InterviewNational 3

W. Longuet : « C’est facile de tirer sur l’ambulance mais la vérité est souvent autre »

29/01/2020 à 14:11

Sans club depuis son départ du FC Saint-Leu (National 3), William Longuet ne serait pas contre un nouveau projet d’entraîneur. L'ancien coach val-d'oisien a accepté de donner de ses nouvelles !

William, depuis votre départ de Saint-leu en novembre dernier, que devenez-vous ?

Merci de prendre de mes nouvelles. Effectivement, le temps passe très vite car depuis trois mois je n’exerce plus aucunes fonction dans le foot, si ce n’est de jouer avec mes amis vétérans au Claye-Souilly SF le dimanche matin.

Comment occupez-vous vos week-end ?

Depuis mon arrêt, j’ai d’abord pris un peu de repos car je n’ai pas eu réellement de coupure à l’intersaison suite à l’annonce tardive de notre montée en National 3 avec Saint-Leu. Dorénavant, j’occupe mon temps entre mes loisirs et ma famille et le week-end, je vais voir des matches de tout niveau : professionnel, national et régional.

Depuis votre départ de Saint-Leu, on ne peut pas dire que le choc psychologique a eu l’effet escompté ?

C’est facile de tirer sur l’ambulance, mais la vérité est souvent toute autre. Il y a une différence entre le National 3 et le Régional 1. Il faut s’y préparer ! Et ensuite s’y adapter… Cela demande beaucoup de cohésion à tous les niveaux. Pour autant, la situation du club est compliquée mais pas désespérée. Le nouveau coach ne peut pas imposer son fonctionnement d’un coup, il faut le laisser travailler. Comme je l’ai dit lors de mon départ, le comité directeur a pris une décision, il faut s’y plier. Il faut respecter les choix hiérarchiques, tout comme un joueur doit respecter les choix de son coach, et que la pyramide ne soit pas inversée. Comme dans de nombreux clubs, le président de Saint-Leu Emmanuel Lopes est le principal actionnaire de l’association. Sans lui, le club n’en serait surement pas là aujourd’hui. Il m’a fait part de sa décision et je m’y suis soumis car cela a été fait avec un respect mutuel.

On parle d’un management à l’ancienne, êtes-vous d’accord avec ça ?

Bizarrement, quand j’ai débuté on ne parlait pas d’un management à la jeune, donc c’est étrange de parler de management à l’ancienne. Mais, il est vrai que je commence à être vieux. On dit aussi que c’est dans les vieux pots qu’on fait la meilleure soupe et l’an dernier elle n’était pas si mauvaise !

Se séparer de vous après la montée de 2019 et une victoire face à Versailles, le leader invaincu en N3, a paru surprenant…

Bien évidemment que la vision externe peut paraître bizarre (sic.), mais la décision du bureau doit être acceptée. La victoire face à Versailles (1-0) m’a permis de finir sur une bonne note. J’avais commencé mon aventure avec Saint-leu à domicile par une victoire sur Saint-Ouen l’Aumône sur le même score. En terme de rhétorique littéraire, cela s’appelle une épanadiplose.

Pensez-vous que Saint-Leu va réussir à se maintenir ?

Bien entendu et je le souhaite. Les personnes au sein du club méritent d’avoir une équipe au niveau National. L’aspect psychologique et la solidarité seront des atouts majeurs dans la quête au maintien. Il ne faudra rien lâcher.

Beaucoup de joueurs sont partis. Êtes-vous surpris ?

Quand il y a un changement d’entraîneur, forcément certains joueurs sont contents et d’autres ne le sont pas. Les méthodes et les stratégies sont différentes, et heureusement !

Plusieurs clubs franciliens de N2 sont en difficulté sportive ce qui pourrait entraîner des descentes supplémentaires dans les divisions inférieures. Qu’en pensez-vous ?

