FémininesDivision 1

Zineb Ben Aissa (Olympique de Pantin) : « Il manque juste un peu de coordination »

22/11/2019 à 15:30

Engagée cette saison dans le championnat de D1, la formation féminine de l'Olympique Pantin réalise ses premiers pas dans cette compétition. Découverte de leur gardienne de but, en l'occurrence Zineb Ben Aissa qui nous parle de cette saison et de son riche parcours dans le football à ce poste spécifique.

Zineb, que pensez-vous de ce début de saison dans ce nouveau championnat ?

Il est très compliqué, nous n’avons pas encore remporté de succès sur le terrain (ndlr : mis à part une victoire acquise par forfait) et nous sommes dans une phase où l’effectif est nouveau, on doit donc apprendre à mieux se connaitre, à se faire confiance sur le terrain en étant bien placées et également coordonnées, en étant à l’écoute de l’autre sans s’énerver. Nous n’avons pas encore mis de but sur le terrain, en ayant réalisé un seul match nul en étant dans une pente descendante, on essaye donc à l’entrainement de se trouver plus facilement malgré les difficultés actuelles. Avant la fin de cette phase aller, nous sommes malheureusement dans le bas de tableau avec un manque de confiance dans l’équipe, ce qui joue dans le mental de chacune mais on ne va rien lâcher jusqu’au bout.

Surtout que vous démarrez tout juste dans ce championnat ?

En effet, c’est notre première saison à 11 donc on savait que ce serait compliqué, en ayant perdu des joueuses de la saison passée. C’est donc à nous de nous adapter et de coordonner tout cela, maintenant l’objectif de début de saison qui était la montée en régionale est remis en question, en apprenant plutôt à apprendre à se connaitre et d’évoluer ensemble afin de limiter la casse. On a encore une dizaine de matchs à jouer, on sait que rien n’est joué même si on démarre mal la saison, on ne lâchera rien toutefois jusqu’à la fin de cet exercice.

Vous concernant, vous êtes gardienne de but. Comment est venue cette vocation ?

J’ai connu le foot très jeune grâce à mon père qui était dedans en travaillant avec de grands joueurs, ceci a commencé à la cour de récré où le seul poste pour une fille était les cages, j’y allais donc au départ par dépit en montrant toutefois étant petite sur le terrain que j’avais certains talents. En grandissant, en arrivant dans mon premier club on m’a demandé quel était mon poste et en répondant attaquante ou gardienne de but, on m’a mis dans les cages comme c’est tellement rare d’en trouver (rires).

C’est un poste spécifique par rapport aux autres, avec un rôle différent ?

Il y a cet amour des gants et des cages que je ne saurais expliquer précisément, savoir que sur le terrain ils sont dix contre dix et que lorsqu’ils arrivent devant tes cages c’est toi seule avec l’adrénaline de savoir quelle réaction avoir, comme le plongeon, la lecture de la trajectoire du ballon ou son placement, en plus de pouvoir prendre la balle avec les mains (rires). Gardienne est le rôle le plus important, le but étant de la mettre au fond des cages il faut savoir être réactive et attentive à ce qui se passe sur le terrain, avec sa vision globale du jeu.

Vous avez donc commencé tôt à taper dans le ballon ?

J’ai commencé très jeune dans le 20ème à l’école, un grand du quartier m’a demandé par la suite de s’inscrire dans un club. Au début je n’avais pas vraiment les moyens de m’inscrire pour la licence, je jouais donc dans mon quartier comme on a la chance d’avoir des terrains gratuits. Je me retrouvais à jouer tous les jours et le week-end, même si mes sports de base étaient le basket et le hockey, où j’étais en club avec l’école. J’ai déménagé par la suite dans le Sud du pays, où j’ai pu me développer vers Gap en ayant dans un club avec des séances spécifiques, c’est vraiment là où j’ai préféré rester dans les cages, malgré le fait que sur le terrain je mettais des buts.

Comment avez-vous atterri finalement à l’Olympique de Pantin ?

C’est grâce à Mahamadou Konate la saison passée, je connaissais déjà ce club par rapport à des gens qui y évoluaient en habitant pas très loin. Il recherchait des éducateurs, ayant déjà évolué en tant que coach dans des précédents clubs je l’ai suivi en étant son adjointe avec les U19, où j’ai pu vraiment apprendre spécifiquement les bases chez des garçons âgés concernant la gestion de groupe pour les tenir, travailler sur les séances, le rythme soutenu imposé. La saison passée on visait la montée, on l’a obtenu et cela part de là le fait de démarrer dans ce club en tant que gardienne, comme le club en recherchait une pour les féminines. Au début de saison, leur première coach avait refusé comme leurs entraînements se déroulaient en même temps que les nôtres, ensuite le nouvel entraîneur qui est toujours Etienne m’a permis de rejoindre ce groupe en effectuant donc une double montée avec ces deux équipes.

Et comment cela se passe à ce niveau cette saison ?

C’est un nouveau défi donc je n’ai pas repris d’équipe, je m’étais mise en tête de viser le régional avec les filles. Est-ce que l’objectif change, je ne sais pas encore en sachant que j’ai mes deux licences de joueuse et dirigeante. Chaque coach peut compter sur moi lorsqu’ils ont un souci ou qu’il faut soutenir les équipes, même pour effectuer la touche ou autre je suis présente. En espérant toutefois qu’avec mon équipe on est juste sur une descente et que l’on va vite retrouver la surface pour quitter ce bas de tableau avec les féminines, en espérant que les autres équipes du club puissent monter en régional ou dans les divisions au-dessus. Force à nous, on y arrivera avec le soutien des encadrants et des seniors, concernant notre équipe il manque juste un peu de coordination car le niveau est présent.

Propos recueillis par Farid A.