InterviewCoupe du Monde Féminine 2019

Charlotte Bilbault « On a aussi un objectif de rendre les gens heureux »

25/05/2019 à 10:56

La parisienne Charlotte Bilbault (28 ans) mais barangeonnaise de cœur fait partie des 23 joueuses retenues par la sélectionneuse Corinne Diacre pour disputer la Coupe du monde de football en France du 07 juin au 07 juillet 2019. Elle est revenue sur cette compétition qui va aider au développement de son sport, sur la préparation et sur ses débuts footballistiques. La France va vivre au rythme du football féminin pendant un mois et Actufoot sera leur premier supporter !

Quelle a été votre réaction à l’annonce de votre nom le 02/05 dernier ?

Une immense fierté de voir mon nom sur la liste surtout que c’est ma première compétition internationale. Donc je suis très contente de faire partie de cette sélection.

« c’est un honneur, une fierté de jouer devant notre public »

Comment sentez-vous le groupe avant de jouer cette Coupe du Monde en France ?

Tout le monde a envie de disputer une coupe du monde. Tout le monde est vraiment déterminé. Nous sommes impatientes de commencer la compétition. Il y aura un engouement national exceptionnel. Le public sera présent aussi. A nous de montrer une belle image de cette sélection. On va essayer d’entamer du mieux possible cette compétition.

Pas trop de pression de jouer à la maison ?

Non, c’est un honneur, une fierté de jouer devant notre public. Que les supporters français, les petits garçons et les petites filles puissent connaître le foot féminin. C’est très important que la Coupe du Monde puisse se jouer en France.

Un avis sur votre groupe constitué de la Norvège, Nigeria et Corée du Sud ?

Tous les matches seront compliqués. Le principal sera de remporter le titre. On a des objectifs, des ambitions. On jouera match après match. On verra au fur et à mesure de la compétition.

Avez-vous déjà à analyser leur jeu ?

Non pas encore. Nous sommes en mode préparation. On travaille athlétiquement. Pour l’instant, ce n’est à l’ordre du jour avec deux matches amicaux à bien préparer. Il ne faut pas brûler les étapes même si inconsciemment, on y pense. Dans un premier temps, il est important de bien bosser pour être prêt le jour J.

« On espère montrer notre meilleur visage et aller le plus loin possible »

Dans un article de FranceBleu (05/03), il était marqué que vous étiez la fierté du Berry. Ça doit vous toucher ?

Oui comme toutes les filles qui sont en sélection, on sait d’où on vient. Pour ma part, le football dans le Val de Loire est en progression. C’est une immense fierté, un immense honneur. Je vais essayer de représenter du mieux possible ma région, mon département, ma ville.

La victoire en 2018 de l’équipe de Deschamps vous donne-elle des idées ?

Nous sommes là pour travailler. Notre staff est de temps en temps en communication avec le staff des garçons mais on ne va pas tout copier.

Par cette Coupe du Monde en France, espérez-vous une meilleure couverture médiatique du football féminin ?

On sait très bien que beaucoup de personnes vont assister aux matches. Il va y avoir un engouement exceptionnel. A nous de montrer de belles images, les valeurs que peuvent représenter le football notamment. On espère faire une belle compétition, montrer notre meilleur visage et aller le plus loin possible. On a aussi un objectif de rendre les gens heureux car ils vont venir au stade en famille, en clubs. Donc c’est à nous de les faire rêver.

« Dans le club amateur, tout le monde joue avec ses armes et forces »

Revenons à vos débuts. Racontez-nous votre parcours footballistique ?

J’ai commencé à l’âge de 5 ans au football dans la région Centre, à Vignoux-sur-Barangeon. Mon papa était éducateur et mon frère jouait au football aussi. Dans la cour de récré, je jouais avec les garçons. Pendant les réunions de famille, je jouais aussi avec les cousins. Petit à petit, j’ai fait mes classes comme ça. A l’âge de 15 ans, j’ai intégré le CNFE de Clairefontaine (2006-2007) ou j’ai aussi intégré les sélections de l’équipe de France (-17 ans, U19, U20, espoirs, équipe B et A). Puis j’ai commencé à jouer en D1 à l’âge à 16 ans et demi avec Clairefontaine pendant un an. Après je suis parti à Soyaux, à Nord Allier Yzeure, 4 ans à Montpellier. Je suis revenu à Soyaux en 2014 pour une année. Et j’entame ma 4ème saison au Paris Football club.

Vous avez pratiqué aussi l’athlétisme mais pourquoi avoir choisi le football ?

Oui j’avais essayé tous les sports (athlétisme, tennis, équitation). Mes parents étaient très ouverts à plusieurs disciplines. Ils m’ont toujours laissé le choisir le sport ou je prendrai le plus de plaisir. J’ai jonglé avec plusieurs sports. Mais avec les devoirs, ce n’était plus possible, j’ai dû choisir un sport et mon choix s’est arrêté sur le football. Et jusqu’à maintenant, je pense que je ne me suis pas trompé.

« Le président Pierre Ferracci a fait un super centre de formation »

Quelles sont les principales différences entre le foot amateur et professionnel selon vous ?

Ce n’est pas la même chose. Les infrastructures, les moyens ne sont pas les mêmes. Les compétences, les qualités sont les mêmes. C’est différent car plusieurs domaines rentrent en compte. Dans le club amateur, tout le monde joue avec ses armes et forces. Mais le plaisir reste le même.

Avec Juvisy et aujourd’hui le PFC, vous aviez envie de connaître la capitale ?

Pas forcément (sic), j’ai envie de tout découvrir. Après Soyaux, c’est Marinette Pichon (ex-internationale française et directrice de Juvisy) qui m’a contacté, elle était intéressée par mon profil. Etant à Soyaux, je voulais me relancer et avoir du temps de jeu. Soyaux m’a fait confiance et m’a permis d’arriver là où j’en suis maintenant. J’ai signé à Juvisy par la suite. Ça été bénéfique car je suis en sélection et participe à la Coupe du Monde cet été.

Le PFC se donne les moyens pour être le 2ème club de la capitale. Est-ce que vous sentez le club grandir depuis votre arrivée ?

Oui bien sûr. Récemment il y a eu la construction d’un centre de formation à Orly avec les garçons et les filles dans le même complexe. Il y a 1 bâtiment dédié aux garçons, 1 dédié aux filles et au milieu, une salle pour se réunir, une salle de musculation, etc. C’est exceptionnel, il n’y pas beaucoup de clubs avec ces conditions de travail en France. Le président Pierre Ferracci a fait un super centre de formation. Pour l’avenir des filles, c’est juste énorme.

Vous avez un petit gabarit (1,68m). Comment faites-vous pour vous faire une place au milieu ? Quelles sont vos qualités ?

J’essaie de répondre dans l’impact physique, dans l’agressivité. J’aime le box to box. J’aime bien aller aux duels.

A votre club le PFC, vous a terminé à la 5ème place. Que pouvons-nous vous souhaitez pour l’année prochaine ?

Un meilleur classement (sic) et essayer de titiller les équipes de devant.

L’ogre Lyonnais est-il vraiment difficile à suivre ?

On sait que le groupe de Lyon est constitué d’internationales françaises ou étrangères. L’équipe joue ensemble depuis longtemps. Leur palmarès est amplement mérité. C’est le travail qui paie. C’est un gros club, une belle équipe mais sur un match, tout est possible. Sur la régularité, c’est un peu plus compliqué.

 

Propos recueillis par Farid Rouas

Crédit photo : Cahiersdufootball.net