Pro/AmateurL1

10 belles histoires racontées par le football amateur à la Ligue 1

22/01/2021 à 17:30

Actufoot s'est penché de plus près sur les belles histoires de joueurs amateurs devenus professionnels et on commence par la Ligue 1, pour vous faire découvrir plus tard les belles histoires de Ligue 2, celles qui dépassent nos frontières mais aussi les belles histoires des amateurs issus de championnats étrangers évoluant en L1/L2 ! Focus.

1) Kader Bamba (milieu de terrain, 26 ans, FC Nantes)

Révélation du début de saison du FC Nantes en 2019/2020 (11 matchs), Kader Bamba, qui découvre la L1 à 25 ans évoluait encore au Cosmo Taverny… en première division de district (11e division) il y a quatre ans. Un parcours atypique qui rappelle celui d’un certain Yacine Bammou, qui a porté les mêmes couleurs. Après avoir remporté la Coupe du Val d’Oise (2014), il est renvoyé pour des problèmes de comportement du centre de formation de Toulouse. Une expérience dont il parle d’ailleurs après la mort du joueur de Manchester City, Jérémy Watson, témoignant des difficultés rencontrées lors d’un échec pareil. Il rebondit de la meilleure des manières en remportant la finale de la Gambardella peu de temps après avec Sedan. Ce n’est qu’en janvier 2017 que Bamba rejoint Le Mans (N2) après un essai convaincant et participe activement à la remontée du club en N1. D’ailleurs, un an plus tard, il sera reperé lors d’une rencontre entre les Sarthois et le LOSC (2-4), signant pour deux ans sur les Bords de l’Erdre. Le Francilien va finir meilleur buteur de la réserve (10 buts en N2) il y a deux ans, le moment pour Christian Gourcuff, séduit par sa percussion, de le lancer dans le grand bain de la L1.

 

2) Boulaye Dia (attaquant, 24 ans, Stade de Reims)

Transféré il y a trois saisons au Stade de Reims en provenance de Jura Sud, Boulaye Dia a fait le grand saut jusqu’au point de briser des « reims » en L1. Doté d’un parcours à la trajectoire plutôt linéaire, ce natif d’Oyonnax, qui a fait toutes les catégories à la Plastic Vallée portera les couleurs de Jura Sud (U17Nat) pendant une saison avant de faire un bref retour sous ses couleurs d’origine pour y compléter son parcours seniors. Sa saison en 2016-2017 va littéralement le propulser sur le devant de la scène avec 15 unités au compteur en 21 matches disputés. Reims va alors lui proposer le grand saut tant espéré. Depuis sa signature en 2018, l’attaquant âgé de 24 ans a découvert la Ligue Europa et s’est même offert le luxe d’inscrire un ciseau retourné au Parc des Princes lors de la victoire le 26 septembre 2019 ! Avec 10 pions inscrits lors de ses 42 premières rencontres entre 2018 et 2020, celui entamé en septembre sonne comme la consécration : après 19 journées de L1, il est en concurrence avec un certain… Kylian Mbappé, auteurs de 12 buts chacun ! La marque des grands, puisque l’OM s’était penché sur son cas il y a peu…

3) Dimitri Liénard (milieu de terrain, 32 ans, RC Strasbourg)

Du centre commercial de Valdoie, près de Belfort où il travaillait au rayon « liquides » jusqu’aux projecteurs de la L1, le milieu offensif a changé de dimension en sept ans. « Lorsque je suis arrivé à Strasbourg en 2013, l’équipe venait de monter en National 1 mais pour moi, à 25 ans, le foot pro c’était fini. Faire une année à ce niveau me paraissait déjà bien », expliquait-il dans les colonnes de France TV en 2017. Lui venait de Mulhouse, en CFA, son premier club hors de sa Franche-Comté natale quand Strasbourg poursuivait sa reconstruction après son dépôt de bilan en 2011. Après l’accession en L2 lors de la saison 2016/2017, un grand Dimitri Liénard emmène le club strasbourgeois aux portes de la L1. Avec quatre buts et surtout 11 passes décisives, il devient le deuxième meilleur passeur de L2 avant le grand bon vers la première division. Son coach, Thierry Laurey, avait vu juste : quand on voit son parcours, celui qu’il décrivait comme quelqu’un de curieux et débordant d’envie, ne s’est pas trompé : des rayons d’un supermarché aux pelouses de la Meineau, le milieu offensif a vraiment changé de dimension en huit ans.

