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Noam Emeran, un talent hors du commun, hors des frontières !

25/05/2019 à 11:30

Sensation de la saison après celle de l’Ajax en Ligue des Champions, Noam Emeran (né en 2002) est mancunien depuis janvier dernier à 16 ans, un talent incroyable et rare. Le néo Mancunien qui a commencé au FC Brussels en Belgique puis a joué à Sannois Saint Gratien et à Amiens SC, va jouer dans le théâtre de ses rêves, le stade d’Old Trafford. Entretien exclusif !


Son père Fritz Emeran (franco-rwandais), ancien pro au Stade Rennais, FC Malines, RC Genk, FC Brussels entre autres lui a donné très tôt des idées « Depuis tout petit, je regarde le football, et comme c’était le métier de mon père, ça m’a poussé à en faire mon métier aussi ».
Des débuts au FC Brussels et « des souvenirs inoubliables, on était petit et on avait un coach qui nous rendait heureux et on rentrait toujours avec le sourire » nous rappelle Noam.

« atteindre mon objectif, être footballeur professionnel »

L’appétit vient en mangeant et Noam décide de prendre déjà une première forte décision dès l’âge de 9 ans « j’ai quitté ma mère et mon frère pour rejoindre mon père. Je me suis dit que ça serait plus facile d’atteindre mon objectif d’être footballeur professionnel en revenant en France plutôt qu’en restant en Belgique ».
Une décision qui va aussi changer la vie de son ancien coach Jordan Borie, entraîneur de l’Entente SSG durant 8 années (un des meilleurs clubs formateurs de la région parisienne) à l’époque qui va connaître Noam « pendant 4 ans en U10, U12, U13, U14. De U12 à U14 je l’ai surclassé avec les 2001 ».

Tout de suite, le courant va bien passer entre ces 2 passionnés du ballon rond, comme nous l’explique Noam « c’est avec lui que j’ai évolué le plus longtemps à Sannois. Je tiens à le remercier car il a toujours eu confiance en moi. Et il m’a mis dans de bonnes conditions ».

« Noam a toujours bien supporté la pression »

Noam était gourmand d’ambition « la période d’adaptation a été rapide. Le niveau était plus technique et plus physique qu’en Belgique. » mais surtout avec « un caractère de compétiteur » nous précise Jordan.

Jordan qui partage avec nous une anecdote amusante « vu qu’il a grandi en Belgique, Noam avait certaines expressions ou des façons de dire certaines choses différentes de chez nous. C’était assez marrant et au début les autres joueurs et moi, on ne comprenait pas forcément ce qu’il disait. Je le chambrais souvent avec ça ».

Plus sérieusement, pour son ancien coach à St Brice depuis 2017 (club aux 850 licenciés), son esprit de compétiteur n’a rien de surprenant car le papa de Noam « était très exigeant, étant un ancien pro, il connait les exigences pour arriver au haut niveau donc il a toujours été très exigeant avec lui, tout comme moi d’ailleurs. Noam a toujours eu besoin de ça pour se surpasser ».

Le premier rôle d’un éducateur en pré-formation est de transmettre sa passion, du plaisir, des bases et parfois on rencontre des jeunes à fort potentiel et Jordan se rappelle « dans cette génération 2002, nous avions beaucoup de joueurs très doués avec des profils différents. Donc le plus doué, je ne sais pas mais il a par contre, toujours été en avance mentalement. Il a toujours bien supporté la pression ».

Cette faculté va l’aider tout au long de sa jeune carrière…Après l’INF Clairefontaine où il a passé « 2 très belles années avec Jean Claude Lafarge. Il m’a aidé à peaufiner mon jeu, ma technique. Si j’y suis là aujourd’hui, c’est aussi grâce à ce passage à Clairefontaine », et ses 6 années dans le Val d’Oise (de 2011 à 2017), il prend la direction d’Amiens, « c’était un choix réfléchi en famille. C’était le meilleur choix pur moi ».

Ayant comme objectifs, apprendre, progresser et réussir, ce changement n’a pas été « impressionnant car pour s’imposer, il faut passer par là. J’ai écouté les coaches, les conseils de mon père pour gravir les échelons. J’ai été surclassé de U16 à U17 et ensuite de U17 à U19, en milieu de saison. Physiquement, c’était difficile au début mais c’était très vite réglé. J’ai réussi à m’adapter très rapidement ». Un jeune au mental impressionnant qui est nécessaire pour franchir les étapes d’une carrière qui n’est jamais linéaire.

« Manchester United, je ferai tout pour ne pas les décevoir »

À peine arrivé qu’il est déjà parti, Noam a toujours cette soif de découvrir le must et continue de se faire remarquer par « son esprit travailleur » et son efficacité « dans les moments clés des matchs » nous rappelle son ancien coach de l’ESSG.

Une seule saison dans la Somme convainc Manchester United, club de Sir Ferguson, Beckham, Cantona et Ronaldo de miser sur le gamin de 16 ans. Et oui, après la France, Noam est convoité par le club le plus grand puissant du monde, rien que ça. « Il y a eu de jolis noms mais j’ai fait ce choix. J’ai choisi ce club par rapport à ce qu’il pouvait m’apporter, comment il pouvait me faire grandir » nous a soufflé Noam en toute simplicité.

Le Manchester United créé en 1878, club historique au palmarès le plus fourni du football anglais, ayant remporté à vingt reprises le championnat anglais, 3 Ligues des Champions, 1 coupe des coupes, 1 ligue Europa entres autres.

Ce club « qui a confiance en moi. Je ferai tout pour ne pas les décevoir » et on peut le croire sur paroles Noam au vu de son parcoursjusqu’à aujourd’hui.

Le parfum du championnat anglais qu’il ne sentira que la saison prochaine, car il est blessé (fissure du ménisque) mais il a pu se faire une idée de son nouveau club devant la télé avec le match retour de Ligue des Champions contre le PSG, un match qui « s’est joué au mental, Manchester en voulait plus, a été persévérant et a été très efficace » a observé Noam.

Que manque-t-il à Noam..si ce n’est de reprendre le chemin des terrains complètement rétabli avec peut-être le maillot rouge avec le numéro 7 sur les épaules comme le jour de sa signature avec le club mancunien, car « c’est un numéro légendaire que j’affectionne beaucoup » et de continuer à porter le maillot de l’équipe de France (déjà sélectionné en U16), une « fierté et un honneur d’être sélectionné. Ça m’a permis de rendre heureux mes proches. Mais aussi tous les éducateurs qui ont compté jusqu’à maintenant ».

Encore un futur talent percutant aux portes de l’Equipe de France A, championne du Monde en titre !

Propos recueillis par Farid Rouas