InterviewEx-OM

Fabien Laurenti « Retourner un jour à l’OM en tant que coach serait superbe »

09/07/2020 à 18:38

Fabien Laurenti, ancien joueur pro passé par l'OM ou encore l'AC Ajaccio, est devenu entraîneur des U11 Critérium de l'Aubagne FC. Pour Actufoot, le marseillais se confie sur sa reconversion.

Fabien, pourquoi avoir choisi un tel défi à Aubagne ?

Aubagne m’a contacté. Devenir éducateur me trottait dans la tête depuis quelques temps. J’ai été séduit par le projet d’Aubagne qui est un très beau projet. Je vois sur le long terme avec eux. Pour une première expérience, on a décidé que j’allais prendre les U11. C’est une catégorie que je connais bien car je m’occupe de la Champions Cup (tournoi U11) avec Jean-Christophe Marquet et Sébastien Piocelle. Pour un début, j’ai trouvé ça bien. L’année prochaine, je compte passer mon diplôme pour évoluer et entraîner une équipe à 11 par la suite.

Quelle est votre ambition ?

Ce qui me plaît le plus, c’est le foot à 11. On a discuté avec les dirigeants et comme c’est ma première expérience d’entraîneur, prendre une équipe à 8 pour commencer, c’est pas plus mal ! L’année prochaine, je passerai mes diplômes et je serai obligé de prendre une équipe à 11. Mais j’ai beaucoup de choses à apprendre ! Le métier de joueur et celui d’entraîneur, ce sont deux choses totalement différentes. Je ne suis pas pressé. Je préfère prendre mon temps et bien faire les choses. Et quand je serai prêt pour les Seniors, on verra ça…

L’OM ou l’un de vos anciens clubs pros vous ont-ils proposé de venir entraîner chez eux ?

Directement non, on ne m’a pas proposé. A l’époque, j’avais discuté avec les dirigeants de l’OM et ils m’avaient dit que le jour où je passerai mes diplômes, ce serait bien que je revienne à la maison. De mon côté, je n’ai pas fait la démarche non plus. J’ai décidé de m’engager avec Aubagne parce que c’était un projet intéressant, avec des personnes du club que je connais, des gens de confiance avec qui on a la même vision du football. Tout cela réuni a fait que, sans trop d’hésitation, j’ai rejoint Aubagne.

« Le club est très bien structuré avec de beaux moyens pour un club amateur »

Rejoindre un club amateur alors que vous avez connu la structure professionnelle pratiquement toute votre carrière, ce n’est pas trop compliqué ?

J’ai accepté le défi d’Aubagne car le club est très bien structuré avec de beaux moyens pour un club amateur. Il y a de quoi faire des choses extrêmement intéressantes. A ce niveau-là, je n’ai pas eu peur. Après, il faut s’adapter, c’est un nouveau challenge ! S’il faut repartir dans des clubs qui ont moins de moyens que des clubs pros, ce n’est pas un problème.

Repartir en amateur, c’est l’occasion d’apprendre le métier d’entraîneur à partir du point A ?

Encore une fois, le métier de joueur et celui de coach sont deux choses totalement différentes. Je viens pour apprendre. Je serai entouré de personnes extrêmement compétentes, qui ont connu de grands clubs, comme Eric Rech que j’ai eu en tant qu’entraîneur quand j’étais à l’OM ou encore Régis Gandolfo. Aubagne reste un club amateur mais un club amateur bien structuré ! Commencer comme ça pour apprendre, je trouve que c’est très bien. Je vais apprendre les ficelles du métier de coach et enseigner aux gamins ce que j’ai connu dans le monde pro. Commencer par un club amateur ne me fait pas peur.

Être un ancien joueur pro, ça va aider pour se faire respecter par vos jeunes joueurs ?

Oui, ça aide un peu, même si les enfants ne m’ont pas connu en tant que joueur, ce sont plutôt les parents… Ça aide, mais ce n’est pas tout. Ce n’est pas parce qu’on a été joueur pro qu’on sera un bon entraîneur. J’ai plein d’exemples de très grands joueurs qui n’ont pas réussi à devenir de bons coachs. Le plus important, c’est d’installer un échange avec les joueurs, une relation de confiance. Avant tout, mon objectif numéro 1 avec les enfants, ce sera qu’ils prennent du plaisir et qu’ils s’amusent. Le foot reste un amusement, surtout à cet âge-là. Je vais bien les faire travailler et progresser sans perdre de vue que les enfants doivent s’éclater.

