Reportage

Roissy-en-Brie, la pouponnière

28/11/2019 à 14:57

Le club seine-et-marnais, qui a vu éclore Paul Pogba, brille en matière de pré-formation. Passé maître dans l’art de promouvoir de jeunes talents, il leur offre la possibilité d’évoluer dans un climat propice à leur épanouissement. Gros plan sur une étonnante réussite.

Pogba et ses frères ont ouvert la voie. Aujourd’hui, leurs héritiers tentent d’emprunter ce même chemin vers la gloire. Pour le grand bonheur de Sambou « Bijou » Tati, ancien éducateur de l’US Roissy-en-Brie devenu président en 2009. Le club seine-et-marnais s’offre ainsi le luxe de ne plus recourir aux traditionnelles détections. « Notre vivier se trouve déjà ici, explique Sambou, comblé. Actuellement, on a un petit creux, mais la génération 2007-2008 est prometteuse… » On n’exagère à peine, mais dans cette ville de près de 28 000 habitants, les pépites se ramassent parfois à la pelle.

Sambou Tati tempère cependant les ardeurs : « si les jeunes viennent chez nous, c’est d’abord parce qu’ils aiment le foot ! Et contrairement à ce que certains peuvent penser, ce n’est pas l’aspect économique qui nous obsède, mais le projet éducatif. »

« A 6 ans, ils baladent leurs adversaires »

A Roissy, l’école prime sur le foot. Mais l’amour du ballon rond reste fort et tous les éducateurs (drivés par Mamadou Diouf, le directeur technique) font leur maximum pour que les jeunes pousses locales s’épanouissent. Rejetant fermement l’étiquette « d’usine à champions », le club est pourtant l’un des rares de la région à avoir ouvert une section « baby foot » pour les enfants âgés de 4 ans. « Ce sont les parents qui étaient demandeurs, tient à préciser le boss de l’USRB. On les sensibilise doucement avec des jeux ludiques. A 6 ans, au moment de leur première licence, on voit la différence, car ils baladent leurs adversaires. »

De l’audace, du travail et du flair, tels sont les ingrédients utilisés par le club pour entretenir sa réputation de pouponnière. Avec évidemment en tête de gondole Paul Pogba, qui a joué à Roissy de 6 à 13 ans. En 2016, son transfert mirobolant à Manchester United (105 M€ + 5 M€ de bonus) a permis à son club de cœur d’engranger la bagatelle de 400 000 € d’indemnités de formation ! Un véritable jackpot qui n’a pas fait tourner les têtes. « On a acheté du matériel et des mini-bus, confie sobrement Sambou Tati. Le reste, on l’a mis de côté. »

Isimat-Mirin, Stanley Nsoki et bientôt… Kylian Mbappé ?

A un degré moindre, Nicolas Isimat-Mirin (Toulouse) et Stanley Nsoki (Nice) font également briller les couleurs roisséennes en Ligue 1. Mais la saison passée, c’est un gamin de 12 ans qui a offert l’occasion à l’US Roissy de refaire parler d’elle. Très doué, ce garçon possédait la particularité de se prénommer Kylian et de se nommer Mbappé. Si, si, comme son illustre aîné du PSG ! Une incroyable homonymie qui a permis au club de faire le buzz. Cette saison, le petit Kylian a rejoint Torcy, le grand voisin. Comme un certain Pogba en 2006. A Roissy, l’histoire pourrait bégayer avec bonheur.

Crédits Photos : Stanley Studio 77

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