InterviewR1

À Biguglia, l’union fait désormais la force

17/07/2020 à 15:59

Après des années de rivalité, l'Etoile Filante Bastiaise et l'Association de la Jeunesse de Biguglia ne font plus qu'un. Le Football Jeunesse Etoile de Biguglia voit le jour. Co-président avec Jean-Luc Negroni, Jean-Charles Sauli s'est confié à Actufoot sur ce choix.

Qu’est-ce-que le Football Jeunesse Etoile Biguglia ?

C’est tout simplement l’union de deux clubs qui sont sur la même commune depuis des années, à Biguglia. Ce sont deux anciens clubs. L’un a 100 ans d’existence et l’autre plus de 50 ans. Les deux stades sont à 50m. Ces deux clubs s’unissent pour passer une étape. On va se servir des forces des uns et des autres pour faire quelque chose de bien.

Cela faisait 50 ans que les deux clubs cohabitaient. Pourquoi avez-vous décidé de créer la fusion maintenant ?

On s’est retrouvé dans une situation qui n’était pas facile avec l’arrivée du Covid-19, l’arrêt des compétitions, les difficultés de boucler les budgets… Il y a aussi la volonté de la nouvelle municipalité. Ils sont venus nous voir en nous disant de voir s’il n’y avait pas la possibilité de s’unir plutôt que de disperser les forces. On a discuté entre présidents. Cela a démarré comme ça et c’est allé au bout.

Cette fusion est-elle une bonne chose ?

Pour la ville, pour les clubs et pour les jeunes, c’est une certitude, oui. C’est une bonne chose. Maintenant, il faut voir ce que nous, les hommes, nous allons en faire. C’est le temps qui nous le dira. Ce n’est pas nous dans l’immédiat. On peut comparer cela à un mariage. L’année dernière, il y a eu des mariages en grande pompe et l’année d’après catastrophe. Il y a des mariages simples qui durent 40 ans. On est dans cette situation. Il n’y a que le temps qui nous le dira.

Comment ont réagi les joueurs à cette annonce ?

Au début, ils ont été un peu surpris. C’était le derby avec un stade à côté et une rivalité sportive. On jouait pour gagner le match. Tout le monde y mettait les ingrédients d’une manière ou d’une autre, sans dépasser les limites. Sur un terrain de football, il peut toujours y avoir un mauvais coup, de mauvaises paroles qui peuvent faire dégénérer un match. Mais les joueurs voyaient bien qu’il y avait une entente avec les dirigeants qui étaient bonnes depuis quelques années. C’est surtout l’entente entre les dirigeants qui a permis de faire le grand pas. Elle était bonne depuis quelques années, même très bonne. Les joueurs ont vite compris. Puis, l’appui de la municipalité est conséquent. Même ceux qui n’étaient pas trop d’accord au début ont compris que c’était une bonne chose.

« L’entente a été exemplaire pour mener ce projet »

Comment s’est déroulé le recrutement ?

On n’a même pas pu faire de recrutement. Eux, ils étaient 2e au classement. Nous, on était 5e. Il restait 10 matchs à jouer. Dans les deux groupes, on a dû écarter des bons joueurs parce que l’on ne pouvait pas faire un groupe à 40. Les entraîneurs ont eu un choix dans les deux clubs pour recruter des deux côtés. On a fait un recrutement interne. Les entraîneurs ont choisi en bonne conscience 10 joueurs d’un côté et 10 de l’autre pour faire un bon groupe.

Au niveau du staff et de la présidence, quels vont être les changements ?

Jean-Luc Negroni et moi avons pris une co-présidence. Les joueurs voulaient garder leurs entraîneurs. Les entraîneurs, Didier Gilles, Jean-Marc Sauli et Adrien Rossini, étaient d’accord donc on les a gardé. Ils vont être co-entraîneurs. Ce n’est pas un problème qu’ils soient plusieurs. Il n’y a plus de groupe de R1 avec un entraîneur tout seul, ce n’est plus possible.

Quels vont être les objectifs de ce nouveau club la saison prochaine ?

On jouait les premiers rôles. En décembre, on était 2e à trois points du premier. Eux, ils sont seconds. On vise le haut du tableau. On n’est pas les seuls mais on va essayer de jouer le haut. On ne va pas dire que l’on joue la montée mais on va essayer de mettre des ambitions d’entrée.

Comment vont se dérouler les rencontres à domicile ?

On a deux stades. Il n’y a même pas 100m entre les deux donc quoiqu’il arrive on va jouer à Biguglia. Ce n’est pas une fusion Bastia-Biguglia. On va jouer à Biguglia. C’est le club de Biguglia, on va jouer sur la commune de Biguglia. On va avoir 500 licenciés. Les stades vont être pris. Il y a les débutants, les poussins, les U16… On jouera à Biguglia. On joue sur les infrastructures communales qui sont à Biguglia.

Qu’avez-vous à dire aux supporters pour les encourager à continuer de venir au stade ?

On a eu beaucoup de réunions avec les dirigeants, les anciens… Tout le monde nous dit ‘Ce que vous faites, c’est très bien.’ Les enfants vont à l’école ensemble, qu’ils soient dans un club ou dans l’autre. On était trop près. Les gens se connaissent trop. Il n’y a pas de problème de ce côté-là. Cela, c’est fait assez rapidement parce que c’est un souhait de la municipalité de mettre les deux clubs ensemble. Mais la fusion s’est très bien faite parce que l’entente est cordiale entre les dirigeants des deux clubs. C’est cela qui a bien fait avancer les choses. L’entente a été exemplaire du début à la fin pour mener ce projet.