Portrait

Richard Socrier, que deviens-tu ?

09/07/2020 à 12:08

Ancien joueur de Bourg-Péronnas, Cherbourg, du Stade Lavallois, du FC Metz, de Châteauroux, du Stade Brestois, de l'AC Ajaccio, d'Angers SCO ou encore du Paris FC, son club formateur, Richard Socrier, 41 ans, est aujourd'hui retiré des terrains. Rencontre avec l'ex-buteur professionnel reconverti dans le monde de l'entrepreneuriat ! 

Natif du XIVe arrondissement de la capitale, Richard Socrier a commencé le football non loin de là : à Charenton-le-Pont, dans le Val-de-Marne, avant d’intégrer le Paris FC en moins de 17 ans. « Au PFC, j’ai commencé chez les jeunes où j’ai appris le goût de la compétition. J’ai bouclé la boucle en y revenant plus tard (2014-2016, NDLR) pour rendre au club ce qu’il m’avait donné », commente l’intéressé. En 1999, Socrier poursuit son itinéraire par la voie du monde amateur en signant à Bourg-Péronnas en CFA. Lors de sa seconde saison au club, il joue 32 matches et inscrit 8 buts, de quoi attirer l’attention du Stade Lavallois qui évolue alors en Ligue 2.

Mais, en deux saisons chez les Tango, Richard Socrier ne parvient pas à s’imposer : il ne joue pas plus de 10 matches en deuxième division. Tout de même, à 24 ans, le Parisien relance parfaitement sa carrière en réalisant une saison 2003-2004 tonitruante à l’AS Cherbourg : 16 buts en 34 apparitions en National 1. Dans la foulée, il rejoint l’élite et les Grenats avec lesquels il inscrit ses deux premiers buts en L1… « J’ai découvert la Ligue 1 avec le FC Metz, puis il y a eu un changement de coach. Pour rester en première division, il faut être dans le bon wagon et être performant. Ma saison en Ligue 1 avec Metz a été une saison de découverte », explique Socrier qui est donc redescendu d’un échelon en rejoignant à Châteauroux à l’été 2005.

« Représenter les Antilles et la France »

Après une bonne pige du côté de La Berrichonne (8 buts en 34 matches), Richard Socrier rejoint sur la durée le Stade Brestois 29 : en quatre saisons dans le Finistère, il marque la bagatelle de 34 buts au deuxième échelon national. En 2007, l’attaquant installé en Bretagne participe à la Gold Cup sous le maillot de la Guadeloupe. Les Gwada Boys réalisent un très beau parcours, mais sont éliminés en demi-finale face au Mexique (1-0). Socrier dispute 5 matches et fait même trembler les filets contre le Mexique en phase de poule. « Cela a été une superbe aventure. Une découverte totale pour moi. Il y avait quelques joueurs de Ligue 2. Nous y allions dans le but de bien représenter les Antilles et la France. J’ai la fierté d’avoir pu jouer avec Jocelyn Angloma qui est issu de la même ville que mon père. On a tout donné sur cette compétition où nous n’étions pas attendus. Ce fut un vrai bonheur de marquer », se souvient avec émotion l’ex-buteur francilien.

À l’été 2010, Richard Socrier rejoint l’AC Ajaccio et participe grandement à la montée du club corse en Ligue 1 en inscrivant 12 réalisations en championnat. La saison suivante, au sein de l’élite, il ne trouve le chemin des filets qu’à 2 reprises avec l’ACA. Il décide donc de rejoindre Angers SCO à l’étage inférieur. Peu en vue de 2012 à 2014 en terres angevines, l’ancien joueur du CAP Charenton se relance au Paris FC en marquant 13 buts en National de quoi bien aider le club de la capitale à monter en L2. Après un dernier baroud d’honneur chez les pros avec le PFC, Richard Socrier termine son parcours de footeux à l’AS Poissy en CFA en 2017-2018. « Je pense que j’ai fait le mieux que je pouvais », partage l’intéressé. « Je n’ai pas de regrets. J’ai connu tous les niveaux et j’ai tenu longtemps. Devenir pro, c’était un rêve pour moi et je suis fier d’avoir réussi cela. »

Du monde du football à celui de l’Escape Game

Après ce parcours riche de footballeur, Richard Socrier est passé à un autre univers, celui de l’entreprise. Il a ouvert avec son ancien coéquipier, Jawad El-Hajri, un escape game (salle de jeu d’évasion) à Toulouse : HintHunt. « J’ai pensé très tôt à ma reconversion. J’avais mis de l’immobilier de côté et j’ai obtenu ensuite un diplôme universitaire en gestion des organisations sportives. J’ai rencontré Jawad à Cherbourg et on s’est bien entendu. Cela a été une belle rencontre. Jawad a commencé à monter le projet à Toulouse sous forme de franchise et il m’a demandé de venir l’accompagner. Depuis, nous sommes dans notre deuxième année d’ouverture. Nous avons choisi de l’établir à Toulouse car c’est une ville avec un fort potentiel. Nous avons cette passion de manager des équipes et être au contact des gens. » Malheureusement, comme beaucoup d’entreprises, HintHunt Toulouse est impacté par la crise du covid-19. « On a dû fermer l’escape game avec la crise. Cela n’a pas été évident pour notre entreprise. L’entrepreneuriat est un monde très dur », conclut Richard.

Par Nicolas Cotten.

Crédit Photo : Paris FC