National 1 J8

Ahmed Ait-Ouarab (Le Puy Foot 43) : « On n’est pas du tout dans un principe de pression »

20/09/2019 à 17:08

Sélectionneur adjoint de la Mauritanie, Ahmed Ait-Ouarab est également, depuis juillet, numéro 2 au Puy Foot 43, jeune promu en National 1. Son arrivée au côté du coach Roland Vieira, le début de saison de l'équipe en N1, sa double-casquette d'entraîneur, sans oublier quelques mots pour évoquer son ancien club Lyon-Duchère AS et Karim Mokeddem.... l'entraîneur adjoint du Puy s'exprime pour Actufoot.

Ahmed, comment se présente cette 8e journée de championnat du côté de Cholet ?

On va rencontrer une équipe de Cholet qui, un petit peu comme nous, réalise un début de saison moyen. C’est peut-être un peu plus normal pour nous qui découvrons le National, et un peu moins pour eux qui essayent d’avoir une saison confirmée et jouent le haut de tableau. Les deux équipes vont essayer de se sortir de ce bas de classement. L’idée, c’est de faire un match cohérent, d’être dans la recherche de progression. On découvre le championnat, mais le but n’est pas de le subir pour autant. Au contraire, on veut pouvoir répondre présent et être au niveau chaque week-end.

Après 7 journées, le bilan est un petit peu difficile (1 victoire, 2 nuls en 7 matches). En quoi-est-ce un apprentissage difficile ?

L’apprentissage, c’est pour la forme, mais en réalité, on a quand même beaucoup de joueurs qui ont connu ce niveau-là déjà. Je pense que l’apprentissage est plus dans la gestion des matches, le fait qu’aucun d’entre eux n’est facile. Tous sont disputés, et la plupart se jouent à des détails. C’est vraiment sur ça que les joueurs doivent se mettre vite à la page. Après, nos débuts difficiles s’expliquent aussi par le fait qu’on avait construit un effectif pour être solide défensivement et qu’on a eu pas mal d’absents et de joueurs qui nous ont fait défaut sur ce début de saison. On n’a pas été épargnés du tout et très souvent, quand « on joue le bas de tableau », il faut d’abord être solide derrière.

L’équipe s’est, il est vrai, davantage distinguée par sa faculté à marquer des buts. (6 d’un coup contre Bastia-Borgo notamment).

Oui, c’est pour ça que je ne suis pas trop inquiet pour le reste de la saison. Je suis persuadé que l’on va faire ce qu’il faut et bien bosser pour obtenir ce qu’on veut aller chercher. Mais en effet, offensivement, on est capable de faire des choses donc il nous manque à trouver cette petite solidité défensive. Derrière, tout devrait bien se passer.

Fort heureusement, c’est très serré dans le bas de tableau et la pression ne se fait pas encore sentir pour le moment en termes de points.

Tout à fait. Et moi, ce que j’ai trouvé de bien au Puy, c’est un club familial qui veut grandir et retrouver les gloires passées. Le président est une personne passionnée, qui s’entend bien avec le coach. Mais ce qui est intéressant, c’est qu’on n’est pas du tout dans un principe de pression. Le président a confiance au coach, on bosse et il sait que ça va venir. J’ai aussi envie de dire que si on commence à se mettre la pression dans ce championnat, on l’aura toute l’année. Quand j’étais encore à La Duchère, il y a une saison lors de laquelle à trois journées de la fin, il y avait neuf équipes qui jouaient le maintien et les neuf autres, la montée. Cela veut tout dire.

Avec l’expérience qui est la vôtre de ce championnat National, quels sont les éléments indispensables à présenter pour pouvoir se maintenir ?

Ce serait trop simple s’il y avait une recette écrite et toute faite (sourire). Comme dans tous les championnats, la solidité défensive est un socle de travail important. Après, ce n’est pas simple en National car on commence à voir des joueurs de talent offensivement, capables de mettre des buts venus d’ailleurs. Selon moi, avec une bonne rigueur tactique et une solidité défensive, on arrive toujours derrière à marquer des buts avec les joueurs, sans problème.

Comment se passe votre relation avec Roland Vieira ? On sait que c’est lui qui vous a proposé de le rejoindre sur le projet du Puy…

Comme on dit, c’est un petit peu aussi le hasard des opportunités. Cela faisait un an  que « j’étais sur le marché » même si à côté j’avais mon activité en tant qu’adjoint de la Mauritanie avec Corentin Martins. Mais cette casquette ne prenait pas toute l’année donc il y avait la place pour faire autre chose. Dans mes critères, je n’avais pas le souhait de déménager de la région de Lyon puisque ma femme et mes enfants y sont installés. Pour accompagner mon expérience internationale, il me fallait un projet local, régional. Dans la région Rhône-Alpes, il y a quelques clubs mais le tour est vite fait en N1, N2. C’est vrai qu’au Puy, Roland Vieira travaillait depuis pas mal d’années sans adjoint. Il avait un préparateur physique l’an dernier qui faisait un petit peu office d’adjoint. Cela s’est bien passé puisqu’ils ont réussi à monter. Est arrivé aussi Olivier Miannay, qui a permis de structurer le club, travailler sur le recrutement et accompagner le staff. Pour Roland, c’était le moment avec cette montée d’avoir un staff un peu plus élargi. On va dire que les planètes se sont alignées. Aussi avec le coach, on se connaissait puisqu’on avait fait ensemble l’Equipe de France U16, avant de se recroiser au cours de nos carrières respectives en Ligue 2/National.

On imagine que votre expérience de ce championnat National a forcément compté dans votre arrivée au Puy… 

Forcément, ça a compté. On s’est souvent retrouvé avec Roland lors de matches amicaux que ce soit à la trêve ou en période estivale avec La Duchère les années précédentes, puisque avec Karim, ça matchait bien aussi. De fil en aiguille, c’est devenu comme une évidence.

Comment jonglez vous avec votre double casquette ?

Je serai absent quatre fois cette année du fait des quatre trêves (septembre, octobre, novembre et mars). On n’est pas dans une année de grande compétition internationale comme la CAN donc cela se ressent moins. Ça fait un petit peu plus de boulot mais c’est tout à fait faisable. De plus, c’est agréable car je suis sur le même rôle et ça me permet d’apporter des choses d’une fonction à l’autre.

Gardez-vous un œil sur le parcours de votre ancien club Lyon-Duchère AS, et sur celui de Karim Mokeddem à Bourg-en-Bresse ?

Concernant Karim, forcément on suit car c’est quelqu’un que j’apprécie beaucoup, on s’est côtoyé pendant de longues journées. C’est un nouveau challenge pour lui, dans une belle structure. Ça ne démarre pas comme il l’aurait voulu mais je lui fais assez confiance sur le fait qu’il travaille pour que ça s’améliore. Je ne me fais pas trop de soucis pour lui. Concernant La Duchère, le projet je le connais très bien (ndlr : Ligue 1 2024) puisque le président m’a proposé d’y participer. J’avais l’opportunité d’y retourner cet été mais plus dans un rôle administratif au niveau des partenariats et du sponsoring, missions que j’avais là-bas à l’époque. J’ai opté pour le Puy même si je trouve le projet de Mohamed Tria très cohérent. Après, un club de football n’est pas une entreprise, mais est dépendant des résultats sportifs. Je pense que le projet et le président sont en route pour quelque chose de très sympa. Le rôle de Laurent Roussey est essentiel pour son avancée, et si ça ne doit pas se faire cette année ça se fera plus tard. Je pense en tout cas qu’ils sont sur la bonne voie.

 

Crédit photo : Le Puy Foot 43