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Richard Morville (ex-Jarville JF) : « Retrouver une équipe ambitieuse »

06/03/2018 à 11:18

Parti tenter l'aventure en Corse en 2009, Richard Morville est attendu dans la région en juin prochain. Il rentre après des piges réussies à Corte ou encore Ajaccio et est actuellement à la recherche d'un nouveau challenge (Photo : Ac-ajaccio.corsica).

Originaire de Meurthe-et-Moselle, vous avez rejoint la Corse en 2009. Pouvez-vous nous rappeler les raisons de votre départ à l’époque ?
« Je jouais à Jarville, la référence du foot amateur en Lorraine à mes yeux dans les années 2000. Après ma quatrième coupe de Lorraine remportée et huit saisons passés au club, j’ai eu contact avec l’US Corte qui évoluait en CFA2. Cela s’est fait par l’intermédiaire de Pascal Berenguer, alors joueur à l’ASNL et originaire de cette ville située au cœur de l’île. J’ai tout connu et gagné grâce à Jarville il était bon de partir pour ne pas s’installer dans la routine. J’ai décidé de faire le grand saut et partir en Corse sans regret pour connaître une nouvelle région et culture footballistique. »

Dans le Sud de la France vous avez gravi les échelons progressivement puisque vous êtes passé d’entraîneur adjoint à Corte (CFA2) à entraineur principal à Ile Rousse (CFA2) pour finir à la tête des U17 Nationaux de l’AC Ajaccio…
« Effectivement, mais il faut tout de même rester humble car le milieu du football te rappelle tous les jours que c’est une éternelle remise en question, que cela soit en tant que joueur ou entraîneur. Il est vrai qu’en l’espace de dix saisons je suis passé rapidement de joueurs à l’autre côté de la barrière. Il y a eu certainement une part de travail et donc une relative fierté mais aussi de réussite. La décision de passer tôt de joueur à adjoint en CFA2 en 2011 était réfléchi et m’a offert des opportunités. J’ai enchainé naturellement par l’obtention du BEES2 et du DEF à 28 ans. J’ai gravi les postes à responsabilités à travers mes différents clubs au fur et à mesure avec patience et labeur jusqu’à atteindre le monde professionnel à l’AC Ajaccio. »

« Un groupe humainement exceptionnel »

Richard Morville est à la recherche d’un nouveau challenge (Photo : ac-ajaccio.corsica).

En dix années en Corse, qu’est ce vous retiendrez ?
« J’ai beaucoup de souvenir évidemment. À Corte, Porto-Vecchio, Ile Rousse et Ajaccio, j’ai vécu du football dans les plus beaux paysages du monde et j’ai certainement connu les championnats les plus relevés dans le Sud de la France. J’ai joué contre OGC Nice au stade du Ray, face la réserve de Monaco au pied de Louis 2, et j’ai marqué contre la réserve de l’OM. J’ai également un titre de meilleur buteur de la poule CFA2 Sud en 2010, ou je pense aussi au match à Grenoble devant 5 000 personnes au stade des Alpes, aux déplacements épiques à Chambéry, Evian et Annecy pendant trois jours pour ne citer que cela. J’en oublie évidemment, il y aurait tellement de choses vous vous doutez bien que je ne peux pas tout énumérer. Aujourd’hui, j’ai la chance avec les 17 nationaux de l’AC Ajaccio de manager contre Monaco, Marseille, Toulouse, Montpellier, Nice tous les week-ends dans des conditions de travail privilégiées. En effet, cela se fait avec des déplacements en avions, dans des hôtels 4 étoiles et je cotoie régulièrement des personnalités du football de haut niveau autour des terrains. Des choses que je n’aurais pas pu connaître si j’étais resté en Lorraine. »

Si vous deviez citer votre meilleur souvenir passé dans la région, cela serait lequel ?
« Si je conserve un souvenir, je dirais ma deuxième saison de coach à Ile Rousse en CFA2. J’avais un groupe de joueurs humainement exceptionnel. Les dirigeants avaient décidé de réduire la voilure et on s’est maintenu mathématiquement à trois journées de la fin dans une poule Sud certainement la plus difficile en France. Elle était composée de clubs avec de gros moyens financiers comme le Sporting de Toulon. Tout le monde nous voyait condamné en début de saison. C’est surement cette saison qui m’a offert le droit d’être contacté par un club professionnel. Mais si je n’avais pas eu des joueurs aussi réceptifs à mes côtés je n’aurais rien pu faire seul sans leur volonté d’adhésion au challenge à relever. »

« Priorité à un retour sur Nancy »

L’ancien buteur espère trouver un employer dans la région.

