InterviewNational 2

Aderito Moreira (Lusitanos St-Maur) : « L’ambition d’aller en National »

01/04/2021 à 12:42

On poursuit aujourd’hui notre rubrique un jour-un club avec Aderito Moreira, Manager Général de l’US Lusitanos Saint-Maur, actuellement 6eme du groupe B de National 2 (avec un match en retard) au moment de l’arrêt des championnats. Il revient pour nous sur le flou qui entoure le championnat de N2 et sur sa façon d’aborder son métier.

Aderito Moreira, quels sentiments vous animent après l’annonce de la saison blanche par la FFF et l’absence de décision pour le National 2 ?

Cela pèse très lourd sur le mental et même si c’est notre travail, nous sommes un peu démotivés. On s’attendait vraiment à avoir une décision qui allait définitivement pouvoir régler ce problème et c’est désolant de voir que la Fédération continue de nous faire attendre. Il faut peut-être chercher les raisons du côté de la National 1 afin de trouver une explication. J’imagine qu’ils ne veulent pas que la fin de ce championnat se retrouve avec des matchs tronqués.

On vous sent désabusé …

Oui car ils n’ont pas été corrects. Il y a un réel manque de respect vis-à-vis de ce championnat de N2. De notre côté, nous faisons tout pour que l’on soit en règle. Il n’y a pas une semaine sans faire de tests afin de respecter le protocole sanitaire. Encore la semaine dernière on les a fait et aucun n’était positif. Il ne faudrait pas oublier que nous avons des joueurs sous contrat.

Pouvez-vous nous parler de votre groupe aux Lusitanos justement ?

Nous avons un groupe assez homogène, composé à la fois d’anciens qui ont connu ce niveau-là et de plus jeunes. qui le découvrent. C’est un groupe qui est bon dans l’état d’esprit. Ils ont tous la soif d’apprendre et le fait d’avoir 17 joueurs d’expérience apporte un plus avec de la sérénité dans tous les domaines, que ce soit dans le respect bien entendu, mais également dans le fait d’être conquérant. Tout cela peut amener l’équipe à jouer le haut tableau, et personnellement en tant qu’entraineur, j’ai toujours essayé d’avoir cet état d’esprit dans mes groupes.

« Il y a des choses à prendre mais aussi d’autres à laisser »Aderito Moreira

Justement, avez-vous des modèles qui ont influencé votre travail ?

Il n’y a pas de modèle particulier mais une façon de travailler, de réfléchir. Dès qu’il y a quelque chose qui m’interpelle chez un entraîneur, j’essaye de faire une sorte d’analyse afin de comprendre où il veut en venir, que ce soit sur l’identité de jeu, l’attitude… J’aime m’intéresser aux parcours, aux caractéristiques, c’est ça qui me parle, après je fais le tri car il y a des choses à prendre mais aussi d’autres à laisser.

Ce travail, je le fais aussi à notre niveau régional. Quand je vois une équipe évoluer entre deux matchs dans un sens comme dans l’autre, ça m’intéresse et je vais échanger avec l’entraîneur en question. C’est très important de pouvoir échanger et j’en ai eu l’occasion avec des coachs de haut niveau. Des Perrin, Toni du Benfica ou encore Valdo. J’ai eu la chance de les voir au travail et c’est comme ça qu’on évolue.

Etes-vous quelqu’un d’ambitieux ?

Tout à fait, j’ai l’ambition d’entraîner au dessus et ce n’est pas les relations et les contacts qui ont manqué à un moment donné. Cela ne s’est vraiment pas joué à grand-chose. Mais aujourd’hui, je peux prétendre à aller au dessus avec les Lusitanos. On a l’ambition d’aller en National et pourquoi pas voir plus loin. Tous les clubs qui sont partis d’en bas et qui sont arrivés en Ligue 1, sont bien partis de quelque part.

Quand on arrive à un niveau, on stabilise le club, l’équipe, les résultats et on peut ensuite prétendre à aller dessus. Je me souviens très bien de Sedan qui était parti de CFA et aujourd’hui, on voit Bastia qui repart d’en bas et qui remonte. Je ne vois pas pourquoi un club comme Lusitanos, qui a de l’ambition, ne pourrait pas le faire. Il ne faut pas avoir peur et être gêné de le dire clairement. Un club comme les Gobelins devenus Paris 13 Atletico en est actuellement un bon exemple. Ce n’était pourtant pas un club qui avait une grosse réputation en seniors mais ils ont su se donner de l’ambition. Et après, s’il y a les moyens, tant mieux.

« Le football en Ile-de-France est plus individuel »Aderito Moreira

Quelles sont les particularités du foot en Ile-de-France d’aujourd’hui ?

Il y a de plus en plus de jeunes qui partent à l’étranger et ce championnat de N3 géré par régions peut en être une des explications car c’est un football qui commence à peser lourd au niveau psychologique. On ne visite plus les régions, ne changeons plus d’air, et restons entre nous. Je constate aussi que c’est un football plus individuel, les joueurs essayent de briller par eux même plus que par équipe. On perd l’esprit club et c’est un vrai changement, qui se banalise malheureusement. Il y a un gros travail à faire par les entraîneurs à ce sujet, mais aussi du côté des soi-disant conseillés et pseudo agents.

Préparez-vous déjà un peu la saison prochaine ?

Tant que la FFF ne nous annonce pas réellement si la saison s’arrête ou pas, on ne peut pas anticiper. C’est compliqué de se projeter. Sur le recrutement par exemple, on est bloqué. Il y a des joueurs dans le même championnat que nous qui peuvent être intéressés de nous rejoindre et qui sont susceptibles de nous intéresser, mais on ne peut pas engager de discussions avec eux par respect pour les autres clubs. C’est toujours bien d’entretenir une bonne relation entre les clubs

Je vous laisse le mot de la fin Aderito Moreira.

Avec tout ce qui se passe dans le monde, comment ne pas penser à toutes ces personnes qui aujourd’hui n’ont plus rien. Que les dirigeants du monde entier apportent la paix, car elle enlève la pauvreté et amène la joie.

Propos recueillis par Reynald Trunsard

☟ CONTINUEZ VOTRE LECTURE ☟