4) Florian Sotoca (attaquant, 30 ans, Racing Club de Lens)

Encore amateur il y a cinq ans, Florian Sotoca découvre la Ligue 1 à 29 ans. Homme clé de la montée du RC Lens, l’attaquant savoure cette réussite après des années de galère, alors qu’il avait fait une croix sur ses rêves de jouer au sein de l’Elite. L’avant-centre Sang et Or, brillant depuis son arrivée dans le Nord, n’est jamais passé par un centre de formation, devenant professionnel à 24 ans. Natif de Narbonne, il y a joué jusque ses 22 ans : « Je jouais en DH ou National 3 selon les saisons, et j’ai eu deux grosses blessures : une fracture du bras et les croisés » se souvenait-il au micro de France TV Sport. En parallèle, il travaille alors dans le magasin de chaussures de son oncle. « J’ai travaillé dans la vie active, je sais que ce n’est pas facile tous les jours ». En 2013, celui qui mesure 1m86 quitte pour la première fois Narbonne et rejoint Martigues en N3 : « Ça s’est moyennement passé. Après cette année-là, je signe à Béziers, pas loin de chez moi. J’ai fait 6 mois, et là ça s’est super bien passé ». A tel point que le Montpellier de Rolland Courbis lui accorde un essai avant une saison de haut vol au Stade des Alpes du GF38 en 2018/2019 (12 buts en 37 matches) avant de s’engager avec le RC Lens… pour s’imposer tardivement mais sûrement. Avec 13 buts inscrit en 44 matches à Lens, Florian Sotoca n’a pas fini sa renaissance !

5) Pierre Lees-Melou (milieu de terrain, 27 ans, OGC Nice)

Encore, joueur amateur à l’âge de 22 ans, Pierre Lees-Melou n’envisageait absolument pas de faire carrière dans le football ni de s’imposer à Nice en 2021. A l’été 2015, Dijon, alors en Ligue 2, exprime son désir de recruter le milieu de terrain. Titulaire en N3 avec l’US Lège-Cap-Ferret, dans le sud Ouest de la France, il n’en revient pas alors qu’il est éducateur dans une école primaire lors de son temps libre. Formé à Bordeaux entre 10 et 16 ans, il exprime sa formation avec beaucoup d’humilité pour So Foot : « Pour être honnête, même quand j’étais chez les Girondins, je n’espérais pas du tout passer professionnel un jour. Je prenais les choses au sérieux, mais je trouvais qu’il y avait trop de joueurs meilleurs que moi. » Cependant, tout s’accélère en décembre 2014 lors de son essai effectué en Côte-d’Or. Les contacts se poursuivent au cours de la saison, à l’issue de laquelle le meneur de jeu est nommé meilleur joueur de son groupe de CFA 2 (19 buts, 6 passes décisives). Sa signature en L2, puis en L1 sur la Côte d’Azur vont dans le sens de ses valeurs, qui lui permettent désormais de réussir au plus haut niveau…

6) Yunis Abdelhamid (défenseur, 33 ans, Reims)

