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Boukary Dramé (ex-PSG et Atalanta) : « Tactiquement, Gasperini est un génie »

11/08/2020 à 17:15

Formé au Paris Saint-Germain et ancien joueur de l'Atalanta Bergame (2014-2018), Boukary Dramé (35 ans) nous a accordé un entretien exclusif dans lequel il aborde le 1/4 de finale de Ligue des Champions (mercredi, 21h) entre ses deux anciens clubs. Le défenseur ex-international sénégalais, qui recherche par ailleurs un nouveau projet en France ou à l'étranger, évoque notamment la nouvelle dimension prise par le club bergamasque, à laquelle il a contribué.

Quelle a été votre réaction au moment du tirage ?

J’étais très ému car je ne m’y attendais pas. Je me languis de ce match pour voir ce que ça va donner. J’ai continué à suivre le championnat de France même lorsque je jouais en Italie et pas seulement mes anciens clubs (PSG et Sochaux). Connaissant bien l’Atalanta, j’ai une petite idée de ce que cette rencontre peut offrir.

Entre deux clubs qui marquent assurément votre carrière.

Paris m’a formé, j’y ai fait mes premiers matches. C’est là où tout a commencé pour moi. A l’Atalanta, je suis arrivé en tant que joueur confirmé et qui possède de l’expérience. Ce sont des endroits, des clubs où j’ai connu des satisfactions que je n’oublierai jamais. Le PSG, c’est particulier aussi parce que j’ai grandi en région parisienne.

Vous avez même étrenné le numéro 93 sur votre maillot avec Bergame, en référence à la Seine Saint-Denis, votre département de naissance.

C’était un petit clin d’œil (voir photo Une) par rapport au département où j’ai grandi et fait mes premiers pas. Je suis né à Villepinte, mon premier club était Aulnay. C’était pour me représenter ainsi que tous ceux qui sont de chez moi, du 9-3. J’y revient souvent puisque mes amis et ma famille y vivent. Mais je possède aussi beaucoup d’attaches à Bergame où je suis d’ailleurs sur le point de prendre un appartement !

Pourquoi avoir rejoint le club en 2014 ?

J’arrivais en fin de contrat avec le Chievo Vérone et j’avais le choix entre le Torino et l’Atalanta Bergame. A l’époque, le Torino était beaucoup plus connu en France mais ayant fait quelques années en Italie, je savais la réputation de l’Atalanta, à quel point il était structuré. C’était déjà un club économiquement très stable avec des infrastructures qui n’avaient rien à envier aux gros clubs de Serie A. J’ai su que c’était une institution sérieuse et qui respecte beaucoup les joueurs donc j’ai foncé.

Boukary Dramé sous les couleurs de l’Atalanta en 2016 face à Bologne (Crédit photo : Icon Sport).

Avec Gian Piero Gasperini, l’Atalanta a changé de dimension, passant d’une équipe vouée à jouer le maintien à un prétendant régulier aux places européennes. Comment avez-vous vécu cette transition ?

Effectivement j’étais avec le coach Gasperini quand il est arrivé. Ça me fait d’autant plus plaisir de les voir aujourd’hui puisque j’ai contribué, à mon niveau, aux fondations de cet Atalanta. Très franchement, je ne suis pas étonné que le club en soit arrivé là puisqu’il y a tout pour réussir à Bergame comme je vous l’ai expliqué précedemment. Quand on est ici, on s’en rend  vraiment compte. A l’extérieur dont en France, on ne parle de l’Atalanta que depuis que le club se mêle au haut de tableau.

A quel point le coach est-il important dans cette période faste pour l’Atalanta ?

Une grande partie du mérite lui revient. Il a fait en sorte que tous les joueurs adhèrent à ses méthodes et je peux vous dire qu’au début, on avait du mal. Il fallait assimiler énormément d’informations. En Italie, c’est beaucoup de travail tactique, de  recherche de complicité entre les joueurs. Ça a pris du temps mais on a vu que d’années en années, l’équipe n’a fait que progresser et améliorer ses performances. Si on enlève le coach du club, les résultats ne seront pas les mêmes.

« Tactiquement, Gasperini est un génie »

Sur quoi insistait-il auprès du groupe lors de votre passage ?

Les entraînements étaient extrêmement intenses. Pour le coach, si tu y vas fort à l’entraînement, tu iras fort en match, donc plus que l’adversaire. On sait que les matches se jouent majoritairement d’un point de vue physique, à celui qui en veut le plus. Le talent ne suffit pas et il faut être davantage prêt que l’adversaire pour faire la différence.  C’est ce qu’il nous faisait comprendre. Tactiquement, Gasperini est un génie. Il arrivait mieux que personne à trouver des combines pour contrer l’adversaire.

L’adversaire n’avait plus de secret pour vous ?

En Italie, tout ce qu’on travaille tactiquement en semaine se fait en fonction de l’adversaire que l’on va jouer le week-end. Le coach a déjà analysé et connait toutes les caractéristiques de l’équipe et des joueurs adverses. Il connait sa façon de jouer et son objectif est de trouver des failles pour pouvoir les exploiter. Sur ça, il est vraiment très fort. Des fois, tu peux te demander ce qu’il raconte, te dire que ça ne va pas passer en match. Finalement, on voit que si !

Il faut une adhésion totale pour que la mayonnaise prenne et que le discours ne s’essouffle pas ?

Exactement. Le coach a réussi à faire un groupe et lorsqu’il remplace deux, trois ou même cinq joueurs, on ne ressent pas de différence. Il y a la même intensité de jeu et les résultats suivent.

L’Atalanta manque d’expérience en Ligue des Champions. Cela peut-il jouer contre le PSG ?

Bien sûr. L’Atalanta est dans un moment où elle apprend et tout ce qui lui arrive représente un plus. Si elle gagne, tant mieux, si elle perd, ça lui servira aussi en expérience puisque l’équipe est encore qualifiée directement pour la Ligue des Champions la saison prochaine.

« Personne n’aura peur du PSG »

A contrario, cette équipe donne l’impression de pouvoir se transformer en rouleau compresseur peu importe le contexte et la pression qui entoure un match.

Connaissant un petit peu la mentalité du coach, des joueurs et des gens ici à Bergame, personne n’aura peur du PSG. Ils vont donner le meilleur pour essayer de se qualifier au prochain tour.

Le PSG n’a pas le droit à l’erreur…

On connait leur objectif dans cette compétition. Et c’est le PSG qui a la pression par rapport à son histoire récente en Ligue des Champions.

A quel type de match doit-on s’attendre ?

A une rencontre très intense. Si Paris ne met pas de rythme, l’Atalanta en mettra ! Et le PSG devra y répondre. Je pense que nous allons assister à un match ouvert avec des buts !

Dramé (à droite) au duel avec Sidney Govou d’un PSG – Lyon saison 2006-2007 (Crédit photo : Icon Sport)

 

 

 

 

 

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