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Cindy Ferreira (Paris FC) : « Porter le maillot de la sélection portugaise ? Un rêve »

15/05/2020 à 13:01

Rencontre avec Cindy Ferreira, native de Noisy-le-Grand et milieu de terrain du Paris FC (D1F). Plongez dans le parcours de la joueuse de 26 ans passée par la VGA Saint-Maur, Bordeaux, Toulouse ou encore West-Ham !

Cindy, qu’est-ce qui vous a amené au football étant petite ?

Dès mon plus jeune âge, je jouais au foot aux récréations avec les garçons jusqu’au jour où j’ai décidé de m’inscrire dans un club, à côté de chez moi, au Plessis-Trévise. J’ai tout de suite été bien intégrée, j’ai trouvé ma place. De mes 10 ans jusqu’à aujourd’hui, je n’ai jamais arrêté. C’est devenu ma passion !

Votre passion pour le football a tout de suite été acceptée par vos proches ?

C’est compliqué… Mes parents ne m’ont jamais interdit le sport que je voulais faire mais ça a été compliqué du côté du papa qui ne comprenait pas pourquoi sa fille voulait faire du foot, un sport de garçons. 15 ans en arrière, ce sport n’était pas médiatisé comme aujourd’hui, c’était vu comme un sport de garçons. Aujourd’hui, on voit de plus en plus de filles pratiquer le football. J’ai été aussi garçon manqué (jogging, baskets) dès mon plus jeune âge, personne n’a été surpris de mon intérêt pour le foot.

Comment votre père l’a accepté ?

Il a vu que c’était quelque chose que j’aimais faire, que je passais du temps à jouer au football. Il s’est fait à l’idée que je ne ferai pas un sport de filles.

Parlez-nous de vos années de formation à la VGA Saint-Maur, l’un des meilleurs clubs féminins de la région parisienne…

Ça a été le premier club que j’ai rejoint après celui du Plessis-Trévise. Au bout d’un moment, je n’avais plus le droit de jouer avec les garçons. On m’a proposé de partir au VGA Saint-Maur, c’était le club le plus près de chez moi et le plus reconnu pour sa formation des jeunes. Du coup, j’y suis parti, j’ai vu la coach, je me suis inscrite et j’y suis restée durant 6 années. J’ai évolué, j’ai progressé, j’ai connu la D2, la D1. Et c’est grâce à ce club que que je suis parvenu à signer dans d’autres…

Découvrir la D2 puis la D1 avec son club formateur, qu’est-ce que cela représente ?

Ça représente beaucoup, c’est là que j’ai découvert le foot et que j’ai connu plusieurs montées.

Ça met en valeur le travail de formation du club de VGA avec peu de moyens ?

Exactement, avec très peu de moyens, on a réussi à monter au plus haut niveau, un travail de longue haleine. On a commencé les entraînements à deux en DH. Régis Moard a réussi à mettre ses idées en place, avec les moyens du club.

Pourquoi avoir rejoint West-Ham en D3 ?

En deuxième année d’études, j’avais un stage de 5 mois à faire en Angleterre mais je devais trouver un travail en parallèle. Comme j’étais en D1 avec Saint-Maur, je ne voulais pas forcément arrêter car j’étais au plus haut niveau, j’avais du temps de jeu. Mes coachs m’ont poussé à partir. J’ai trouvé ce club de West Ham. J’avais le choix avec Charlton aussi. Le niveau était amateur avec 2 séances hebdomadaires, mais ça m’a permis de garder le rythme, de faire des matches le week-end et de valider en parallèle ma 2ème année.

Pourquoi West Ham plutôt que Charlton ?

J’ai démarché différents clubs anglais. J’y suis allés au culot, j’ai envoyé des mails. Ces deux clubs m’ont répondu mais le coach de West Ham m’a montré plus d’intérêts. Lorsque je suis arrivé, j’étais plus à l’aise techniquement, au-dessus du niveau de son équipe et je pouvais apporter un petit plus à son effectif.

C’est assez atypique de poursuivre sa carrière de footballeur en partant en Angleterre pour continuer ses études ?

Oui, tout le monde n’a pas eu ce parcours, après je l’ai pris comme une chance et une opportunité qui a été bénéfique par la suite. Aujourd’hui, si c’était à refaire, je le referai sans problème.

Pour vous, c’était l’un avec l’autre et non l’un sans l’autre ?

C’était primordial pour moi de poursuivre mes études et de continuer ma passion. Je ne gagnais pas encore ma vie à l’époque.

L’effectif de West Ham était-il composé d’étrangères ?

Oui, il y avait des italiennes. J’étais plus proche d’elles.

Pourquoi n’êtes-vous pas resté là-bas ?

J’aurais pu signer en D2 mais pas de projet convenable pour rester en Angleterre et poursuivre mes études. J’ai préféré rentrer en France.

En 2016-2017 vous rejoignez Bordeaux, parlez-nous de cette expérience ?

Après mon départ d’Angleterre, j’étais en 2ème année d’étude et je devais finir ma 3ème année d’école et elle était à Bordeaux. Les Girondins venaient de monter en D1, j’ai fait d’une pierre deux coups.

De 2017 à 2019 vous repassez par la D2, à Toulouse et à la VGA Saint-Maur, un passage obligé pour mieux rebondir ?

Comme Bordeaux n’a pas voulu me conserver, je suis descendu d’un cran pour rebondir avec un projet ambitieux à Toulouse. J’ai décidé d’aller chercher autre chose pour acquérir de l’expérience mais ça été une saison un peu compliquée. Je décide de retourner dans le club de mes débuts, à Saint-Maur. L’année a été compliquée car j’ai travaillé en parallèle (de 9h-18h) et j’enchaînais les entraînements de 20h à 22h. Un rythme très soutenu, j’ai lâché un peu mais je ne pouvais pas faire autrement. Je suis redescendu avec la réserve, j’ai trouvé mon bonheur, j’ai repris du plaisir. Et derrière, j’ai eu la chance de signer au Paris FC. Deux années difficiles en D2 mais finalement, je suis au Paris FC.

Comment avez-vous géré ces moments de doute ?

Comme tout le monde mais je n’ai jamais baissé les bras. Après, c’est l’amour du ballon, ça fait 15 ans que j’en fais et je ne me voyais pas stopper. J’ai eu beaucoup de soutien de mes proches ce qui a joué dans cette volonté de persévérer ! Deux gros facteurs : la passion et les proches.

L’été dernier vous avez rejoint le Paris FC. Quel avis portez-vous sur votre saison ?

A titre collectif, nous sommes 5èmes, notre objectif était le Top 3, mais on a perdu bêtement des points, ça fait partie du jeu. La crise sanitaire a freiné tout le monde mais je trouve que l’on a fait une saison satisfaisante. A titre personne, au vu de mes dernières années, je reviens de loin. Pour moi, c’était une saison de transition, je dois faire encore des progrès. Je n’ai pas eu beaucoup de temps de jeu mais je ne regrette pas mon choix. Je sais où je dois progresser, ça viendra tout seul.

Pensez-vous qu’un jour le Paris FC pourra concurrencer le PSG ?

Cette année, le PSG nous a été supérieur notamment sur le match retour mais je pense que dans le futur, le Paris FC peut concurrencer le PSG.

Quelles sont vos ambitions pour la suite de votre carrière ? La sélection portugaise est-elle dans un coin de votre tête ?

Devenir un élément important du Paris FC, me stabiliser dans ce club, progresser. Porter le maillot de la sélection portugaise, oui ça serait mon rêve d’être internationale un jour !

Propos recueillis par Farid Rouas.

Crédit Photo : Paris FC