Devenu pro à 24 ans, le défenseur rémois, Yunis Abdelhamid (32 ans, 1,90m) a ce profil et ce parcours atypique qui l’ont notamment vu fouler à de nombreuses reprises les terrains de football amateur. Issu du quartier Paul Valéry de Montpellier, le futur défenseur de Ligue 1 grandit entre le ballon et les études. Il commence à jouer au foot dès son plus jeune âge dans son quartier avant de débuter, vers l’âge de 13 ans, au Montpellier Arceaux. Deux ans plus tard, il intègre l’ASPTT Montpellier puis l’AS Lattes à ses 17 ans avec qui il connaîtra le niveau Ligue à 19 ans. Seizième de finale avec les U19 en Coupe Gambardella, il intègre immédiatement le groupe seniors DH de Yohann Febrer. Un tremplin puisque par la suite, il rejoindra Arles-Avignon, qui lui offrira son premier contrat professionnel à 24 ans, mérité selon son ancien compère Renaud Bataille : « Il a vraiment explosé la dernière année avant de partir à Arles-Avignon. Il s’était mis au futsal et avait énormément progressé techniquement. Lors de cette dernière saison, il était au-dessus. Physiquement, défensivement, c’était un vrai défenseur. En un-contre-un, il était difficilement passable avec la taille de ses jambes… Il était rigoureux et dur sur l’homme. » Valenciennes, puis Dijon vont permettre au défenseur héraultais d’obtenir cette place si chère : celle de cadre en L1 avec le Stade de Reims et de porter le maillot de sa sélection nationale, le Maroc. Tout un aboutissement…

7) Senou Coulibaly (défenseur, 26 ans, Dijon FCO)

En 2016, Senou Coulibaly évoluait encore sur les terrains de Régional 2 du côté de Cergy Pontoise en région parisienne. Mais depuis, sa vie de footballeur a basculé puisqu’à 25 ans, le voilà qui foule les terrains de Ligue 1 du côté de Dijon aujourd’hui. Buteur avec le club de Côte-d’Or en août 2018, son premier dans l’Elite, le francilien évoluait quelques mois auparavant en National 2, du côté du FC Mantois. Titulaire avec les dijonnais aujourd’hui, il expliquait sa folle ascension dans nos colonnes : « Je ne sais même pas comment décrire ce qui m’arrive. Les gens me parlaient du changement R2 – N2, mais je ne réalise pas tellement. Je joue. Après, passer de la N2 à la L1, oui, c’est fou. En revanche, de la R2 à la N2, ce n’est pas une transition folle, car j’estime que je pouvais jouer plus tôt plus haut. Le coach m’a fait jouer et m’a fait confiance en N2. Aujourd’hui, même là, quand on me dit que je suis joueur professionnel, je ne réalise pas. Je suis encore le joueur qui était en R2 ou N2. Je n’arrive pas à me le dire. » Une histoire qui ressemble à celle de Pierre Lees-Melou, également issu du football amateur : « Bien sûr, c’en est un. Mais c’est chacun son histoire, son chemin. Il est un cran au dessus. Il a passé la case Dijon, il est à Nice. Il est à un stade de sa carrière où c’est bien ficelé. Moi, c’est tout frais, tout neuf. J’ai tout à construire. Ce n’est pas parce que j’ai marqué que je suis arrivé. Avec ces débuts, le plus dur commence. Maintenant, je vais être assez regardé et attendu (rires). »

8) Umut Bozok (attaquant, 24 ans, Lorient FC)