À cette période, il est assez fréquent que des clubs de National 2 en Ile-de-France soient en difficulté même si cette année le nombre est plus important. Mais en général, les clubs franciliens trouvent les ressources mentales et sportives pour s’en sortir. Il est tout de même vrai que tous les clubs du N3 à la D1 doivent penser à cette éventualité de descentes supplémentaires.

Nous sommes à la fin du mercato hivernal, serez-vous sans club jusqu’à là fin de saison ?

Je n’ai pas de boule de cristal et ne sais pas de quoi l’avenir sera fait. Dans le foot, tout va très vite dans un sens comme dans l’autre. Le mercato hivernal concerne principalement les joueurs. Par contre, là où vous avez raison c’est que si un coach est nommé après le 1er février il n’aura pas la possibilité de recruter de joueur(s). Il devra composer avec l’effectif en place, ce qui constitue un travail différent.

Durant ces 3 mois, vous avez eu des contacts ?

Contact est un bien grand mot. Des échanges plutôt. On s’est renseigné, on m’a consulté mais sans plus. Vous savez, dans ce monde, on est vite oublié. Et on est souvent confronté à une réputation souvent erronée, que ce soit sur l’image ou l’aspect financier.

À votre départ de Saint-Leu, on vous annonçait au FC Gobelins (N2) et depuis votre nom a été cité dans plusieurs clubs. Qu’en est-il ?

Tant qu’on parle de moi, c’est que je suis en vie et en bonne santé, c’est déjà une sacrée chance. J’avais bien dit à vous et vos confrères qu’il n’y avait rien avec les Gobelins si ce n’est l’excellente relation que j’entretiens avec le président Frédéric Mesquita Pereira depuis plusieurs années.

Quels sont les clubs qui vous ont sondé ?

Je ne les citerais pas par respect des présidents et des collègues entraîneurs actuellement en place. Ce sont des clubs de niveau national et régional, j’ai même eu quelques clubs de district qui ont un réel projet.

Vous êtes un des coachs franciliens les plus titrés*, pourriez-vous retourner en District ?

Je le répète : le niveau n’est pas la pièce essentielle du puzzle. La priorité reste le projet sportif et social, je suis un homme de challenge et de compétition. J’aime voir les gens heureux de gagner des matches et contents de venir au stade pour vivre autour du foot.

Franchement, pourriez-vous prendre les rênes d’une équipe de niveau Départemental ?

Bien entendu. Il y a beaucoup de clubs de niveau départemental qui méritent le respect et qui ont des valeurs proches des miennes. Je n’oublierai jamais d’où je viens. Je vous rappelle que j’ai pris Drancy en 2ème division de District.

Avec les propos que vous tenez, votre place est-elle plus sur un banc ou dans la tribune ?

C’est une question que je me suis souvent posée ces dernières années. J’aime l’adrénaline du match, je suis un compétiteur dans l’âme. Mais, avec les nouvelles mentalités, je me retrouve davantage dans un rôle de relais entre le président et le coach et entre le coach et les joueurs.

Un rôle de conseiller du président, comme Leonardo au PSG ?

C’est un peu ça, mais au niveau amateur les paramètres ne sont pas les mêmes. Les finances actuelles des clubs amateurs ne permettent peut-être pas un tel poste, mais par expérience il me parait incontournable dans l’organigramme fonctionnel d’un club structuré et ambitieux. Je l’ai fait pendant deux saisons à Claye-Souilly avec une certaine réussite (Ndlr : l’équipe fanion est passée de la R4 à la R2 et les jeunes sont tous montés au niveau régional).

Un dernier mot ?

Puisque nous sommes encore dans les délais, une bonne année 2020 à votre rédaction et aux passionnés de foot !

*Montée en D1 (1, Drancy), montée en R4 (2, Drancy et Claye-Souilly), montée en R3 (2, Drancy et Claye-Souilly), montée en R2 (2, Drancy et Claye-Souillly), montée en R1 (1, Drancy), montée en N3 (2, Drancy et St-Leu), montée en N2 (1, Drancy) – Total : 11 accessions.

Propos recueillis par Farid Rouas.