Interview

Mathieu Scarpelli : « J’ai toujours joué au foot »

18/03/2020 à 16:15

S'il a raccroché du monde professionnel depuis 2015, Mathieu Scarpelli n'a pas encore lâché ses crampons. Toujours dans le circuit amateur à bientôt 39 ans, le natif de Grenoble continue de fouler les pelouses en Corse, sa terre d'adoption, sous les couleurs du FC Bastelicaccia. L'ancien buteur de Ligue 1 et Ligue 2 s'est livré pour Actufoot Corse.

Mathieu Scarpelli, ce lien avec la Corse, il vient d’où ?

J’ai découvert la Corse et Ajaccio en particulier lorsque j’y ai signé en 2005. J’ai adoré la Corse, mais ce lien est surtout affectif puisque j’y ai rencontré ma femme. Elle a accepté de me suivre tout au long de ma carrière à Châteauroux, Guingamp, Fréjus, et puis nous nous étions toujours dit qu’à la fin de ma carrière professionnelle nous rentrerions à Ajaccio. Pascal Biancamaria m’a proposé l’opportunité de continuer de jouer au foot au FC Bastelicaccia. C’est un bon club, familial, mais je ne m’imaginais jamais jouer aussi longtemps.

Mais cette carrière a commencé sur le tard…

J’ai toujours joué au foot, j’ai commencé à 5 ans, mais je n’ai pas intégré de centre de formation même si l’occasion s’est présentée lorsque j’avais 13 ans. Mes parents ne souhaitaient pas que je parte si jeune et de mon côté je préférais les sorties au foot. Ma carrière a commencé à 23 ans, après une très belle saison à Cassis-Carnoux en CFA 2. Deux clubs de Ligue 1 se sont intéressés à moi, Istres et l’AC Ajaccio.

Y’a-t-il un adaptation au football amateur? Et corse qui plus est ?

Lorsque je jouais à l’ACA, l’équipe réserve évoluait en DH, et pour être honnête je n’avais pas de bon retour (rires). Mais je dois dire que ça se passe très bien, bien sûr il y a du contact, c’est physique, mais ça reste du foot. Je trouve que le niveau général est bon. Le seul point noir pourrait concerner les terrains qui sont parfois compliqués. J’ai toujours eu horreur des terrains en synthétique et la plupart des pelouses en Régional 1 sont en synthétique.

« Mon but avec l’AC Ajaccio contre le PSG au Parc reste un super souvenir »

Durant cette carrière professionnelle, y’a-t-il un souvenir plus marquant qu’un autre ?

Il y en a beaucoup, mais mon but avec l’AC Ajaccio contre le PSG au Parc reste un super souvenir. Nous étions déjà condamnés à la Ligue 2, et José Pasqualetti, l’entraîneur de l’époque, voulait donner du temps de jeu à des garçons comme Mandrichi, Abdoun ou moi-même. Le PSG venait de remporter la Coupe de France face à l’OM la semaine précédente, le stade était plein, 45 000 personnes. Paris avait aligné son équipe type avec des joueurs comme Dhorasoo ou Pauleta et nous avons réalisés l’exploit de l’emporter 4-2. J’ai réalisé une passe décisive et marqué 1 but face à Jérôme Alonzo.

Avez-vous songé à votre reconversion ?

Je souhaiterais rester dans le milieu du football, on m’a proposé de devenir entraîneur mais ce n’est pas vraiment dans mes projets. Je suis plutôt attiré par le métier d’agent de joueurs.

Justement, vous avez déjà repéré certaines pépites dans le championnat insulaire?

Oui, il y a de très bons jeunes joueurs à Ajaccio notamment avec l’ACA et le GFCA. Je pense évidemment aux frères Tramoni, mais il y en a d’autres. En Régional 1, je pense à Finidori du GFCA par exemple. Depuis plusieurs années, beaucoup de bons jeunes arrivent à sortir, mais si je peux leur donner un conseil, si on veut durer c’est le sérieux et le travail qui sont le plus importants.

Pour finir, quel est votre sentiment sur l’arrêt des compétitions ?

C’est évidemment dur de ne plus faire le sport qu’on aime, de ne plus le voir à la télé, mais la situation est dramatique et il faut respecter les décisions prises par le Président. Cela dit, il y a un réel manque sans le foot. Et à titre personnel, je ne pense pas qu’on reprendra le championnat même si je le souhaite. Ça va être très compliqué de finir sachant qu’il nous faudra plusieurs semaines pour nous re-préparer.