ITWFootball Féminin

Jérôme Vandendyck (ST BRICE FC ) « le projet est vraiment basé sur la structure, son organisation et la qualité du travail »

20/11/2020 à 10:26

Un peu dans l'ombre de son homologue masculin, le football féminin se développe et c'est une catégorie importante au club de St Brice FC comme dans d'autres clubs de la région parisienne. En cette période sans football, c'était l'occasion de faire un bilan avec le responsable Saint Bricien de la section féminine Jérôme Vandendyck. Entretien !

Dans quel état se trouve le football féminin au St Brice FC ?

C’est encore une jeune section car c’est réellement notre 3ème année avec une structure organisée et structurée, nous sommes passé d’une quinzaine de licenciées il y a 4 ans à une soixantaine aujourd’hui de U16f à 18f avec 3 éducateurs qui m’accompagnent dans le projet. Nous avons le soutien du club que d’ailleurs, je remercie et j’arrive à faire passer mes idées dans l’intérêt de la section. La progression est constante depuis 3 années et le projet est vraiment basé sur la structure, son organisation et la qualité du travail. Nous sommes une petite ville donc le vivier n’est pas grand alors il faut bosser sans relâche pour fidéliser nos joueuses et tenter de faire parler de nous en bon terme pour pouvoir chaque année agrandir notre section mais je suis confiant et certain que nous allons dans la bonne direction.

« le club ne peut malheureusement apporter aucune réponse pour la suite »

 

Quelles sont les conséquences de ce 2ème confinement ?

Nous avons clairement été coupés dans notre élan ! Nous avons repris depuis la mi-août et une dynamique c’était enclenché dans toute la section, il va falloir la relancer à la reprise en espérant ne pas perdre d’éléments comme ça a été le cas lors du premier confinement ou nous avons perdu quelques joueuses. Ce confinement va nous faire également perdre du temps dans notre planification annuelle, après deux mois d’arrêt si nous avons la chance de reprendre en janvier, il faudra s’adapter et faire attention à l’intensité des séances pour éviter les blessures. C’est également difficile pour les joueuses qui se trouvent privées de football sans perspective de reprise ainsi que pour le club, qui ne peut malheureusement apporter aucune réponse pour la suite.

Comment préparez-vous le retour sur les terrains ?

Pour le moment, on patiente, c’est compliqué de se projeter sur une éventuelle date de reprise car réellement nous n’en savons rien et cela rend la chose encore plus compliquée , je communique un peu avec les parents, j’ai demandé à ce que les enfants gardent le contact avec le ballon mais sans faire de défis comme nous avons pu le faire lors de la première période de confinement mais en réalité c’est hyper frustrant nous avons trop été privés des terrains cette année et nous ne pensions pas devoir de nouveau être à l’arrêt. En tout cas, je commence déjà à préparer la suite notamment les inscriptions dans divers tournois en espérant que nous puissions en faire un maximum jusqu’à la fin de saison et profiter un peu des quelques mois restants.

« une fille où un garçon doit pouvoir bénéficier de la même qualité d’encadrement »

Le football féminin est sur la bonne voie. Que faut-il faire pour le développer encore plus ?

Effectivement, le football féminin se structure et progresse d’année en année, cependant je trouve que l’on manque encore de manière générale d’organisation et d’ambition dans nos projets. De mon avis, il faut sortir un peu et je parle chez les jeunes notamment de ce côté foot féminin loisir où je viens passer un moment avec mes copines et je repars, il faut garder un petit peu cela, c’est important. Mais nos joueuses progressent et sont de plus en plus demandeuses. Nous devons nous adapter et proposer des contenus plus « football » pour les fidéliser et surtout les faire avancer dans le bon sens sans avoir peur d’imposer une rigueur et une exigence dans le travail toujours dans leur intérêt. L »encadrement doit également évoluer en termes de compétences et ça les clubs doivent le comprendre. Une fille où un garçon doit pouvoir bénéficier de la même qualité d’encadrement et malheureusement ce n »est pas forcément le cas partout et c’est dommage car il y a vraiment une forte demande à exploiter.

« le sport ne fait pas partie des priorités en France »

Comment faut-il faire pour sortir le football amateur de la crise actuelle ?

On ne peut pas toujours demander aux acteurs de clubs de trouver les solutions, nous nous sommes adaptés aux contraintes imposées à la reprise et je pense que globalement les clubs ont joués le jeu malgré les difficultés logistiques, financières et autres. Je pense tout d’abord que l’écoute doit venir du haut et les acteurs du sport notamment amateurs ont été insuffisamment écouté depuis le début de la crise. Je pense que nous aurions pu apporter des solutions mais hélas le sport et je ne parle pas uniquement du football a clairement été mis de de côté, ce qui traduit de mon avis et je pense que beaucoup de mes collègues éducateurs vont être d’accord avec moi que le sport ne fait pas partie des priorités en France, je peux le comprendre mais je le regrette fortement. Pour revenir à la question, des aides financières seront je pense indispensables ainsi qu’un accompagnement de nos instances pour faire à face cette crise. Mais la majorité des solutions viendront du terrain grâce à l’investissement sans faille des acteurs des clubs qui vont devoir malgré tout s’adapter car les années à venir seront certainement compliquées mais nous tiendrons bon, j’en suis persuadé !

 

Propos recueillis par Farid Rouas