Interview

Sandy Paillot (FC Fleury 91) : « Je ne peux m’en prendre qu’à moi-même »

06/08/2020 à 17:03

Rencontre avec Sandy Paillot (33 ans), défenseur central du FC Fleury 91 en National 2. L'ancien joueur de l'Olympique Lyonnais, de Grenoble ou du Paris FC revient sur son parcours, du monde pro aux championnats amateurs, et ses ambitions avec le club floriacumois !

Quel regard portez-vous sur votre carrière ?

Très sincèrement, j’espérais faire mieux au vu du début. Je ne suis pas mécontent car avec tous les problèmes de santé que j’ai eu, j’ai fait au mieux. Je suis content, à 33 ans, de continuer à jouer et de me faire plaisir. J’ai des regrets, j’ai fait des mauvais choix et je ne peux m’en prendre qu’à moi-même et d’un côté ce sont des choses qui m’ont aidé à grandir. Je suis content de la vie que j’ai actuellement. J’ai pu rencontrer plein de monde et c’est très intéressant. En 2008, j’ai aussi connu les six premiers mois avec les pros de l’Olympique Lyonnais (où il a évolué de 1995 à 2009, NDLR), avec la Ligue des Champions ce sont de beaux souvenirs…

Vous avez véritablement découvert la Ligue 1 -et la Ligue 2- avec Grenoble, quels souvenirs en gardez-vous ?

Un très bon souvenir, une très bonne période pour moi. Nous avions réussi à accéder à la Ligue 1 (en 2008) pour la première fois de l’histoire du club et de l’arrivée du Stade des Alpes. La ville nous suivait. Nous avons été déçus de ne pas continuer à jouer dans cette division car nous avions une belle équipe, mais nous sommes descendus (2010). Certains matches au début n’ont pas tourné en notre faveur et la suite a été catastrophique, mais j’en garde un très bon souvenir. Il y avait beaucoup d’espoir à notre arrivée en Ligue 1. On aurait pu faire quelque chose de mieux en s’inscrivant dans la durée. Nous avions une belle équipe avec des joueurs qui ont fait de belles carrières comme Sofiane Feghouli, Florian Thauvin ou Alaixys Romao.

Vous avez bien connu le championnat de National avec Épinal, le Paris FC et Cholet. Comment le voyez-vous évoluer ?

C’est un championnat très difficile. À mon poste par exemple, le niveau est moins exigeant qu’en Ligue 1, mais plus contraignant. Il y a plus d’efforts à faire, de combativité. La ligue 2 se rapproche du National et c’est un championnat très relevé. Il y a beaucoup de jeunes qui viennent de centre de formation qui ne percent pas et qui arrivent dans cette division et percent. On peut les retrouver ensuite en Ligue 1 ou à l’étranger…

Vous êtes aujourd’hui joueur de la National 2 du FC Fleury 91. Comment est le niveau en quatrième division ?

C’est un championnat très difficile où il faut être premier pour monter en National. Il y a 7-8 équipes qui jouent la montée voire plus chaque année. Les équipes qui montent s’en sortent bien en National.

Et l’objectif avec Fleury est de retrouver le National ?

J’aimerais bien. C’est un objectif même s’il n’est pas forcément affiché. Aujourd’hui, nous avons une très belle équipe avec beaucoup de joueurs qui ont joué en Ligue 2 et beaucoup de très bons jeunes venant de la formation de Fleury. La région parisienne est une réserve de nombreux talents. Les dirigeants de Fleury se donnent les moyens d’aller à l’étage supérieur.

Pensiez-vous revenir en Ile-de-France après votre passage au Paris FC ?

Ce n’était pas prévu, mais j’avais beaucoup aimé Paris. Sachant que je suis de Lyon à la base, c’est accessible en TGV. J’ai gardé ma famille à Lyon. Paris est une ville que j’aime bien. J’étais très heureux de revenir quand j’ai eu la proposition de Fleury (en 2019). J’ai aimé tous les clubs par lesquels je suis passé, même si je n’ai pas toujours vécu dans des villes flamboyantes, mais c’était sympathique. Je ne pense pas avoir été assez courageux pour partir à l’étranger. Jouer en France me convenait bien !

À quel moment avez-vous pensé à la reconversion ?

J’y ai pensé rapidement avec le dépôt de bilan de Grenoble. Je suis resté six mois au chômage. C’est à ce moment-là que je suis descendu en National. Je me suis dit qu’il fallait que je regarde autour. Quand je suis arrivé à Épinal, je me suis laissé deux ans pour remonter et retrouver le haut niveau. Il y a eu des choses qui ont fait que je n’y suis pas arrivé. Vers 25-26 ans, j’ai commencé à me passionner pour plein de choses, j’ai toujours été curieux de choses en dehors du foot. J’ai lancé une société avec un ami de mon petit frère il y a 5 ans sur Lyon. J’ai investi un peu dans l’immobilier et la bourse. Je peux faire plein de choses. Mon père va sortir un livre sur le football, je vais lui éditer. Je ne veux pas m’enfermer dans quelque chose, je veux toucher à tout. Je ne pense pas que je resterais dans le football après. Tout peut changer je pense. J’ai fait le tour. Le coaching ce n’est pas pour moi et les métiers autour du foot, non plus. Je garderai néanmoins un bon souvenir du foot. Après tout peut arriver, mais pour le moment, cela ne me vient pas à l’esprit.

Propos recueillis par Nicolas Cotten.