InterviewParcours

Entretien. Des nouvelles de Delvin Ndinga (ex-AJA, AS Monaco)

10/02/2021 à 12:46

Nouveau joueur de Panetolikos en D1 grecque où il s'est engagé pour six mois plus une année en option, Delvin Ndinga (32 ans) a quitté les championnats français depuis près de huit ans. Avant AJA-OM au 8e tour de la Coupe de France (14h45), l'ancien milieu d'Auxerre, de l'AS Monaco ou encore de l'Olympiakos fait une petite rétrospective de sa carrière et annonce qu'il se verrait bien revenir dans l'Hexagone dans les prochains mois. Entretien.

Delvin, après deux saisons à l’Olympiakos (2013-2015), vous effectuez votre retour dans le championnat grec. Expliquez-nous votre choix ?

La situation sanitaire et la crise économique ont fait que c’était difficile pour moi de rentrer en France, c’est pour cela que je suis revenu en Grèce. J’ai parlé avec des clubs, mais ça ne s’est pas fait. Je sortais déjà d’une saison blanche, le mercato arrivait à sa fin presque de partout en Europe, sauf ici, où il restait une semaine et il fallait que je trouve un club qui me permette d’avoir du temps de jeu.

En France, on connait beaucoup moins Panetolikos que l’Olympiakos. Quelles sont vos premières impressions sur votre nouveau club ?

C’est un club familial et bien structuré qui se situe dans une petite ville. Je pense que c’était le challenge idéal pour retrouver du plaisir sur le terrain.

Vous aviez reçu d’autres offres ? En France peut-être ?

J’ai discuté avec plusieurs clubs français, surtout Brest, qui était vraiment chaud. Mais c’est difficile parce qu’ils prennent un peu peur quand les joueurs ont un CV assez large et il y a la question du salaire en période de crise. D’autres se sont posés des questions par rapport à mon temps de jeu et au fait que j’étais libre.

Comment avez-vous vécu ces six derniers mois depuis la fin de votre contrat à Antalyaspor ?

C’était difficile mais j’avais déjà vécu ça à Sivasspor où je n’avais pas prolongé (en juillet 2019, ndlr). A ce moment-là, je voulais déjà revenir en France parce que ça faisait longtemps que je m’en étais éloigné. Ma première expérience m’a servi la deuxième fois, j’étais préparé et je savais que j’allais retrouver un club dans la dernière semaine de mercato.

Quel regard portez-vous sur vos passages à l’Olympiakos et au Lokomotiv Moscou, deux grandes institutions en Grèce et en Russie ?

J’étais bien en Grèce, je vivais une belle vie de famille, c’est là qu’est né mon premier enfant. L’Olympiakos, c’était le top. Comme Athènes, Moscou est une grande ville mais mon expérience là-bas s’est très mal passée avec le changement de staff. Pour retrouver le plaisir du terrain, j’ai dû partir à Sivasspor, une petite ville qui rendait les choses difficiles au niveau familial. Je n’ai pas eu la chance de beaucoup voir mon deuxième enfant, ça m’a fait très mal.

En termes de ferveur populaire, vous avez été gâté avec la Grèce, la Turquie et la Russie…

Oui, surtout en Grèce et en Turquie, les gens sont à fond dans tout. Ces deux pays ont une vraie culture foot et les ambiances dans les stades sont très spéciales. La Russie m’a moins impressionné, les stades sont très grands mais c’était plus calme, même quand il s’agissait des derby.

Delvin Ndinga (à gauche) avec Arthur Masuaku (au centre) et Mathieu Dossevi (à droite) après un succès contre Levadiakos dans le championnat grec (Photo : Icon Sport)

« Ce que les gens ne savent pas, c’est que je n’avais pas très envie de signer à Monaco »Delvin Ndinga

Avant cela, l’AS Monaco vous fait venir pour l’opération remontée en Ligue 1. Mais vous n’y faites qu’un an…

Ce que les gens ne savent pas, c’est que je n’avais pas très envie de signer à Monaco. Quand l’AJA est descendue en Ligue 2, je voulais soit trouver un club de Ligue 1 soit rester à Auxerre pour aider le club à remonter. Mais le club avait des problèmes d’argent, la DNCG mettait la pression, il avait besoin de vendre sinon il serait descendu en National ou en CFA. Il fallait 5 millions pour équilibrer le budget et étant donné que j’étais le joueur avec la valeur marchande la plus élevée, je suis parti à Monaco. Je l’ai surtout fait pour que le club puisse rester en Ligue 2 mais je ne regrette pas non plus mon choix, l’ASM est un très bon club.

