ITWL'invité

Jean Michel Badiane « On met des barrières où il y en a pas »

24/05/2017 à 18:21

C'est avec sincérité que Jean Michel Badiane s'est prêté au jeu de l'interview pour Actufoot. L’ancien joueur du PSG a accepté de se confier sur notre média.

Pourquoi avoir accepté notre demande d’Interview ?

J’ai bien apprécié la démarche, le football amateur est trop éloigné du football professionnel par certains et ça ne devrait pas être le cas. Moi, j’ai vécu de très bons moments dans le monde amateur. Il y a beaucoup de choses qui devraient nous rapprocher plutôt que le contraire.

Pouvez-vous vous présenter ?

J’ai commencé à l’âge de 8 ans à Neuville sur Oise. Comme j’étais convalescent à cause d’une blessure, je n’ai pas joué longtemps dans ce club. Et à 9 ans, j’ai intégré l’équipe de jeunes du PSG. C’est un oncle qui m’a amené sur le bord du terrain (qui a été joueur pro en Ligue 2 à Louhans Cuiseaux) car il était invité pour des entrainements. Pour passer le temps, j’ai ramené un ballon pour faire des gammes. Le responsable m’a repéré et m’a proposé de faire des entrainements et faire un match avec la catégorie. J’ai demandé l’autorisation à mes parents et j’ai dû faire 2 entrainements et 1 match pour signer ensuite.

Le PSG a été votre premier club professionnel ?

C’était mon club de cœur. Le rythme était soutenu par 3-4 séances par semaine. Étant arrivé très jeune, grâce au niveau d’exigence du PSG, j’ai réussi à suivre le rythme de l’INF Clairefontaine (3 ans).

Quel a été votre plus beau souvenir au PSG ?

Il y en a tellement, tout mon parcours au PSG. Le PSG est décrit de l’extérieur un peu froid, arrogant. Mais c’est tout le contraire. Je suis toujours très bien accueilli. J’y suis comme chez moi. Même si Paris est vecteur de pas mal de choses, il était important de garder cette mesure en plus de l’éducation donnée par mes enfants.

Avez-vous gardé contact avec des anciens du PSG ?

Les emplois du temps de chacun sont très chargés mais ça peut arriver. Mais ce n’est pas évident. Je suis toujours en contact avec certains. Dernièrement j’ai revu notamment Pancrate, Mendy, Pauleta et Yepes.

J’ai beaucoup de plaisir à revoir aussi les magasiniers, jardiniers que je connais depuis plus de 15 ans.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de persévérer dans le football ?

Je suis originaire du Sénégal, le rapport avec le football est très fort. Et ma mère vit le football comme personne. Elle ne rate jamais un match à télé.

Donc c’était une évidence mais il faut intégrer le degré d’exigence, des choix à faire (préparation importante), une jeunesse différente par rapport aux copains.

J’ai voulu me donner les moyens pour tenter de réussir de devenir professionnel. Mes parents ont faits aussi des sacrifices. C’était un vrai projet familial !

Comment jugez-vous le football amateur ?

En fait, ça me pose problème. On différencie trop les 2 footballs. La passion, l’ambition, la compétence de l’éducateur devrait être la même. On met des barrières où il n’y en a pas. Il ne faut pas commencer à former un joueur à 25 ans.

En quoi le football a-t-il changé depuis votre époque ?

Il a changé … le monde a changé aussi. Le visuel est plus problématique. Les jeunes s’émancipent beaucoup plus qu’avant. Ils ont plus beaucoup de responsabilités qu’avant. A mon époque, il y avait des cadres (Dehu, Pauleta, Yepes). Aujourd’hui, je peux comprendre le joueur qui n’est pas bien accompagné. Le football est très populaire et tout le monde veut donner son avis.

Parlez-nous de votre reconversion chez SFR Sport ?

Je m’entrainais tous les jours dans l’espoir de trouver un club, de rejouer au foot. Mais j’ai été invité à l’émission LE VESTIAIRE. Le feeling est bien passé, pas de langue de bois, j’aimais bien le concept. Le directeur de la production m’a proposé de commenter un match anglais. J’ai commencé avec beaucoup de plaisir, j’ai su m’adapter et c’est très enrichissant au quotidien.

Je ne peux pas commenter un match anglais comme un match portugais ou comme un match chinois.

Ça demande beaucoup de précision et de travail. Je n’ai pas pour habitude de reculer devant un obstacle !

Si je vous dis CSKA Moscou vous pensez à quoi ?

Malgré la défaite au match aller (en Ligue des Champions contre le CSKA de Moscou), ça été une superbe expérience en Ligue des Champions. Moi j’étais resté sur la défaite, mais j’ai pu voir la résonance de mon match auprès de mes copains, à Vauréal, dans les commerces.

Quel conseil pour devenir pro ?

Il y a plusieurs choses à prendre en compte. Les moyens intrinsèques du joueur, les capacités du joueur à aller chercher sa progression et le travail !

Ensuite, la vie est remplie de rencontres et d’opportunités…

 

Propos recueillis par Farid Rouas