y arrivera un peu plus vite. On a beau prévoir un plan mais, en PACA, vous êtes les premiers témoins, que le virus nous fait souffrir. On a envie que ça reprenne, les licenciés aussi. Les gamins vont au terrain s’amuser mais ils ont envie de faire des petits matches. Et les adultes aussi… Il faut pas croire qu’il n’y a pas que les petits. Aujourd’hui, malheureusement je ne peux pas vous donner de date sinon ça serait mentir. On est réactif à l’évolution de l’épidémie car on a une délégation ministérielle aussi bien auprès du Ministère des Sports que de la Santé et on ne peut prendre aucune décision sans l’accord écrit du Ministère.

La Ministre des Sports a ouvert la porte à des expérimentations de match avec public. Est-ce que ça pourrait être le cas pour l’Equipe de France ?

Vous vous doutez bien qu’avec le Stade de France qui fait 80 000 places, j’aimerais qu’on puisse mettre au moins 30% de spectateurs à titre expérimental. Roxana Maracineanu a été hier à Lyon, on attend le rapport. C’est toujours un petit peu les mêmes réponses, c’est un oui favorable à condition que la pandémie s’arrête et que le Ministère de la Santé nous autorise. Ce n’est pas de gaieté de cœur. On n’a pas joué depuis 14 mois avec public (le dernier remonte au 17 novembre 2019 face à la Suède, ndlr). Les recettes de l’Equipe de France aident aussi le foot amateur. On vit avec l’Etat, trop souvent (soupirs). On a quelqu’un qui est en permanence au Ministère. A titre personnel, je vois régulièrement le Ministre de l’Education Nationale et le numéro deux de l’Etat Jean-Yves Le Drian. Ce sont des gens qui s’occupent complètement de la Santé.

Quelle a été la teneur de ces premiers échanges avec les Ligues ? Quelles sont leurs attentes ?

Les gens sont adultes et savent très bien que le football n’est pas bloqué par la faute des Districts, des Ligues ou de la Fédération. Certaines ont des projets, dont ce matin la Ligue Méditerranée, qui sont sur du long terme et qu’on soutiendra. Dans la plupart des Ligues, c’est à propos des aides pour les gamins pour qu’ils puissent rejouer facilement. Il y a beaucoup de questions mais en résumé, c’est celle-là la principale.

Pour quelles raisons briguez-vous un quatrième mandat ?

D’abord, parce que ça me plaît bien, la vérité est que personne ne m’a poussé. Ce n’est pas un métier, c’est un loisir qu’on peut arrêter quand on veut. Et je trouve que ce n’est pas le moment pour le faire puisqu’il y a tellement de difficultés soit avec l’Etat soit avec les clubs, de ne pas assumer au moins quelques mois voire un peu plus sur le mandat qui vient.

Quels sont les axes de votre projet ?

L’objectif premier, les trois premiers mois, c’est toujours de suivre ce qu’il se passe au niveau sanitaire. Si ça peut redémarrer, c’est aider les enfants et les clubs. J’espère que l’année prochaine on sera complètement dans l’aide totale des clubs. On sera sûrement plus près d’eux. Il faudra très certainement les deux années à venir pour retrouver le rythme normal. Mais ceci dit, je vais vous dire ce que je pense. C’est dur pour le football, très dur, mais le football démarrera beaucoup plus vite que d’autres activités privées qui sont confrontées au chômage, à la maladie, etc.

Le foot amateur va reprendre, c’est sûr, pour les dates je ne pourrai pas vous les donner. Il est indispensable de remettre des gosses sur le terrain, dès qu’on peut et sans prendre de risque. Si on revient à des choses normales, les investissements normaux continueront. On a un budget de 250-260 millions d’euros dont une grosse partie est versée au football amateur et une autre partie aux infrastructures, aux aides que l’on peut verser aux travaux réalisés.

A combien s’élèvent les pertes depuis le début de l’épidémie ?

Pour le foot pro, c’est considérable. Ils ont eu la malchance à la fois d’avoir le Covid et de surtout de perdre 1400 millions d’euros de droits tv. C’est une cata qui a des répercussions sur le foot amateur puisque les pros ont l’habitude et le devoir par contrat d’aider le football amateur. En ce qui nous concerne, c’est tout à fait clair. Il nous manque les dix matches de l’EDF, à deux millions d’euros le match à quelque chose près (soit 20M€). Et il nous manque l’aide que la LFP devait nous verser si le contrat avait été mené à son terme (16 millions d’euros). La Fédération avait quelques réserves parce qu’elle est bien gérée. Elle n’a pas besoin de faire de prêt. Elle va tenir tous ses engagements jusqu’à fin juin et j’espère qu’elle les tiendra jusqu’en juin 2022 sans endetter la Fédération pendant des années.

Crédit photo : Actufoot

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