Quelles étaient vos relations avec Claudio Ranieri ?

Très bonnes. Au début, il ne connaissait pas trop les joueurs que faisaient venir Tor-Kristian Karlsen, le directeur sportif de l’époque. Mais il a fait du bon travail, c’est grâce à lui aussi que j’ai vraiment travaillé mes aptitudes mentales. Avec Ranieri, si tu n’es pas bon tu ne joues pas, le nom sur ton maillot ne compte pas. Tu es obligé de te remettre tout le temps en question sur tes performances et être à fond, j’en garde une très bonne expérience.

Recruté par Monaco en 2012, l’international congolais (51 sélections) ne passera réellement qu’une saison sur le Rocher. S’en suivront des prêts à l’Olympiakos (2013-2015) et au Lokomotiv Moscou (2015-2016). (Photo : Icon Sport)

Dans un entretien accordé au site de l’AS Monaco en 2012, vous révéliez que vous auriez pu travailler dans le domaine de la pétrochimie. Racontez-nous cela ?

En effet, c’était ça ou la médecine parce que je me débrouillais pas trop mal aussi à l’école. J’ai grandi avec mon oncle qui était ingénieur en télécommunication chez Total et il nous poussait beaucoup avec mon cousin vers les études. Je pensais vraiment travailler en pétrochimie ou en médecine mais le destin a fait que je suis devenu footballeur (sourires).

Cela vous passionne toujours ?

Un petit moins, c’est un secteur qui requiert de longues études et une grande connaissance. Avec l’âge, tout ce que j’ai connu, la famille… est-ce que j’aurais le temps de m’y remettre ? Je pourrais mais ce serait compliqué, les formations demandent du temps.

« Finir à Auxerre que ce soit en Ligue 1, en Ligue 2 ou dans n’importe quelle division serait vraiment un plaisir pour moi »Delvin Ndinga

Lors du 8e tour de la Coupe de France, l’AJA va recevoir l’OM à l’Abbé-Deschamps, une première depuis 2012 et cette défaite (3-0). Vous en souvenez-vous ?

C’était mon deuxième contre l’OM avec l’AJA, j’avais joué mon premier contre eux à l’Abbé-Deschamps. Je me souviens des matches contre Marseille parce qu’à chaque fois qu’on les croisait, je me blessais et je manquais le match (sourires).

Cette lourde défaite en mai 2012 reste encore aujourd’hui l’avant-dernier match qu’a joué l’AJA en Ligue 1. La relégation, un souvenir douloureux ?

Bien sûr, elle va rester dans les archives, mon nom est là, à côté de la relégation d’Auxerre en 2012. C’est une tâche qui fait partie du métier mais elle fait mal car c’est dur de voir le club encore en Ligue 2.

Vous avez encore beaucoup d’attaches avec le club et la ville d’Auxerre ?

Depuis que je suis parti, j’ai toujours suivi le club et regarder des matches de l’AJA. J’ai des amis qui y travaillent encore et j’ai un petit peu investi à Auxerre où ma famille est basée. C’est une ville tranquille où je sais que je ne vais pas être embêté. Je suis content de voir que la saison se passe bien pour eux et on va continuer de prier pour la remontée en Ligue 1.

Pourriez-vous revenir à Auxerre dans la mesure où le club retrouverait l’élite ?

Oui, j’y pensais quand je traversais ma période difficile. Je disais à ma femme qu’après la fin de mon contrat à Antalyaspor, j’appellerai Cédric Daury (le directeur sportif d’Auxerre) et le président pour leur dire que c’était peut-être le moment pour moi de revenir aider le club. Je l’ai fait un peu tard, en novembre et l’effectif était déjà complet. Je n’ai pas forcé les choses mais j’y pense d’autant plus que je vais recommencer à jouer régulièrement. Je suis un petit peu fatigué de voyager donc je me dis que c’est peut-être le moment. Finir à Auxerre que ce soit en Ligue 1, en Ligue 2 ou dans n’importe quelle division serait vraiment un plaisir pour moi.

Delvin Ndinga à la lutte avec Mohamed Sissoko (PSG) le 4 décembre 2011 en Ligue 1. (Photo : Icon Sport).

 

Recueillis par Thomas Gucciardi