Interview - N1US Orléans

Claude Robin (US Orléans) : « J’ai encore cette cicatrice qui n’est pas totalement fermée »

08/10/2020 à 17:05

Quelques jours après le large succès de son équipe face à Annecy (6-1), Claude Robin s'est confié à Actufoot. L'entraîneur de l'US Orléans exprime une certaine amertume sur la fin de son aventure dunkerquoise et évoque son arrivée dans le projet du club du Loiret. (Photo : Icon Sport).

Après ce début de championnat (8e après 8 journées), c’est toujours “une belle galère” le National ?

Oui, oui, c’est toujours un championnat compliqué avec une nouvelle équipe, c’est difficile mais on s’accroche. C’est bien d’être revenu car c’était mal engagé après deux défaites consécutives. Maintenant, j’espère qu’on vivra une montée en puissance. On sait que le match qui compte, c’est celui d’après. Et le suivant ne sera pas une mince affaire, contre la redoutable équipe de Quevilly-Rouen !

Un championnat que vous aviez découvert avec Dunkerque et avec qui vous avez accéder à la Ligue 2. Mais que s’est-il passé pour que l’aventure s’arrête aux portes du monde professionnel ?

J’essaie d’oublier, je ne vais pas encore ranimer cette flamme. Il y a pleins de choses à dire, j’essaie d’oublier. J’ai encore cette cicatrice qui n’est pas totalement fermée et je n’ai pas envie de la rouvrir. Je vais essayer de passer outre en me focalisant sur cette équipe d’Orléans qui m’a fait confiance. Je n’ai pas envie de dire des choses sur Dunkerque. Il y a toujours un temps pour dire des choses et ce n’est pas le bon moment. Je vois que mon groupe dunkerquois, car c’est le mien et je le revendique, continue son chemin en Ligue 2 et j’en suis fier pour mes joueurs.

Malgré cette amertume, regardez-vous les résultats de Dunkerque ?

Oui bien sûr que je suis les résultats de Dunkerque. Et je suis content une nouvelle fois pour mes joueurs uniquement !

Revenons à Orléans. Vous avez dit “ce club vous ressemble” mais en quoi précisément ?

C’est un club à dimension humaine, il y a beaucoup de choses à reconstruire ou à construire comme on veut. Ce n’est pas simple dans un club, encore une fois qui a vécu un traumatisme avec la descente. C’est la difficulté de la tâche mais je m’y attèle. J’espère que l’on va poursuivre notre montée en puissance.

Donc ce qui s’est passé « sportivement » à Dunkerque ne peut pas se renouveler à Orléans selon vous ?

C’est prématuré de dire cela, je n’ai pas encore de certitudes sur mon groupe. Je travaille dessus, j’essaie de donner mon maximum. Vous savez, je n’avais pas non plus de certitudes à Dunkerque et vous connaissez le résultat. Je ne manque pas d’ambitions et j’espère que mes joueurs non plus.

Et vis-à-vis de la présidence ?

Je n’ai pas non plus de certitudes ! Je n’avais aucun problème à Dunkerque, avec personne. J’avais un président, semble-t-il très prés de moi, mais le Covid est arrivé. Et vous savez, lorsqu’il n’y a plus que le téléphone ou la visionconférence comme intermédiaire, ça change les gens. Tout d’un coup, tout a basculé, je n’ai pas compris. C’est comme ça ! Maintenant, j’essaie d’oublier.

Votre groupe a été renouvelé et des piliers sont partis. L’effectif est-il assez costaud pour le National ?

Je ne sais pas, en tout cas, j’ai un groupe de joueurs à disposition et il n’y a pas de raison qu’il ne fasse pas aussi bien que celui de l’année dernière, enfin je l’espère. On va essayer de bien figurer dans ce championnat.

Quels sont les pièges à éviter ?

Je ne sais pas s’il y a des pièges à éviter…de toute façon, il n’y a pas de petite équipe et d’équipe qui se détache dans ce championnat. Tout le monde peut battre tout le monde. C’est encore plus serré que jamais. C’est un piège à tous les matches. Simplement dans ce championnat comme dans tous les championnats, celui qui fait des séries a des chances de bien figurer, a plus de chances que les autres. J’en veux pour preuve, l’année dernière avec Dunkerque. On n’était pas l’équipe à prétendre à la montée car on s’était sauvé l’année d’avant. On a gagné cinq matches de suite, ce qui nous a propulsé devant et nous n’avons plus quitté les deux premières places. Nous sommes la seule équipe à n’avoir pas quitter le trio de tête. Belle performance !

Quelle est votre méthode de travail qui permet à un club comme Dunkerque d’être relégable en septembre 2018 et d’être aujourd’hui en Ligue 2 ?

Je n’ai pas de méthode particulière, je crois beaucoup à la notion de groupe. Je crois que, nous sommes des entraîneurs de six mois car tous les joueurs peuvent partir tous les 6 mois. L’important est de construire un groupe. Je crois en ces valeurs-là !

Avec votre CV, n’avez-vous pas eu d’autres propositions que celle d’Orléans ?

Si j’en ai eu d’autres mais pas énormément, non plus. Je ne suis pas quelqu’un qui attise les convoitises mais ce n’est pas grave. Je me contente de ce que j’ai et encore une fois, Orléans m’a fait confiance. J’en suis très heureux, c’est un club qui a cru en moi, tant mieux. J’espère leur rendre avec ce groupe car je ne suis pas tout seul. Ce que j’ai réussi à faire à Dunkerque c’est grâce au groupe et grâce aux gens qui m’ont aidé à le faire.

Vous aviez déclaré que votre Bible est le magazine France Football. Est-ce (toujours) le cas ?

Oui oui, j’ai tous les FF depuis les années 78-79. Je crois qu’il ne m’en manque pas. J’ai toujours aimé lire ce magazine. Ça m’a toujours bien plu. Et de temps en temps, ça fait toujours plaisir de voir les résultats passés. Et puis, comme ça, je laisserai une trace à mes petits-enfants. Ma femme râle un peu (sic) mais je les ai tous.

Dans le milieu du football, il est beaucoup question de séduction, n’est-ce pas votre problème finalement ?

C’est possible, je suis comme je suis ! Je suis quelqu’un de nature, je n’ai pas pour habitude de mâcher mes mots. Je suis un entraîneur qui fait ce qu’il dit et j’ose espérer que mes joueurs me perçoivent ainsi. Vous savez, j’ai bientôt 60 ans et ce n’est pas aujourd’hui, que je vais changer. Après ce n’est pas parce que nous ne sommes pas séducteurs, que l’on ne peut pas attiser les convoitises.

Que peut-on vous souhaiter pour cette année ?

Que l’on fasse le meilleur championnat possible. L’objectif dans un club comme Orléans est de remonter tout de suite mais avec un effectif autant remodelé, c’est prématuré. Il faut construire d’abord et si on peut jouer la montée, on ne va pas se gêner.

 

Propos recueillis par Farid Rouas