« Quand on cherche à évoluer dans un club amateur, avoir été joueur pro, ça aide énormément »

Comment ça s’est fait avec Aubagne ?

Je connaissais des personnes comme Régis Gandolfo, Eric Rech, Marcel Dib… Mais c’est Mario Augugliaro qui m’a contacté. Je l’ai côtoyé en tant qu’adversaire à l’époque quand je jouais en réserve à l’OM et lui à Endoume. Ce qui m’a convaincu, c’est le projet ! D’autres clubs étaient là aussi pour que je vienne, mais le projet d’Aubagne m’a semblé le plus solide. Ils voulaient absolument que je débarque et ils ont fait l’effort financier pour que ça se réalise.

A quel moment de sa carrière un joueur pro peut-il réfléchir à partir dans une structure amateur pour se reconvertir ?

Ça faisait quelques temps que j’y pensais. Cela faisait déjà trois ans que je m’occupais avec Jean-Christophe Marquet et Sébastien Piocelle de la Champions Cup, tournoi U11 qu’on organise à travers toute la France. Ce côté terrain m’a beaucoup plu, je me posais la question de savoir si j’allais avoir le feeling, si mon discours passerait auprès des jeunes, mais j’ai vraiment bien accroché pendant 3 ans. Et quand Aubagne est venu me voir, je me suis dit que c’était le bon moment.

C’est plus simple de trouver un challenge d’entraîneur quand on est un ancien joueur pro ?

Je ne sais pas. Je ne me suis jamais trop posé la question. C’est plus difficile pour ceux qui n’ont jamais touché le niveau pro quand il s’agit des plus hauts niveaux ou quand on passe les diplômes. Il y a beaucoup plus de sélections et de diplômes pour eux, et ils sont très compliqués à passer. Mais quand on cherche à évoluer dans un club amateur, avoir été joueur pro, ça aide énormément.

« Ça peut faire une bonne pub, attirer des parents et des joueurs, c’est certain »

Qu’est-ce que les clubs amateurs proposent aux anciens pros ?

Pour mon cas, Aubagne va s’occuper de m’inscrire aux diplômes, c’est important pour moi. Après, on souhaiterait tous les deux, Aubagne comme moi, passer un bon bout de chemin ensemble. Dans le foot, on ne sait jamais ce qui peut se passer, mais quand un club parie sur vous pour un certain nombre de temps, c’est une bonne chose.

En terme d’image, un ancien pro qui arrive dans un club amateur, c’est bon pour les deux parties ?

Oui, je pense que les deux parties s’y retrouvent. Pour Aubagne, avoir un ancien pro est toujours intéressant au niveau de l’image. Ça peut faire une bonne pub, attirer des parents et des joueurs, c’est certain. Et pour moi aussi, c’est toujours intéressant de commencer une nouvelle expérience dans un club amateur. Il ne faut pas oublier qu’on part tous de clubs amateurs. Quand j’étais gosse, j’ai passé de formidables années dans mon club de Montredon Bonneveine. Il y avait l’esprit famille… j’ai d’excellents souvenirs.

Finir à l’OM, c’est votre objectif ultime ?

C’est un objectif, pourquoi pas, mais je ne fais pas une fixette là-dessus. Je sais qu’à l’OM, il faut avoir fait ses preuves. Donc là, je ne pense pas du tout à ça. Je pense d’abord à passer mes diplômes, à voir si ça se passe bien aussi… on n’est pas à l’abri du contrecoup. J’ai envie de faire les choses tranquillement les unes après les autres, mais si j’ai cette chance, ce serait super pour moi. C’est mon club, j’ai fait toute ma carrière là-bas. Y retourner en tant que coach serait superbe. Mais je ne m’y projette pas plus que ça pour l’instant. Je pense seulement à faire une excellente année avec Aubagne puis passer les diplômes. On verra ce que l’avenir nous réservera…

Propos recueillis par Keevin Hernandez