Ligue 1

Qui est Adrien Ursea, le successeur de Patrick Vieira à Nice ?

04/12/2020 à 15:36

Ancien adjoint de Lucien Favre à Nice, Adrian Ursea était revenu à l'OGC Nice il y a un an, avant de prendre progressivement du poids au sein du staff de Patrick Vieira. Après le licenciement de l'ancien champion du monde, le technicien roumain (53 ans), a été nommé su le banc des Aiglons. Zoom sur son profil.

Avant de travailler dans les staffs des clubs, Adrien Ursea a eu une belle carrière de joueur du côté de la Roumanie et de la Suisse, dont il possède les deux nationalités. C’est avec le Victoria Bucarest qu’il atteint notamment les quarts de finale de la Coupe UEFA en 1989.

Arrivé sur la Côte d’Azur en 2016 au côté de Lucien Favre, le technicien Helvéto-roumain est devenu un vrai Niçois au fil du temps. Il avait fait son retour dans le courant de la saison dernière pour renforcer le staff de Patrick Vieira, auquel il succède donc, ce vendredi. Il sera épaulé par un historique du club, le Niçois Frédéric Gioria, également déjà présent dans le staff, et très apprécié des supporters. « Fred me donne un énorme coup de main de par sa riche expérience, son vécu. J’ai besoin de son avis », disait-il dans les pages de Nice-Matin lors de son retour dans les Alpes-Maritimes.

Après avoir quitté le Gym, il était ensuite retourné en Suisse, à Genève. Mais la science tactique du coach adjoint pouvait encore être très précieuse pour le club rouge et noir. Voilà pourquoi il n’a jamais rompu le contact avec le club et fait son retour, la saison passée. « À mon départ: ce n’était pas un adieu, je le ressentais dans mes tripes. Avec Julien Fournier, on a parlé de tactiques, de mouvements, avec tableau à l’appui. Ça a matché très vite entre nous, on a des idées tactiques communes », expliquait le technicien dans les colonnes de Nice-Matin au moment de son retour. « L’échange des idées et des compétences, le respect, l’écoute, l’unité dans le club, la vision claire sur le long terme: c’est tout ce que j’ai retrouvé à Nice. » Voilà pourquoi il a décidé d’intégrer le staff de Patrick Vieira.

Une montée en grade

Son rôle a d’abord été d’observer les adversaires afin d’aider à la préparation individuelle des joueurs niçois. Il a aussi eu pour mission de structurer et de diriger le pôle vidéo du club. Depuis cet été, c’était sur le banc de Patrick Vieira, qu’Ursea vivait les rencontres, au lieu de la tribune. Mais à partir de ce week-end, ce sera désormais derrière la ligne de touche qu’il dirigera les Aiglons. Avec tous les outils dont il a la connaissance, il va pouvoir donner un nouvel élan et un nouveau style de coaching aux Niçois.

Ce sera aussi un moyen d’enrichir l’analyse des matchs et le système qui veut mettre en place. « La théorie de coaching la plus puissante, c’est l’art de poser la question pour susciter la réponse chez ton interlocuteur. Un processus inconscient qui permet au joueur d’avoir l’impression d’avoir trouvé lui-même la réponse, sans l’aide du questionnement. » Un vrai fana de foot et de tactique en général, qui est également très cultivé. La pyramide inversée” (de Jonathan Wilson) à propos de l’évolution de la tactique depuis les débuts du football est un exemple d’ouvrage avec lequel il agrandit ses connaissances personnelles.

Un amoureux du beau jeu

L’ex bras droit de Lucien Favre est un amoureux du beau et du football « Guardiolesque ». Pour lui le technicien espagnol a amené la dernière des plus importantes évolutions dans le foot moderne. « Quand tu as le ballon, tu es toujours en supériorité numérique. Tu joues à un de plus. Pourquoi? Parce que le gardien est intégré dans ta construction. Le jeu au pied du gardien a pris une importance clé aujourd’hui. L’animation, c’est plus important que le système », affirmait-il chez nos confrères de Nice-Matin.

En tant qu’amoureux du jeu, il avait été séduit par l’émotion suscitée par l’équipe de Lucien Favre. Étant son ancien adjoint, les principes de jeu du technicien Suisse devraient se ressentir avec une touche encore plus technique, de celui qu’on pourrait appeler un intellectuel du football. Qui applique les théories des plus grands noms de l’histoire comme Johan Cruyff. « La crise à résoudre dans le foot, c’est le temps et la prise d’espace. Ce n’est pas la course, mais l’intelligence de jeu qui permet d’y répondre. Quand on sait qu’un joueur est au contact du ballon au maximum 3 minutes dans une rencontre, ça veut dire que c’est sa qualité de déplacement qui prime sur tout le reste. Ce n’est pas moi qui le dis, mais un tout petit bonhomme de l’histoire du football : Johan Cruyff’, concluait-il pour Nice-Matin.