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Châtelais FC, un rêve devenu réalité qui dure

18/05/2018 à 17:26

Le Châtelais Football Club vit sa dixième année d'existence. Ce club du district de Maine-et-Loire a été créé en 2009 par six amis qui portaient les couleurs de l'ES Segré et voulaient s'affranchir des contraintes inhérentes au niveau CFA2, DH. Parti de rien, le CFC a rapidement profité des coupes et surtout de la coupe de France pour se faire connaître. Ce qui n'a pas manqué d'agacer certains...

En raccourcissant un peu l’histoire, le CFC – rien à voir avec l’émission d’une célèbre chaîne de télévision – est né « d’une discussion en boîte de nuit ». Ambiance saturday night fever. Du rêve à la réalité. « On s’est laissé le temps puis on s’est lancé. On avait envie de créer notre propre club, d’avoir moins de contraintes liées au niveau. C’était un projet un peu fou », rappelle Cédric Chauvin. Avec ses coéquipiers David Lesueur, Charly Saint-Charles, Matthieu Mandelbaum, Benoît Borsato – qui ont tous quitté le club depuis – et son grand frère Jérôme Chauvin, tous joueurs de l’ES Segré à l’époque (CFA2, DH), ils ont tenté le pari. A la fin du mois de janvier 2009, le Châtelais Football Club naissait officiellement dans le Maine-et-Loire. « Pourquoi avoir choisi Châtelais ? Par hasard. On a démarché pas mal de villages. On voulait qu’il y ait un terrain de foot dans la commune mais pas de club. Le premier contact avec la municipalité a été froid. On ne s’y attendait pas. Ils se demandaient ce qu’on venait faire là ? Il a fallu être force de persuasion. La condition était de créer une école de foot au bout d’un an », détaille le président numéro trois du club châtelaisien après les mandats de David Lesueur (2 ans) et Benoît Borsato (3 ans).

Le lieu d’implantation trouvé, il a fallu recruter des joueurs – « on était 17 la première année plus 6 dirigeants » – et décider des couleurs à porter. « On voulait se démarquer donc c’est pour ça qu’on a choisi le rose. Ça a été pris pour de l’arrogance », explique Cédric Chauvin. Les débuts n’ont pas été simples sauf sur le plan sportif. « Il y a clairement eu de la jalousie même plus… Nos résultats étaient scrutés. Certains pensaient que le club n’allait pas durer. On a commencé en troisième division et on a fait quatre montées d’affilée. La première année, on avait marqué énormément de buts et on avait participé au Mozaïc foot challenge à Clairefontaine. On avait gagné le tournoi final. Je me rappelle que le parrain était Pauleta. Je suis fan des Girondins de Bordeaux. Il était venu le dimanche. J’avais fait exprès de demander à sortir du match pour pouvoir aller faire lui faire signer mon maillot », glisse le défenseur ou milieu défensif de 39 ans (2e debout à gauche sur la photo ci-dessous) comblé d’avoir pu rencontrer l’Aigle des Açores.

Si les Marine et Rose sont montés jusqu’en division supérieure devenue D1 – le plus haut niveau départemental – en 2015-2016, le club, qui a eu une équipe réserve pendant deux ans avant de la supprimer, a construit sa renommée dans la région grâce à ses parcours et exploits en coupe. Et en particulier en coupe de France. « Lors de notre deuxième saison, le match contre Le Poiré-sur-Vie, qui était en CFA (N2), au quatrième tour a été un coup de boost à notre projet. Il y avait 1 000 personnes au stade du Mortier. C’était un truc de barjots. On n’avait perdu que 2-0. Malheureusement, on n’a jamais réussi à tirer de gros poissons ensuite… » Certes mais la formation châtelaisienne a tout de même éliminé la Vaillante d’Angers pensionnaire de DRS (R2) en 2016 et atteint deux fois le cinquième tour de l’épreuve. « En 2015, on a perdu contre Saint-André-des-Eaux aux tirs au but. On nous avait appelés pour filmer le match. On a le DVD. Il faisait un temps de chien. On s’était dit qu’on ne revivrait jamais ça et l’année suivante on s’est aussi qualifié pour le cinquième tour. On avait perdu contre La Mothe-Achard, une PH, à la 117e minute, sur un but contre notre camp. On a aussi fait deux demi-finales de challenge de l’Anjou en 2010 et 2016. On doit être à peu près à 50/50 au niveau ratio qualification/élimination contre des clubs de ligue. On s’est qualifié plusieurs fois aux tirs au but grâce à notre gardien Tony Marsault. Sans lui, on n’aurait pas eu les mêmes parcours. »

Bénéficiant de joueurs expérimentés dans ses premières années d’existence, la formation de Jérôme Chauvin, 42 ans, entraîneur depuis la création, joueur et vice-président – « c’est la pièce maîtresse du projet dans le domaine sportif » – a surpris bon nombre de ses adversaires notamment sur son terrain qui a fait et fait encore l’objet de railleries. « On sait qu’il n’est pas bon. Il n’est pas arrosé. Mais nos infrastructures nous conviennent. On ne demande rien à la mairie. Combien de fois je me suis fâché en entendant ou en lisant les critiques à propos de notre terrain… On avait l’impression que les équipes avaient perdu contre des branques », lâche Cédric Chauvin. Redescendu en D2 il y a deux ans, le CFC se plaît en district et ne cherche pas à évoluer au niveau régional, créant un paradoxe par rapport aux coups réalisés en coupes. « On nous le dit souvent. On n’a pas l’objectif de monter en ligue. On savait qu’on allait vivre des saisons plus difficiles. En début de saison, ce n’était pas simple, il a fallu recréer un groupe », indique le président, prof de maths et de sport dans le civil. Son frangin, lui, enseigne les maths et les sciences dans le même établissement scolaire. Inséparables ! Et bien décidés à s’investir encore pour le Châtelais Football Club puisse attaquer une nouvelle décennie et vivre encore son histoire singulière.

Charles-Henri Chailloleau

Crédit photos : Châtelais FC