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Alain Pochat (FC Villefranche-Beaujolais) : « Il fallait garder nos principes »

02/06/2018 à 9:34

Alain Pochat est un homme heureux. L'entraîneur du FC Villefranche-Beaujolais a longuement commenté la montée acquise par son groupe en National.

Quelle saison vécue par votre équipe en National 2 !

On est parti avec l’intention de bien figurer dans ce championnat, de s’étalonner avec un nouveau staff, un nouvel effectif, et un projet sur 2-3 ans de faire grandir le club. C’était notre ligne de conduite en début de saison, en se disant qu’on verrait où on serait à la trêve. Ensuite, on devait être régulier, et bien positionné en avril-mai pour exister en sachant que c’est un championnat compliqué, car il n’y a qu’un club qui monte.

Revenons sur le début de saison….

Malgré nos matches amicaux, on a tatonné, on avait des résultats mi-figue mi-raisin. Puis on a fait une grosse série, on a gagné 5-6 matches d’affilée avant la trêve et on a basculé devant. Ensuite, le début 2018 a été frustrant. On était content de notre contenu dans le jeu, qui a été notre support toute la saison pour faire douter l’adversaire. Mais on a loupé notre match contre Jura Sud, contre qui on fait une erreur défensive. Puis, au Puy, on perd 2-1 dans les arrêts de jeu, alors qu’on mène 1-0.

Quel est l’état d’esprit alors ?

On est très frustré. Andrézieux s’était envolé, avec 6-8 pts d’avance. Beaucoup de gens se demandaient pourquoi ne pas faire jouer les jeunes pour préparer l’avenir. Nous, en interne, on voulait aller chercher la meilleure place possible. A l’arrivée, on réalise une fin de saison exceptionnelle. Pourtant, on disputait des matches couperet, on n’avait pas le droit à l’erreur. Mais on a réussi à inverser la tendance, notamment dans les confrontations directes, puisqu’on a battu deux fois Andrézieux. On a sorti la tête du bois au bon moment, avant d’avoir le bonheur de finir à la maison avec beaucoup d’engouement et de public. C’était exceptionnel. C’est pour ça qu’on bosse toute une saison, même si ce sont des moments rares, car monter de N2 en N1, peu de joueurs ont fait ça.

Vous évoquez le fait de faire jouer des jeunes. Ce n’était pas possible ?

On l’a fait. Samy Belkorchia était en réserve, il est devenu titulaire et a enchainé des matches en N2. Il y a aussi Lucas Camelo, un U19, qui était tout le temps avec nous, et qui était titulaire en fin de saison. Des jeunes sont arrivés et ont pris leur place car ils étaient performants et qu’ils ont bossé. C’est un bon message aux jeunes de montrer qui s’ils sont performants, ce n’est pas le CV qui compte mais qu’ils peuvent acquérir du temps de jeu. Cela dit, quand on parle de projet, de faire grandir le club, même si la première année, on n’arrive pas à atteindre le graal, il y a un message à envoyer, c’est d’être performant, de gagner les matches. Il faut donner une culture de la gagne. Andrézieux pouvait s’échapper, mais il fallait garder nos principes. Je ne suis pas adepte de finir en roue libre. On peut terminer 2e, 3e, mais c’est toujours valorisant de finir du mieux possible.

Qu’est-ce qui a fait votre force ?

On a su avoir un fil conducteur, fixer un cadre avec les joueurs. Ce sont nos repères qui nous ont aidé, tout en continuant à prendre du plaisir. Mais il faut que les joueurs aient envie de jouer ensemble, c’est ça notre force, autant que notre état d’esprit, en foot ou hors foot. On a fait des stages, du VTT, des sorties raquette. Il y a une cohésion très forte. En plus du jeu, les garçons n’ont rien lâché pour se battre jusqu’au bout.

Quel est votre objectif sur ce mercato ?

L’idée est de garder une grosse ossature de cet effectif. Si on a réussi, c’est qu’il y a de la qualité. Il faut renforcer le groupe avec des garçons qui vont rentrer dans le moule au niveau de l’état d’esprit et l’association de joueur. Sachant qu’on monte d’un cran, l’intensité et et l’impact athlétique seront plus forts.

Et les déplacements plus longs.

Pour durer, il faut être vite préparé, en terme d’infrastructures, de préparation athlétique, de récupération, de confort pour les trajets. On va disputer 34 longues journées, c’est éprouvant. On travaille avec le club pour mettre en place de meilleures solutions, comme partir la veille pour être performant.

En terme d’arrivée, avez-vous des pistes ?

On a vraiment ciblé des joueurs il y a un moment. On avait une option pour monter, donc on a sondé certains joueurs qui étaient nos premiers choix. On n’est pas loin de concrétiser des joueurs confirmés de N1.

Crédit : Actufoot