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Les 10 commandements de l’éducateur !

12/03/2019 à 17:19

La rédaction d'Actufoot a rédigé les 10 commandements de l'éducateur de football !

Cas n°1

Cette scène de violence a eu lieu à Nice, dimanche dernier, en U15 D3, lors d’un banal match de bas de tableau entre deux équipes qui tentent de sauver leur peau. Après un accrochage entre deux joueurs, on entend « La prochaine fois que tu pousses mon joueur, je te nique ta mère ». Il s’agit des mots de l’éducateur d’une des deux équipes lancés à l’arbitre. L’entraîneur s’en va alors pousser l’officiel qui tente de se défendre avant de finir à terre. C’est déjà ignoble à lire, encore plus à voir, mais ce n’est pas fini. Le pire est ce qui se passera par la suite. Plusieurs joueurs de 14-15 ans viendront alors taper l’homme en noir au sol. Comme pour continuer « le travail » de leur coach…

Cas n°2

Fin d’année 2018. La sanction tombe. Un éducateur d’une équipe U10-U11 prend une suspension d’un an pour « Hors match, manquement aux fonctions d’éducateur et suspicion de prise de stupéfiants ». L’entraîneur s’était mal comporté avec ses propres joueurs, en élevant la voix et en les poussant à jouer virilement, se montrant également agressif envers les éducateurs adverses. Ce comportement avait d’ailleurs eu pour conséquence que certains clubs adverses avaient préféré arrêter leur rencontre plutôt que de laisser leurs jeunes joueurs se faire blesser. Ensuite, certains parents des jeunes joueurs avaient rapporté qu’entre le 2ème et le 3ème match de l’équipe, ils avaient vu l’éducateur en train de fumer un joint…

Cas n°3

Gagner, c’est bien. Mais l’éducateur ne doit pas vouloir gagner à tout prix ! Parfois, l’envie de remporter un match prend le dessus sur l’éducation ou le fair-play. Il y a un peu plus d’un mois, lors d’un match de U19 National entre le RC Strasbourg et le FC Fleury 91, les alsaciens ont remporté le match grâce à un but qualifié d’action de la honte. À la 91ème, suite à un choc à la tête avec un joueur adverse, le buteur du jour du club essonnien se blesse sérieusement et un joueur de son équipe sort le ballon en touche délibérément pour qu’on lui apporte des soins. Strasbourg devait, comme cela se passe sur tous les terrains de football professionnels et amateurs, rendre le ballon… Mais, à la surprise générale, les Strasbourgeois jouent vite la touche en envoyant leur attaquant dans la profondeur et sur le centre ils marquent à la stupéfaction générale ! Le coach de Fleury interpelle l’entraîneur adverse pour lui dire que c’est une attitude honteuse, un manque de fair-play total. « Sa réponse est à l’image de l’attitude de ses joueurs sur cette action : « Mais que veux tu que je fasse ce sont les joueurs ?! » Mes joueurs et moi-même, choqués par ce comportement indigne, lui demandons de rattraper ce manque de sportivité en nous laissant revenir au score. Il refuse en me tournant le dos ! En 30 ans dans le football, je n’ai jamais vu un tel manque de loyauté ! » s’était indigné l’entraîneur de Fleury.

L’équipe est toujours à l’image de son entraîneur !

Voilà pourquoi l’entraîneur se doit d’être exemplaire. Voilà pourquoi l’entraîneur doit avant tout être un éducateur. Et voilà pourquoi les clubs doivent bien choisir leurs coachs et bien les former. L’équipe est toujours à l’image de son entraîneur ! La rédaction d’Actufoot a donc tenté de vous livrer les 10 comportements à adopter pour être un éducateur modèle. Pour que votre équipe soit à votre image, c’est-à-dire parfaite… ou presque !

Les 10 commandements de l’éducateur

1- Je suis éducateur avant d’être entraîneur ou coach !

Avant de donner des leçons à la José Mourinho, des conseils tactiques sur la possession de balle à la Pep Guardiola, ou comment devenir champion du monde avec une défense de fer façon Didier Deschamps, assure toi de rester dans ton rôle principal : celui d’un éducateur de football. Tu te dois à travers ce sport numéro un qu’est le football, d’éduquer tes joueurs, de les faire grandir dans la victoire, comme dans la défaite, dans les bons comme dans les mauvais moments. Tes joueurs doivent rentrer le soir après un entraînement ou un match en disant à ses parents : « Papa, Maman, aujourd’hui j’ai beaucoup appris. »

Source : http://football-animation.e-monsite.com

2- Faites du foot, pas la guerre !

Un bon éducateur que tu es, se doit d’amener ses petits dans la bonne direction. Le foot quand on est jeune, c’est prendre du plaisir sur le terrain avec ses copains. Marquer des buts, se congratuler, fêter les belles victoires tous ensemble. Alors si en tant qu’éducateur, tu en arrives plutôt à mener tes petits à la bagarre, ou à la guerre, c’est que tu as forcément échoué quelque part dans ton rôle.