Votre contrat avec l’ACA s’arrête en juin prochain. Après dix années à l’autre bout de la Lorraine, vous avez décidé de rentrer au bercail. Pourquoi ?
« Je ne suis pas encore définitivement rentré mais c’est plus qu’envisagé ! Je suis dans mes derniers mois de contrat et effectivement au vu des discussions qui ont démarré ce serait la tendance. Je sens le désir de me conserver mais pas une volonté absolue. J’envisage donc de laisser mon poste vacant en fin de saison parce que je pense que nous ne trouverons pas de terrain d’entente. Comme j’ai toujours fonctionné à la confiance réciproque, il est sans doute bon pour les deux parties de se quitter au bout de deux saisons car toutes les conditions ne sont pas forcément réunies pour un intérêt commun. Même si j’ai quelques contacts en Corse, sur la Côte d’Azur et au Luxembourg, pour un équilibre familial, je donne priorité à un retour sur Nancy actuellement. »

De retour en Lorraine, votre ambition sera-t-elle de continuer à entrainer ?
« Si je peux concilier un retour avec un poste cela sera avec plaisir et envie mais pas n’importe quel projet. J’ai toujours connu le niveau national amateur et le monde professionnel, j’aimerais retrouver une équipe ambitieuse de National 2 ou 3 voir Régional 1 ou 2. Je ne suis pas non plus contre un nouvel emploi avec des jeunes de haut niveau dans une écurie professionnelle. La formation a été positive et enrichissante à plus d’un titre. Je suis sorti de ma zone de confort en développant d’autres domaines de compétences que le simple management d’une équipe pour réaliser une performance. Je me sens dorénavant plus complet dans ma manière d’entraîner. Mais avec deux saisons dans un centre de formation, je ne veux surtout pas être catalogué comme étant exclusivement un éducateur de jeunes car ma sensibilité première va vers les équipes séniors. Cependant, ayant endossé les deux rôles (coach d’équipe première et formateur), je ne souhaite pas me spécialiser dans un des deux métiers qui sont différents. Aujourd’hui, je peux faire profiter de mon vécu et expériences à un club qui me fera confiance, avec qui on trouverait matière à collaborer ensemble aussi bien pour un projet de formation ou de compétition. »

« Troquer le t-shirt contre la parka »

Vous avez emmagasiné de l’expérience en Corse. Vous revenez donc dans le département avec beaucoup d’ambition. Avez-vous déjà des pistes pour la suite de votre carrière ?
« C’est difficile d’avoir des contacts quand tu n’es pas sur place, que tu as fait ta carrière professionnelle ailleurs en disparaissant des radars locaux pendant si longtemps. On ne sait pas ce que tu as fait, ce que tu es devenu, les performances que tu as réalisées en tant que coach. C’est paradoxal mais j’ai davantage de réseaux, de notoriété et de légitimité en Corse-Méditerranée dans la reconnaissance de mon travail que dans ma région natale. Je ne vous cache pas du coup que je n’ai rien de concret actuellement sur la région Grand-Est. Je suis forcément à l’écoute de toutes propositions qui pourraient être matière à discuter et étudier. Car en restant sans club, l’adrénaline de la compétition, la pression du résultat, s’asseoir sur un banc va forcément manquer très rapidement. La motivation est présente, je ne serais pas aigri et surpris par le climat, je suis préparé à troquer le t-shirt contre la parka. »

Propos recueillis par Sébastien Gobbi