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Reprise du National 2 : des clubs entre résignation et volonté d’avancer

19/03/2021 à 19:20

Autorisé à reprendre en février avant d'être à nouveau arrêté début mars, le championnat National 2 attend comme tous les autres championnats amateurs de connaître l'issue de cette saison 2020/2021 encore fortement perturbée par la crise sanitaire.

Plus le temps passe, plus les espoirs de reprise s’amenuisent du côté des clubs de National 2. « La réalité c’est qu’en décembre on a tous dit oui pour jouer de nouveau, mais sauf que là on est en mars-avril et la donne a changé », nous confie Emmanuel Dorado, coach de Sainte-Geneviève Sports, 3e de son groupe de N2. Les mois ont en effet passé et entraîné des évolutions dans les pensées des acteurs du foot. L’annonce de la reprise le 18 février a donné de l’espoir, avant le coup dur, quinze jours après, et l’annonce de la non-reprise, symbole du volte-face du Gouvernement.

« Je me plierai à toutes les exigences, en cas de reprise ou non », assure à Actufoot Podcast Olivier Szewczuk, président de l’AS Poissy, lanterne rouge de son groupe de N2. Pour le dirigeant, il n’a jamais été question de ne pas vouloir reprendre pour son club, contrairement à ce que certains clubs de haut de tableau veulent tenter de faire croire. D’ailleurs, son groupe continue à s’entraîner depuis le 1er décembre « quatre fois par semaine » tout en respectant le protocole. « Il est normal que des gens qui sont dans la première moitié veulent reprendre. Nous, on n’est pas derniers pas hasard, on est derniers parce qu’on n’a pas eu le niveau. Si on doit descendre, sportivement on descendra. Par contre se faire juger sur 9 matches, c’est un peu court quand même. Le fond même d’un championnat c’est d’aller loin. On aurait pu faire une très belle deuxième moitié de championnat. Nous, nous étions préparés pour reprendre », lance Olivier Szewczuk.

Le National 2, un championnat à restructurer ?

Si en National, les clubs se battent depuis des années, et avec plus d’insistance ces derniers jours, pour posséder le statut pro avec la création d’une Ligue 3, la crise sanitaire met en exergue des différences criantes entre les 64 équipes de N2. « Des questions se posent sur notre statut aussi. Nous ne sommes ni des professionnels ni des amateurs en fait. C’est le problème de la National 2. Il y a vraiment une différence entre les équipes de haut de tableau et de bas tableau sur le modèle économique », indique Jocelyn Fontanel, président de GOAL FC. L’ancien MDA Chasselay, qui a fusionné avec des clubs de l’Ouest lyonnais, est en N2 depuis dix ans et vise désormais l’accession en National. Il s’est peu à peu structuré et compte désormais « 10 ou 11 contrats fédéraux et 6 ou 7 CAP du Sport ». Donc quasiment la totalité des joueurs du groupe sous contrats.

« Il y a des situations extrêmement disparates au niveau des clubs de National 2. Au niveau des statuts, des budgets, des ambitions… On n’échappera pas à une réforme des championnats nationaux », appuie Christophe Fauvel, président de Bergerac. Invité cette semaine sur Razcast TV, il a été le premier à élever la voix pour indiquer qu’il ne souhaitait pas reprendre le championnat en mars de cette manière là, seulement deux semaines après l’annonce « au détriment de la santé », avant d’être rejoint par d’autres.

Du côté de Martigues (N2 C), on souhaitait évidemment reprendre mais Alain Nersessian s’est battu surtout et avant tout « non pas pour la reprise mais pour le maintien du championnat », comme il le confie chez nos confrères. Le Ministère des Sports avait en effet en novembre envoyé une directive aux clubs de N2 pour leur permettre de s’entraîner s’ils avaient des joueurs sous contrat. Autorisés à s’entraîner, certes, mais sans match. Certains clubs de N2 ont donc décidé d’interpeller les instances et cela a abouti à la décision de faire reprendre le championnat mi-février avant un nouvel arrêt.

De la résignation pour les clubs de National 2

Alors que la reprise s’apparentait à une forme de reconnaissance d’une structuration de haut-niveau, l’annonce 15 jours plus tard, après un week-end de match en retard, est venu couper l’élan des 64 formations de N2 (dont 12 réserves professionnelles, qui seules elles peuvent continuer à s’entraîner et faire des matchs amicaux). Le sentiment de résignation s’empare donc aujourd’hui des clubs. « La reprise du National 2, entre guillemets, je n’y crois plus car ils nous ont dit : « On y va puis on nous a à nouveau arrêté ». Même si ce n’est pas vrai, on a eu l’impression d’être un petit peu abandonné pendant la période électorale (de la FFF) », livre le dirigeant dans notre podcast.

Certains veulent quand même garder de l’espoir. C’est le cas de Fabien Valéri, coach du Paris 13 Atletico, interrogé par nos soins avant les annonces du Gouvernement : « Je ne suis pas décisionnaire mais moi je vis pour le football et pour jouer. Même si j’avais été dernier, cela n’aurait rien changé. Alors après c’est sûr que c’est plus facile de dire qu’il faut reprendre quand on est premier. Mais honnêtement, on ne serait pas forcément monté, on aurait pu finir 12eme, on n’en sait rien. Mais c’est évident que je suis pour le fait de reprendre. L’idée est vraiment de pouvoir rejouer au foot, c’est pourquoi on aime ce sport. Il faut que ce satané virus s’arrête et qu’on puisse revivre normalement. » Tous attendent désormais de connaître l’issue de cette saison, qui apparaît de plus en plus comme inéluctable, notamment au vu du nouveau confinement décidé dans 16 départements hier soir par les autorités.