Faites du foot, pas la guerre !

3- Je montre l’exemple

Tu veux te la jouer un peu mauvais garçon, ne pas serrer la main à l’éducateur adverse, un peu comme pouvait le faire à l’époque les deux meilleurs ennemis Wenger / Ferguson. Dans ce cas, là aussi tu n’es pas à ta place. Montrer l’exemple, c’est serrer la main des adversaires et de l’arbitre, avant et après le match. C’est comme ça que tes joueurs te suivront et seront respectueux sur le rectangle vert.

Crédit photo : So Foot

Si tu ne veux pas te retrouver à manger des cigarettes comme Maurizio Sarri du côté de Chelsea, alors ne fume pas à l’entraînement ou devant tes joueurs. L’entraîneur italien qui fume 80 à 100 cigarettes par jour, se trouve complètement déboussolé puisqu’en Angleterre, il est interdit de fumer dans une enceinte sportive. Mais un comportement exemplaire ne s’arrête pas là. Fais en sorte d’arriver à l’heure, voire même 15 minutes avant pour accueillir tes joueurs. Le maillot de bain et les tongs en période estivale sont quand même déconseillés… A choisir une tenue de coach, c’est mieux !

4- Je respecte les décisions de l’arbitre, même si je ne suis pas d’accord

On est à la 93ème minute d’un match qui pour le moment se termine sur le score de 1-1. Mais là, l’arbitre accorde un pénalty inexistant à l’équipe adverse, et ça te met complètement hors de toi. Tu ne trouves rien de mieux que d’aller te mettre tête contre tête avec lui, pour protester. En faisant ça, tu montres le mauvais exemple à tes joueurs. Tu dois respecter la décision, même si c’est difficile à avaler, et là tu auras rempli ton rôle d’éducateur.

5- Je fixe un cadre à mes joueurs et à leurs parents

Être éducateur, c’est aussi se faire respecter. Ça passe par des règles de vie que tu fixes à tes joueurs, mais aussi sur une bonne proximité avec les parents. Ce n’est pas parce que le père n’est pas d’accord avec ton choix de ne pas faire jouer son fils, que tu as des comptes à lui rendre. T’affirmer auprès des joueurs et des parents dans ce sens, sera forcément un gage de réussite pour toi. Tu ne dois jamais te justifier auprès des parents !

6- Je positive, j’encourage, je valorise !

Tu es le Guingamp de ton championnat, tu es dernier et tu n’arrives pas à sortir de cette zone rouge. Clairement, c’est compliqué pour eux, car les autres équipes sont plus fortes, et il n’y a rien à dire. A toi de continuer à les encourager, de trouver des éléments pour mettre en avant leur progression, et de les valoriser pour qu’ils poursuivent leurs efforts. C’est ainsi qu’ils continueront à tout donner pour le club, le maillot, et même pour toi.

7- Je laisse le joueur s’exprimer avec le ballon pendant un match

« Gaetan, c’est n’importe quoi, donne là à droite, ils sont deux, lâche ta balle ! » Tu parles à ton joueur sur le terrain alors qu’il a le ballon et qu’il est maître de ses choix. En faisant ça, tu ne laisses pas ton joueur s’exprimer comme il le souhaite, et tu vas forcément le déstabiliser et l’empêcher d’évoluer. Même s’il a fait une erreur, laisse-le aller au bout, c’est comme ça qu’il comprendra et continuera de grandir.

8- Je traite tous les joueurs de la même manière, pas de discrimination !

« Le petit gros je ne vais pas le faire jouer, il va mettre trop de temps à aller au sol. Autant mettre un joueur au gardien. » En tant qu’éducateur, tu te dois de montrer l’exemple avec le respect. Que ce soit au niveau du physique, ou de la couleur de peau, tu ne dois faire aucune discrimination. Tu dois être capable de traiter tous les joueurs de la même manière.

9- Je bannis les grossièretés et la vulgarité de mon vocabulaire

« Merde l’arbitre, tu vas prendre des bonnes décisions un peu, espèce de bon à rien », tu n’es pas d’accord avec une décision de l’homme en jaune, alors tu ne trouves rien de mieux, que d’utiliser un langage inapproprié. En faisant ça, tes jeunes joueurs t’écoutent, et ne tarderont pas à reproduire le même schéma.

10- Je me forme, je me remets en question

« Si on a perdu, c’est parce que j’ai des incapables sur le terrain. On ne fera jamais d’ânes des chevaux de course ! » Tu perds mais c’est soit la faute des joueurs, soit la faute des arbitres. Ah non, c’est vrai, j’oubliais ! Il y a d’autres excuses « Le terrain ? C’était un champ de patate… », « On est à Paris, mais il y avait du mistral ce jour-là », « Le ballon n’était pas gonflé », « j’avais pas les bons crampons… », « J’ai un panaris »… Enfin, bref… C’est pas de ma faute quoi !