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Bilel Bala (CRT) « Lorsque l’équipe joue, tous les magasins en ville sont fermés »

23/01/2018 à 18:31

Bilel Bala, milieu relayeur passé par le FC Côte Bleue et par l'AS Gémenos (Bouches-du-Rhône), a signé l'été dernier pour le Chabab Riadhi de Témouchent, club de 4e Division algérienne. Aujourd'hui à la 1ère place du classement en championnat, le joueur s'est confié sur son expérience à l'étranger. Interview.

Bilel, pouvez-vous nous expliquer les raisons qui vous ont poussé à signer en Algérie à Témouchent l’été dernier ?

Je voulais vivre autre chose, voir autre chose, mieux connaître ce pays et sa mentalité. En plus, financièrement, je m’y retrouvais donc c’était parfait…

Comment s’est passée votre adaptation ?

Mon adaptation s’est directement bien passée ! La mentalité ici n’est pas la même, les gens sont chaleureux. C’est vraiment plus qu’une équipe, c’est une famille aujourd’hui.

Sur le plan sportif, où en est l’équipe aujourd’hui ?

En ce moment, c’est la trêve. On est 1er du classement et malheureusement on vient juste de se faire éliminer en 32e de finale de coupe d’Algérie aux tirs au but contre Blida, une équipe de Ligue 1.

A quel niveau français pouvons-nous comparer le niveau dans lequel vous jouez ?

Le niveau ici est à la fois technique et très physique mais moins tactique qu’en France. C’est très différent et c’est donc difficile de le comparer…

Qu’est ce qui est différent et comparable par rapport à ce que l’on rencontre dans les clubs français ?

La différence, c’est la ferveur qu’il y a pour le football dans ce pays, qui plus est au CRT car c’est le club de la ville ! Lorsque l’équipe joue, tous les magasins en ville sont fermés et tout le monde vient au stade voir le match. Jouer devant 6000 personnes tous les weekend, c’est toujours plus agréable… Ils sont même parfois au stade une heure avant le coup d’envoi, c’est vraiment incroyable… Une fois, j’ai même vu un homme pleurer de joie à la fin du match car on avait gagné dans les dernières secondes.

Pouvez-vous nous parler de l’encadrement du club ? (président, coach, staff, joueurs, objectifs)

On a un très bon encadrement car c’est un club qui a toujours évolué en Ligue 1 ou en Ligue 2. Le club a donc gardé les infrastructures de ce niveau. On a une salle de musculation, une piscine et un hôtel dans le stade dans lequel on fait les mises au vert avant les matchs importants. Le président, c’est Amine Chick, un français originaire de cette ville. C’est d’ailleurs lui qui m’a fait venir ! C’est un vrai homme comme il n’en reste plus beaucoup dans le football… Il a toujours fait ce qu’il a dit et il investit beaucoup de son argent dans ce club. Il est encore plus aimé que le Maire ici ! (Rires) J’ai aussi la chance d’avoir un coach et un staff technique de qualité. En plus, ils parlent tous français ! En ce qui concerne les joueurs, ils ont, pour la plupart, joué en Ligue 1 ou en Ligue 2 ici.

Conseilleriez-vous aux autres joueurs français de prendre le même chemin ?

Moi, je n’ai rien à conseiller à qui que ce soit ! Certains n’ont pas compris pourquoi je venais ici, mais chacun est libre de faire ce qu’il veut. Et même si demain je venais à revenir en France, je ne regretterais en aucun cas ce que j’ai vécu ici.

Pouvez-vous vous imaginer jouer quelques années de plus là-bas ? Quelles sont vos ambitions personnelles ?

Oui, je pense pouvoir m’imaginer ici dans quelques années. Après, on ne sait pas de quoi demain est fait… Si ça se trouve, demain je reviens en France et je reprendrai ma vie où elle était avant. Mais, je veux vraiment réussir ici.

Que peut-on vous souhaiter maintenant ?

D’être heureux et d’avoir la santé !