Interview

Patrick Cordoba : « Mon expérience me permet de travailler à plusieurs postes »

30/09/2020 à 18:31

Après une saison sans club, Patrick Cordoba, coach passé par l'OGC Nice, l'AC Ajaccio, le FC Istres ou encore le GF 38 est à la recherche d'un nouveau poste. Il a nous donc parlé de son parcours et de ses ambitions pour les années à venir.

Patrick, vous avez passé une année sans club. Pourquoi ?

Je n’ai pas trouvé de club après mon départ de l’OGC Nice, et j’ai eu des difficultés à retrouver un poste. En plus de ça, le départ en septembre ne nous a pas arrangés pour trouver une retombée. Mais ce n’est pas très grave. Je suis parti en Mauritanie pour travailler pour une académie et en Espagne pour réaliser un stage au sein du Real Madrid. C’était vraiment deux super expériences. On y est allé en tant que représentant du syndicat des entraîneurs et ça consistait à parler de la formation.

C’était une expérience très enrichissante ?

Oui, c’est certain, car on voit de quelle manière les pays travaillent dans la formation. Je connaissais déjà le milieu espagnol de par mes origines et les stages que j’avais déjà fait. Je suis allé à Barcelone, Valence, Madrid, pour voir comment fonctionnent les clubs en Espagne. C’est une autre dimension. Au niveau travail, ça ressemble beaucoup à la France, mais c’est plus structuré et il y a énormément de personnes derrière les joueurs. Ils ont des nutritionnistes, des préparateurs, et les gamins sont vraiment accompagnés dans tous les domaines, que ce soit sportif ou extra-sportif.

Vous êtes passé par de nombreux clubs et centres de formation dans votre carrière ?

Effectivement, je suis passé par Nice, Grenoble, Ajaccio, et Istres. Avec une mention spéciale pour le GF 38. Avec les peu de moyens qu’on avait, on a quand même réussi à sortir deux champions du monde (Giroud et Thauvin), ainsi que Sofiane Feghouli, champion d’Afrique. On n’avait pas la plus grosse structure du pays, loin de là, mais on travaillait avec nos moyens, sans recruteur, ni préparateur. Et le plus important, c’était de les faire jouer, ce qu’on a fait et ça a payé. Je dis toujours que quand on veut sortir un joueur et l’amener au plus haut niveau, il faut lui donner sa chance et le laisser prouver sur le terrain. À Istres également, où on a mis en place un vrai centre de formation avec des chambres pour loger les joueurs etc… On avait placé le club au même niveau que des institutions professionnelles et c’était magique.

« ‘J’applique la règle des trois P, c’est-à-dire, la Possession, la Profondeur et le Pressing »

Vous avez donc une grosse expérience en ce qui concerne la formation ?

On peut dire ça ! Les structures se ressemblent mais chaque club a ses particularités et ses manières de travailler. Lors de mes passages, j’ai travaillé de la même manière dans presque tous les centres. Au niveau de l’encadrement, tout dépend des moyens du club. Donc, vous imaginez qu’à l’OGC Nice, le travail est plus poussé. On bossait beaucoup sur les animations de jeu, les transitions et aussi sur le plan mental.

Si je fais le tour de tous les clubs dans lesquels je suis passé, c’est à Nice qu’il y avait la meilleure structuration. Mais ce n’est pas pour autant que l’OGC Nice va sortir plus de joueurs professionnels de son centre de formation. Ce qui compte, c’est aussi la qualité de la formation et encore une fois la manière dont on donne la chance aux joueurs. Il faut aussi leur donner les bases d’un footballeur de haut niveau : une bonne hygiène de vie, de la rigueur, de l’exigence et de la discipline. J’ai connu presque toutes les catégories et il faut aussi avoir une grosse pédagogie. On ne parle pas de la même manière à un joueur de 17, qu’à un joueur de 19-20 ans. Et tout ça passe, bien sûr, par l’expérience acquise dans tous les clubs où je suis passé.

Plus personnellement, quelle est votre philosophie de jeu ?

De par mes origines espagnoles, j’aime bien le jeu de possession. Moi, j’applique la règle des « trois P ». C’est-à-dire, la Possession, la Profondeur et le Pressing. En gros, à la perte de balle les joueurs doivent réaliser un pressing très haut pour ensuite reprendre la possession. Dès que le ballon est tenu, il faut jouer la profondeur. Ça paraît difficile mais ce n’est pas très compliqué. C’est une des choses qui m’a aussi marqué au Gym. Le discours des coachs et la philosophie étaient la même pour toutes les équipes de la préfo’ à la formation et je pense que c’est très important que les joueurs ne perdent pas le fil de catégorie en catégorie.

Vous recherchez un poste dans un domaine particulier ?

Non pas vraiment, je suis ouvert à tous types de propositions. Mon expérience me permet de travailler à plusieurs postes. J’ai entraîné dans de nombreuses catégories, mais j’ai aussi été formateur et recruteur. C’est un poste qui me plaît particulièrement, car j’aime aller repérer, voir les matchs. En plus de ça, quand on n’avait pas de moyens, il fallait aller sur le terrain pour chercher les joueurs. C’est une vraie passion que j’ai depuis longtemps et j’ai envie de vivre du football. Au moment de chercher un poste cette année, la crise sanitaire a beaucoup freiné les clubs à recruter. Je reste donc positif, et je pense bien qu’un coup de téléphone arrive un jour. Il faut être actif, se montrer, et les postes arriveront j’en suis certain.

Crédit photo : OGC Nice Médias