National 2 (A)ITW

Marvyn Belliard (Ste-Geneviève) : « J’ai beaucoup travaillé pour en arriver-là »

08/04/2020 à 12:16

La carrière footballistique de Marvyn Belliard a connu un puissant coup d'accélérateur ces derniers mois. Après avoir passé des années à faire trembler les filets des terrains franciliens sous les couleurs de Linas-Montlhéry, l'ailier de 27 ans a démontré, avec Sainte-Geneviève, qu'il pouvait être tout aussi performant au niveau National. Rencontre avec l'actuel sixième meilleur buteur (12 réalisations en 18 matches cette saison) de tous les championnats de N2 réunis !

Marvyn, quel a été votre parcours avant d’arriver à Sainte-Geneviève ?

J’ai pris ma première licence à Longjumeau à l’âge de 5 ans. J’y ai joué jusqu’en moins de 13 ans première année, avant de rejoindre l’ESA Linas-Montlhéry. Puis, j’ai pris la direction de l’US Palaiseau en U19 DH, mais il n’y avait pas une super ambiance, les gens n’étaient pas très motivés, donc deux mois après je suis retourné dans ma ville d’origine à Longjumeau, où j’ai terminé la saison. Durant l’été, je suis retourné à Linas-Montlhéry pour jouer avec les U19, mais j’ai finalement directement intégré les séniors en PH, et j’ai participé à toutes les montées du club jusqu’en R1 !

Quel était votre rapport au foot dans votre jeunesse ?

J’ai toujours voulu en faire mon métier. J’ai été beaucoup courtisé en jeunes, j’ai fait plusieurs essais au sein de clubs professionnels et j’ai même eu des contrats sous les yeux, mais j’ai été malchanceux. Tout cela ne s’est jamais concrétisé…

Pourquoi ?

Je n’étais pas forcément entouré de bonnes personnes. Ils ont plus pensé à eux qu’à moi…

Chez les séniors, vous n’avez découvert le niveau national qu’à vos 26 ans, pourquoi pas avant ?

Quand on marque entre 15 et 25 buts chaque saison, on a forcément des sollicitations. Peut être qu’en raison de mes expériences passées, et parce que les propositions que je recevais ne me correspondaient pas forcément, j’ai eu du mal à faire confiance et à m’engager sans cette peur de faire le mauvais choix.

Et comment s’est concrétisée votre venue à Sainte-Geneviève ?

À la trêve de la saison dernière, Sainte-Geneviève s’est intéressé très tôt car ils anticipaient un départ probable de Jayson Papeau (qui a signé à l’Amiens SC en avril 2019, NDLR). Et, dans le même temps, j’ai été en contact avec Le Havre. Il y a eu des échanges concrets, ils ont fait un peu trainer et cela ne s’est pas fait. Peut être que le gap R1/L2 était trop grand… Donc, avec les personnes qui m’entourent, on a fait le choix de partir pour Sainte-Geneviève (en janvier 2019, NDLR) afin de prouver qu’en National 2 je pouvais être aussi performant.

Passer du Régional 1 au National 2 a impliqué beaucoup de changements dans votre quotidien ?

Oui, l’hygiène de vie n’est plus la même : la charge de travail, l’alimentation, le repos… Je suis passé de deux entraînements hebdomadaires à Linas-Montlhéry à, généralement, trois ou quatre séances à Sainte-Geneviève. Pour réaliser de bonnes performances, c’est nécessaire. J’avais déjà de bonnes habitudes donc l’acclimatation s’est faite facilement, et puis surtout j’ai l’envie !

Et sur le terrain ?

C’est différent aussi c’est sûr. Le niveau est tout simplement plus élevé. Tactiquement ce n’est pas la même chose, j’ai dû adapter ma manière de jouer, jouer de façon plus intelligente. J’ai énormément progressé sur ce point, mais je pense avoir encore une marge de progression dans de nombreux domaines.

« Aller jusqu’au bout de mes limites »

Marvyn Belliard Jayson Papeau
Marvyn Belliard aux côté de Jayson Papeau, la saison dernière.

Tout de même, force est de constater que votre adaptation a été très bonne en National 2 avec 15 buts en 26 matches depuis votre arrivée en janvier 2019. Comment l’expliquez-vous ?

Je n’arrive pas à réaliser, pour moi ce n’est pas assez. J’ai toujours envie de plus. J’ai beaucoup travaillé pour en arriver-là. Il est vrai aussi que je suis tombé dans un groupe où tout le monde s’entend bien. C’est un super club ! Il est très facile de s’y adapter. Il faut juste savoir y saisir sa chance quand on est sur le terrain.

Ce sens du but a toujours été en vous ?

Oui, et on m’a toujours vu comme un buteur. Pourtant, quand j’étais plus jeune, je me voyais plutôt comme un passeur-dribbleur étant donné que j’évolue sur l’aile. Pour marquer autant de buts il faut du travail ! En dehors des séances, je continue de bosser et il m’arrive même de mettre mon petit frère dans les cages (rires).

Quel est votre rapport avec le coach Emmanuel Dorado ?

Le groupe m’a donné le statut du chouchou ! (rires) Je m’entends bien avec lui. Il me fait confiance et il me le dit souvent. C’est sûr qu’il est plus facile de jouer sur le terrain quand tu es libéré et que tu as la confiance du coach.

Quelles sont vos ambitions pour la suite de votre carrière ?

C’est simple : aller le plus haut possible ! Je veux aller jusqu’au bout de mes limites.

Le parcours de Jayson Papeau, bien qu’il soit un peu plus jeune, doit vous inspirer ?

Oui, et c’est même un parcours qui doit inspirer de nombreux footeux ! La trajectoire de Joris Correa est toute aussi intéressante : il a su faire de sa saison à Sainte-Geneviève un tremplin pour aller plus haut ensuite (à Chambly en N1 en 2018-2019, puis il a signé pro 3 ans a Orléans, NDLR). En plus, même si nos caractéristiques de jeu sont différentes, on marque tous les deux beaucoup et j’ai un positionnement comparable au sien (ailier ou second attaquant, NDLR) ! On ne va pas se mentir : il est dur de réussir dans le foot, surtout en région parisienne où il y a beaucoup de concurrence… Alors, pour y parvenir, il faut tout simplement beaucoup travailler. Pour ce qui est de mon avenir, mon agent discute avec des clubs de niveau supérieur. Moi, je suis concentré sur mon travail, je lui laisse faire le sien… Enfin, et cela me tient à cœur, j’aimerais aussi jouer plus haut car j’ai pour ambition de découvrir la sélection martiniquaise !

Crédit Photo : Sainte-Genviève SF