15 ans ActufootInterview

Bernard Morlino : « Actufoot, c’est le France Football du Football Amateur »

05/04/2017 à 15:57

C’est une histoire qui nous passionne. Une histoire que l’on défend à chaque instant. Une histoire à laquelle on s’attache. 15 années maintenant qu’Actufoot accompagne le football départemental dans ses bons comme dans ses mauvais moments. D’abord dans le 06, puis au niveau national (depuis février 2017) de nombreuses personnalités ont accompagné l’évolution du réseau depuis son premier numéro le 21 décembre 2001. Pendant un mois, nous partons à la rencontre de 15 acteurs du football qui ont marqué notre histoire.

Il avait pour habitude de poser sa patte chaque semaine sur le journal Actufoot. Un edito toujours bien écrit, bien pensé, sans langue de bois. Jamais. Nous sommes partis à la rencontre de l’écrivain, Bernard Morlino. Entretien.

Si je vous dis Actufoot, vous me dites…

C’est un journal qui représente tout le football régional. C’est bien de traiter le football amateur de la même façon que les pros. Dès le début, c’est ce qui m’a frappé. C’est comme un France Football mais pour tout le Football Amateur.

Aujourd’hui, les deux plus gros pure players traitant du football amateur dans les départements (Actufoot et Footengo) fusionnent pour ne former qu’un. Quel regard avez-vous sur cette nouvelle aventure ?

C’est vraiment bien ! On sent la transformation. On est passé d’un journal essentiellement papier, à un site national. Et tout ça part de Nice, c’est comme un rêve. C’est à l’image de Cédric Messina. Dès le début j’avais vu son gros potentiel. J’aimais beaucoup son élan. Il est comme un joueur de foot, il est vif.

My Coach, par le biais de l’opération Label Educateur, et Actufoot permettent la mise en lumière des bonnes pratiques dans le football. C’est important aujourd’hui de valoriser ces actions qui permettent d’améliorer l’image du football ?

C’est important de mettre en lumière le bon côté du football et surtout le jeu, le terrain. Tout part de là, il ne faut pas l’oublier, cette construction est importante.

Pour le football amateur, quel impact a le média Actufoot ?

Dans la presse nationale, le football amateur ne bénéficie pas d’un traitement important. Actufoot touche tout le monde. Les acteurs sont contents, ils ont accès à une majorité de championnats.

Quel souvenir, article, moment, vous a le plus marqué sur Actufoot ?

Le numéro avec en Une Cantona était vraiment beau. J’aimais bien aussi réaliser l’édito avec les montages photos créés par Julien. Sans oublier les dessins de Faro. C’était magnifique, il était tendre et cruel à la fois.

Comment en êtes-vous arrivé à participer à l’aventure Actufoot ?

Tout est parti de René Marsiglia. Alors qu’il était encore joueur, il s’était blessé au tendon d’Achille. J’étais allé le voir à l’hôpital, on était devenu ami. Il lisait mes livres, il aimait bien. Un jour il m’a présenté Roger Ricord qui m’a rapidement conseillé à Cédric. On était tous les deux des passionnés de ballon, un peu fous (sourires).

En même temps, ça vous permettait d’allier vos deux passions, le football et l’écriture…

Vous savez dès mon plus jeune âge je suis tombé dedans. Le sport pour moi était une forme de libération. Petit, je découpais les articles dans le journal. A côté de ça, j’ai toujours également aimé écrire. Mon premier papier était pour la page courrier dans le France Football qui était orange à l’époque. J’avais 15-16 ans, j’avais demandé à ce qu’on filme le match pour éviter les erreurs, c’était très important pour moi.

Votre premier papier pour Actufoot ?

Si je m’en souviens bien, c’était forcément sur l’OGC Nice. Avec l’époque Gernot Rohr. On était leader du championnat de L1, j’y croyais comme un fou, on avait une véritable équipe de guerriers. Souvent on accompagnait l’édito, d’un montage photo, ça apportait toujours un plus.  J’ai gardé tous les numéros d’Actufoot.

« On a tendance à oublier l’essentiel : le jeu »

Bernard Morlino, aujourd’hui que devenez vous ?

J’ai toujours mon blog que j’alimente. Je suis un peu toute l’actualité du football notamment les performances de l’OGC Nice et de l’AS Monaco. J’écris également un nouveau livre « Vintage Football Club ».

Vous qui êtes natif de Villefranche, Monaco et Nice gardent toujours une place particulière dans votre cœur ?

J’ai toujours vu jouer les deux équipes. Enfant, j’allais voir un match au stade tous les week-ends. Un samedi à Nice, un autre à Monaco. Et toujours en populaire. Je ne connaissais pas la tribune présidentielle. C’est comme ça que j’ai appris le football. C’était une époque formidable. Et très sincèrement, si je n’avais pas eu ça, je me serais bien emmerdé !

On a l’impression que le football représente quelque chose de fort pour vous…

Bien-sûr ! J’aimerais pouvoir enseigner le football, l’amour du football je ne pense pas qu’aujourd’hui ça se fait. C’est quelque chose qui peut sauver une vie. Un éducateur m’a dit un jour qu’il y a des jeunes en centre de formation qui sont là essentiellement pour l’argent. Ça me dépasse ! C’est bien pour ça, qu’un média comme Actufoot a son importance. Il parle football, ballon, jeu. Aujourd’hui, si on analyse un peu les autres, ce qui passe dans les émissions à la télévision par exemple, on parle plus souvent des affaires qui entourent le football et on a tendance à oublier l’essentiel : le jeu.

C’est aussi une question d’éducation au football donc ?

Certainement. Vous savez quand j’étais petit, je ne regardais aucun match à la télévision, à l’exception de ceux de l’Equipe de France. Tout se fait par la radio. Je sortais du stade, j’écoutais la voix de Bernard Spindler qui nous donnait les résultats des autres matchs. A mon époque le football était rêvé, fantasmagorique. Mon père me parlait de Di Stefano, de Puskás, des grands joueurs que je ne voyais pas jouer. De temps en temps un article, mais tout se faisait par le rêve. Je ne voyais aucune image. La première coupe du monde que j’ai vue, c’était en 1966. Tu attendais 4 ans pour pouvoir les voir. Je calculais même combien de Coupe du Monde j’allais pouvoir vivre.

Aujourd’hui les matchs passent tous, ou presque, à la télévision. Cette notion de rêve n’est plus aussi présente…

On consomme le football différemment. On a les matchs en différé, que je ne regarde pas, je je n’aime pas ça. On a également toutes ces émissions où on voit tous les buts. Je ne suis pas fan non plus. Le football c’est la rareté, c’est la somme d’échec. Le football convoque 100 000 personnes pour un 0-0. Aucun sport au monde ne fait ça.

Un sport universel…

Complètement ! Quand je jouais à Villefranche ce que j’aimais, c’était ce mélange des cultures, des origines. Tous les milieux sociaux étaient représentés, ça me plaisait beaucoup.

Justement quel genre de joueur étiez-vous ?

J’étais trop frêle, un peu comme Pastore, je me suis étoffé vers 18 ans. Je jouais en 8. J’aimais bien distribuer, travailler pour l’équipe. Mais j’étais souvent blessé à la cheville, ça ne m’a pas aidé.