Après avoir commencé le foot à cinq ans dans son petit club amateur de Saint-Avold, en Lorraine, Umut Bozok faisait aussi du piano, du karaté et jouait en équipe C sur le rectangle vert. Celui qui affirmait dans So Foot avec humour « qu’on ne comptait pas sur lui à cause de son gros bide » va voir le FC Metz, club phare du département, poser ses yeux sur lui à 15 ans. Une journée « folle » qu’il raconte : « Je me souviens très bien de cette journée. Il avait beaucoup neigé et il y avait eu un arrêté préfectoral. Du coup, je n’étais pas allé à l’école. J’étais tranquille en train de jouer à FIFA. J’avais créé mon joueur sur le mode deviens pro et je m’étais mis à Metz. C’était le grand club de mon département, celui qui faisait rêver tous les jeunes de ma génération. Et, au même moment, il y a le directeur du centre de formation qui appelle ma mère et qui lui dit qu’on doit s’y rendre dans la matinée. Malgré la neige, on y va, et là, on me propose trois choix différents : soit je rejoins directement le centre de formation des Grenats, soit je reste dans mon petit club amateur et je ne rejoins le centre que l’année suivante, ou bien j’intègre l’internat, mais je joue le week-end avec mon club. J’ai choisi la troisième option. » Avec un objectif commun qui était de monter en U15 Interligue d’Alsace-Lorraine, il finit champion DH avec ses coéquipiers, (70 buts marqués, meilleure attaque du championnat) pour continuer d’empiler les buts à Metz et d’exploser à Marseille Consolat en National où il finit meilleur buteur. Un parcours qui le verra porter les couleurs du Nîmes Olympique où il finira meilleur joueur/buteur lors de la montée du club de la L2 à la L1, une élite qu’il découvre non sans difficultés du côté de Lorient désormais !

9) Jérémy Le Douaron (attaquant, 22 ans, Stade Brestois)

Courant du mois de juin 2020, le Stade Brestois s’est attaché les services de l’attaquant Jérémy Le Douaron (22 ans), meilleur buteur (8 réalisations) de son groupe de National 2 avec le Stade Briochin (promu en National) cette saison. Passé par le centre de formation de l’EA Guingamp, il n’avait pas été conservé par le club costarmoricain ; désiré par Grégory Lorenzi, le directeur sportif du Stade Brestois, l’ancien attaquant briochin a sauté le pas pour environ 1 million d’euros… et pour un an minimum et deux en option ! Avec 14 matches disputés pour deux passes décisives en L1, il justifie pour l’instant les espoirs placés en lui. Dans les colonnes de l’Equipe, Grégory Lorenzi avait expliqué son choix qui était de se porter sur ce profil de joueur amateur breton, cher à sa philosophie : « Notre cellule de recrutement avait repéré Jérémy lors d’une supervision de match. Il avait marqué les esprits grâce à ses qualités de vitesse et de puissance, ce qui nous a forcément poussés à continuer à le suivre. Je souhaitais aussi pouvoir apporter un profil différent à l’effectif avec l’apport de joueurs issus du milieu amateur breton. […] À nous de l’aider à passer un cap, qu’il se mette au niveau professionnel afin de nous montrer tout le bien que l’on pense de lui. »

10) Yvann Maçon (latéral droit, 21 ans, Saint-Etienne)

Révélation du championnat de National, Yvann Maçon va quitter Dunkerque, à la lutte pour la montée en Ligue 2 en janvier 2020. Le très prometteur latéral droit (21 ans) etait alors attendu à Saint-Etienne dans les prochaines heures pour y parapher un contrat de trois ans et demi. L’aventure dans le Forez prenait forme pour un joueur qui était également courtisé par Amiens, moins offrant sur le coup. L’international espoir disputait même la finale de la Coupe de France contre le Paris Saint-Germain le 24 juillet dernier (0-1) et enchaînant les bonnes performances en début de saison, titulaire lors des cinq premières rencontres et auteur d’un but somptueux lors du match nul (2-2) à Nantes. L’ancien joueur du Castelnau Le Crès FC, victime d’une grave blessure avec les Bleuets face à la Slovaquie le 12 octobre dernier, voit sa progression stoppée nette. Il a pu bénéficier du soutien sans faille de son entraîneur, Claude Puel, qui a volé au secours d’un joueur qu’il sait plein d’avenir: « Cette blessure nous a beaucoup touchés. Yvann est apprécié, il faisait un très bon début de championnat, il se révélait. On va l’entourer, l’aider à bien surmonter tout ça. Il reviendra. Je n’en doute pas. Il est construit dans sa tête, il sera patient pour se remettre à flot. »  Le latéral, pétillant et plein d’envie, n’a désormais qu’une hâte : retrouver les joutes de la compétition officielle avec l’ASSE (16eme de L1).