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Hervé Ebanda (CFFP) : « L’académie apportera plus de possibilités aux jeunes »

27/03/2020 à 13:04

Hervé Ebanda a été nommé à la présidence du Centre de Formation de Football de Paris en février dernier. Ce dernier nous présente ses ambitions et le projet d'académie du club.

Quel a été votre parcours avant d’arriver à la présidence ?

J’ai connu le CFFP il y a quelques années déjà, à la fin de ma carrière de joueur. Je passais les diplômes d’entraîneur et un ex-coéquipier m’y a fait venir. J’ai laissé une bonne impression et j’ai pu voir le potentiel du club en tant qu’entraîneur. J’étais resté un an à l’époque. J’y suis revenu un peu plus tard pour prendre en charge une équipe en U17, et puis ça a matché avec l’ancienne direction…

« On m’a poussé vers la présidence »

On vous a alors confié plus de responsabilités ?

Le club a connu quelques déboires sur la saison 2018-2019 avec notamment le Paris FC à qui nous avons accepté de céder nos installations à Orly. Personnellement, je pense qu’il fallait se battre avec nos moyens pour les garder. L’ancien président Marc Piant (fondateur du CFFP en 1985, NDLR) m’a demandé de l’aide, il a voulu s’appuyer sur moi pour lancer un nouveau projet. Je me suis retrouvé responsable technique en fin de saison dernière. J’avais un vrai projet, on m’a demandé de le développer. On m’a poussé vers la présidence pour avoir plus de possibilités et de crédit. Ce n’est pas mon parcours qui m’a amené à ce degré de responsabilités, mais plutôt ce que j’ai emmené.

Et quelles sont vos nouvelles responsabilités en tant que président ?

D’abord de rétablir un dialogue clair avec la Mairie de Paris qui est notre principal soutien, ce n’est pas négligeable. On y a présenté notre projet, maintenant il faut le mettre en action. Le football est en train de redevenir la priorité du club, ce qui n’était plus le cas sur les deux-trois dernières années. Le football c’est des cycles et on arrivait en bout de cycle. On vivotait sur notre passé, mais la réalité c’est qu’à côté de chez nous il y a d’autres clubs qui travaillent extrêmement bien. On veut redevenir très attractif avec une véritable identité, des méthodes de travail qui nous sont propres et des partenaires qui adhèrent aussi à notre projet. Très modestement, je change les priorités et l’orientation du club.

Pouvez-vous revenir sur cette fin de cycle au CFFP ?

C’était peut-être un problème structurel sur les deux ou trois dernières années. Il a fallu redistribuer le travail pour que chacun reste dans son rôle.​

« Offrir aux joueurs des possibilités d’insertion professionnelle »

CFFP Herve-Ebanda

Et quel est le projet que vous comptez mettre en place ?

C’est un double-projet en lien avec notre situation géographique et les joueurs que l’on encadre. Il est très tourné football de part notre identité, mais il est également scolaire. En effet, l’idée est aussi d’offrir aux joueurs des possibilités d’insertion professionnelle et notamment dans les métiers du football : analyste vidéo, agent, recruteur, etc. C’est quelque chose de déjà effectif car je me suis entouré de personnes ayant ces compétences. Le CFFP a fait rêver beaucoup de jeunes. Nous n’avons pas d’équipe sénior donc nous assumons une politique de formation revendiquée. Elle évoluera à court terme c’est certain. On veut offrir un avenir aux jeunes dans le football, soit en tant que joueur, mais cela ne sera pas le cas pour tout le monde, soit dans les métiers du football en leur faisant passer des diplômes.

Quels sont les grands changements à venir ?

Les partenariats c’est nouveau au CFFP : on n’a jamais vu de panneaux publicitaires au bord des terrains. Cela fait partie de la nouvelle dynamique à donner. On arrive avec quelque chose de très professionnel. Après c’est bien de le dire, mais il faut le mettre en oeuvre et il y aura encore des obstacles. Seul, on ne peut pas avancer mais je suis bien entouré : Michel Pastural, expert-comptable et Quentin Duquenne responsable de la communication à l’international m’accompagnent dans le développement de la structure. Claude Anelka, qui dirigeait la PSG Academy à Miami, est avec moi sur la partie football aux​ États-Unis, etc. On veut faire savoir que le CFFP n’est pas mort. Il faut encore rassurer les familles qui pour certaines ont perdu confiance dans le club, après le déménagement notamment.​

« Les éducateurs ont été les premiers à croire en ce changement »

Cette saison, le club a quelques bons résultats en jeunes…

On a une équipe d’éducateurs très impliquée. Alhassane Cissé en est le responsable. Il est expérimenté. Malgré les difficultés, nos éducateurs ont répondu présents et je les remercie. De là, nous sommes parvenus à en tirer des générations solides. Que ce soit les U14, premiers de leur championnat de Régional 1, les U15, qui reviennent bien, mais aussi les U12 et U13. Mais le football ça se joue aussi dans les têtes et on a vu que quand le club était en souffrance, les joueurs souffraient eux-aussi. Il fallait du changement et ce changement s’est manifesté par un nouveau président, une nouvelle direction, un nouveau bureau. Les éducateurs ont été les premiers à croire en ce changement, ils n’ont jamais baissé les bras.​

Quand sera lancée l’académie du CFFP ?

Dès la saison prochaine avec des entraînements multipliés pour les joueurs de l’académie. Mais le club reste le club… L’académie ne représentera pas l’élite du CFFP, mais apportera simplement plus de possibilités aux jeunes pour atteindre leurs objectifs.​

Quels joueurs pourront y accéder ?

Tous les licenciés du CFFP, mais elle aura un coût financier que nous sommes encore en train de définir. On veut être transparent avec les familles. Il sera possible d’ajouter ou enlever des modules donc on pourra s’adapter à chacun. L’idée est d’inscrire nos jeunes dans des cycles avec une finalité après U18 comme nous n’avons pas de catégorie sénior.​ ​

Photo Une : Hervé Ebanda tout à droite, Marc Piant tout à gauche

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