EntretienFoot Entreprise

Aude Lambert (US Nett) : « Le Foot Entreprise offre de belles opportunités ! »

13/09/2018 à 16:30

Lorsque l'on parle Foot Entreprise, Aude Lambert n'est jamais très loin ! Ce passionné est tombé dedans il y a près de 22 ans. Arrivé à l'US Nett alors que l'équipe était en district, il a participé à l'essor du club qui a gravi les échelons jusqu'au plus haut niveau régional (R1), auquel il s'est maintenu entre 2016 et 2018. Malgré la descente en R2 cette saison, ce coach diplômé du BMF n'en reste pas moi motivé pour redresser le club de la société de nettoyage marseillaise ONET, un comble pour un supporter du Paris Saint-Germain...

Pourquoi vous êtes-vous si rapidement tournés vers le Foot Entreprise ?

Je suis originaire de Guadeloupe et lors de mon arrivée en métropole il y avait selon moi une mauvaise mentalité en district. Ce n’était pas aussi bien structuré qu’aujourd’hui, il y avait beaucoup d’histoires de bagarres à la fin des matches. C’était une période compliquée, ça ne me plaisait pas. De son côté, le Foot Entreprise m’offrait une forme de convivialité, avec un bon esprit entre joueurs, adversaires et arbitres, mais aussi un bon niveau de football. Je me suis rapidement pris au jeu !

« Proche du foot du dimanche au niveau technique »

Quelles sont les principales différences entre le Foot Entreprise et le football du dimanche ?

Les différences se sont réduites au fil des années. Un travail phénoménal a été réalisé par les dirigeants dans le football amateur du dimanche. Aujourd’hui, on a de très bons matches de district, ça se passe très bien même s’il y a toujours quelques exceptions. Dans le même temps, le Foot Entreprise a gardé son côté convivial tout en élevant son niveau avec l’arrivée d’anciens pro, de joueurs de N2 et N3. On s’est rapproché du football du dimanche au niveau technique, mais physiquement ce n’est pas le cas.

Qu’est-ce qui attire ces anciens pro et semi-pro ?

Ce sont des joueurs qui ont généralement eu une longue carrière et qui souhaitent poursuivre à un bon niveau, mais avec moins de contraintes. En Foot Entreprise, c’est 3 entraînements grand maximum par semaine, et le plus souvent c’est 2, plus le match le samedi. Il y a donc moins de contraintes, moins de préparation physique.

Pouvez-vous nous présenter votre club, l’US Nett ?

De fil en aiguille, on a monté un club avec des garçons qui ont progressé. Je récupère beaucoup de jeunes délaissés par le football du dimanche, qui n’ont pas la possibilité d’y jouer à un bon niveau. On a côtoyé l’élite, on a fait de bonnes performances en coupe. Des victoires en coupe du 93 et Inter-dom, des finales en coupe de Paris. On s’est pris au jeu et on est devenu ambitieux. Le club grandit et se structure : on a un entraîneur diplômé, des arbitres formés… On a 60 licenciés pour deux équipes seniors. Pour le moment, on ne veut pas aller au-delà.

« Notre meilleur joueur a signé ce été aux Gobelins en National 3 »

Quelles sont les ambitions cette saison pour le club ?

On vient de descendre en Régional 2 alors bien entendu on espère remonter, mais il faut déjà se soigner dans les têtes. On veut d’abord redonner le plaisir de jouer au football aux garçons, du plaisir aussi à venir aux entraînements et à être ensemble. Mais pour cette nouvelle saison, on fera sans notre meilleur joueur, Yonel Raddas (Ndlr : sur la photo le 3ème en bas en partant de la droite), qui a signé aux Gobelins en National 3.

Cela prouve qu’il y a un très bon niveau en Foot Entreprise…

Oui bien sûr, les équipes de Régional 1 Foot Entreprise ne recrutent que des joueurs de niveau N3, R1 ou R2 du dimanche. Ludovic Sylvestre, qui jouait la saison dernière au Red Star en National 1 (23 matches), a signé à l’AS Orange France Issy en Foot Entreprise (R1).

Pourtant, le Foot Enterprise semble sous-médiatisé…

C’est dans les mœurs… C’est le foot du dimanche qui compte. C’est normal, on l’accepte. Le foot féminin a aussi pris une place énorme dans le paysage footballistique. Le Foot Entreprise a toujours été un peu délaissé par les instances. C’est pourquoi on fait un gros travail avec les dirigeants du Foot Entreprise pour y remédier. On doit trouver la place que l’on mérite en termes de médiatisation. On a quand même la chance d’avoir en région parisienne les meilleures équipes de l’hexagone !

Un dernier mot ?

Si des joueurs sont à la recherche d’un challenge leur permettant d’ailier compétition, vie de famille et vie professionnelle, ils ont à leur disposition un parfait compromis avec le Foot Entreprise. On a quand même une équipe de France qui joue chaque année un tournoi international à Monaco. On a aussi l’opportunité de côtoyer d’anciens joueurs professionnels et certains clubs de R1 offrent des infrastructures que beaucoup d’équipes de National 2 voudraient avoir. Pour exemple, la Banque de France a un complexe digne d’une équipe pro, avec 3 terrains dont 1 pelouse sur laquelle s’entraînent également les féminines du PSG (Ndlr : championnes de France en titre). Le Foot Entreprise offre vraiment de belles opportunités !

Propos recueillis par Julien Guibet.

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