ITWCoach expat

Claude Le Roy « En Afrique, on peut encore dénicher des talents au coin de la rue »

23/10/2018 à 17:16

Emmanuel Adebayor, Alaixys Romao, Gilles Sunu, la Coupe d'Afrique des Nations, le prochain match face à l'Algérie... Claude Le Roy, sélectionneur du Togo, se livre sans retenue. Le "sorcier blanc" se confie pour Actufoot sur ses actions au pays, sur le football africain ou encore sur l'actualité des Éperviers. Interview.

Hervé Renard au Maroc, Sébastien Migné au Kenya, vous au Togo… Pourquoi les sélections d’Afrique font-elles souvent confiance aux entraîneurs français ?

L’Afrique a beaucoup d’anciennes colonies françaises. Du coup, ça parle la même langue, la communication joue un rôle important là-dedans. Il y a aussi une bonne école d’entraîneurs français. Ce n’est pas l’année 2018 qui fera penser le contraire : c’est un entraîneur français qui a remporté la Ligue des Champions et c’est un entraîneur français qui a gagné la Coupe du Monde. Ce sont des coachs qui ont une certaine compétence et qui ont appris à bien travailler. Après, il n’y a pas que de bons entraîneurs non plus. Il y a eu une mode portugaise à un moment, espagnole à un autre, ça évolue… Mais c’est vrai qu’en Afrique, les entraîneurs français ont gagné beaucoup de Champions League africaine et de Coupe d’Afrique des Nations, ce qui encourage à continuer en ce sens.

Vous avez entraîné le Cameroun, le Sénégal, la République Démocratique du Congo, le Congo, le Ghana et maintenant le Togo. Comment expliquez-vous cet amour que vous avez pour l’Afrique ?

J’ai une histoire personnelle et familiale. Depuis toujours, j’ai entendu parlé de l’Afrique chez moi. Mon père s’est battu pour l’indépendance de ces pays africains depuis la fin des années 50. Quand j’avais 10 ans je ne comprenais pas trop ce que ça voulait dire, mais grâce à ça, aujourd’hui, ça me parle. Du coup, quand j’ai eu la possibilité très jeune de prendre la sélection du Cameroun, je n’ai pas hésité une seconde.

En Afrique, vous êtes surnommé « le sorcier blanc ». D’où vient ce surnom et qu’en pensez-vous ?

On sait que, traditionnellement, en Afrique, les équipes étaient entourées de ces tricheurs, ces marabouts et ces sorciers. Quand je suis arrivé au Cameroun, certains étaient même intégrés dans le staff. Comme je venais de Bretagne, et que le premier grand sorcier de l’histoire était Merlin l’Enchanteur, j’ai tout de suite dit que je ne voulais personne dans le vestiaire. Aussi, j’ai obtenu très rapidement de grands résultats sur le continent. J’ai donc naturellement été surnommé « le sorcier blanc ». Ensuite, l’expression a été attribuée à d’autres coachs… mais c’est quelque chose qui m’est resté. Ce n’est pas moi qui me suis autoproclamé comme ça mais ça me fait sourire.

Pourquoi avez-vous choisi de vous installer et de vivre dans le pays dans lequel vous officiez ?

Je pense que si on respecte le pays qui vous engage, il faut connaître sa géopolitique, ses guerres d’indépendance, sa climatologie, l’histoire de ce découpage colonial qui a divisé des familles ou des territoires… Bref, il faut être concerné. Mes enfants ont fait toute leur scolarité en Afrique. On parle souvent de moi comme un entraîneur qui n’a connu que l’Afrique mais j’ai aussi exercé en Asie. Je n’arrive pas à comprendre qu’on ne puisse pas vivre dans le pays où l’on travaille. Le vrai boulot est à faire sur le terrain, c’est là qu’on doit apporter notre savoir-faire, former les entraîneurs, dénicher des talents. Le métier de sélectionneur en Europe n’a rien à voir avec celui de sélectionneur en Afrique !

Concrètement, depuis votre arrivée en avril 2016, quels sont les changements que vous avez apporté au niveau du football dans ce pays ?

J’ai créé « Graines du Togo » qui compte 600 éducateurs. On a tout financé. Les sponsors nous ont suivi. Village par village, région par région, on a tamisé tout le Togo et on a pu répertorier tous les gamins du pays nés de 2002 à 2005. Cela nous a permis de voir 10.000 enfants et adolescents. Ça a été un succès incroyable ! Plein de pays m’ont appelé pour savoir comment j’avais organisé ça et je pense donc qu’on verra cette opération ailleurs. Grâce à ce projet, on a pu lancer une équipe nationale des – de 20 ans qui a d’ailleurs fait le Festival de Toulon. Cela nous a également permis d’avoir des équipes toutes faites de 15, 16, 17 et 18 ans. Ce n’est pas facile au Togo car il n’y aucun championnat Jeunes. C’est d’ailleurs ce qui fait le charme de ce continent : on peut encore dénicher des talents au coin de la rue. On devait donc trouver un moyen de répertorier tous les footballeurs en herbe. Et si on ne vit pas au pays, on ne peut pas faire tout ça ! Il n’y a jamais de repos, on travaille tout le temps, on est tout le temps sur le terrain, dans les quartiers. C’est un boulot de fou mais ça nous fait gagner un temps fou aussi… Le chef de l’État m’aide beaucoup pour les déplacements. Il a parrainé « Graines du Togo » et pour la finale, il était là. Il veut qu’on s’occupe de la jeunesse. J’ai des idées, j’essaye de les faire appliquer mais il y a beaucoup de gens qui m’aident, je ne suis pas seul.

 

« Il faut arrêter de gagner des compétitions en trichant sur l’âge ! »

 

On parle souvent de la question de l’âge des joueurs africains. Certains trichent sur leur année de naissance. Est-ce que « Graines du Togo » a un rôle à jouer là-dedans ?

Oui, c’est bien pour ça que quand on les répertorie très jeune, il ne peut plus y avoir de triche. C’est là mon objectif ! On ne peut plus avoir un joueur de 22 ans qui a une carte d’identité de 17 ans car tout est répertorié. Au Togo, ce n’est plus possible pour ces jeunes de tricher. C’est cautionné par certains entraîneurs et dirigeants. On prend 25 adultes pas trop grands et on en fait une équipe de 17 ans. Des sélections africaines font des finales mondiales en catégories de jeunes alors qu’elle ne sont toujours pas arrivées en phase finale de Coupe du Monde en Seniors. C’est qu’il y a quelque chose qui cloche… Il faut arrêter de gagner des compétitions en trichant sur l’âge ! Après, à cause de ça, on croit qu’un joueur est surdoué alors qu’il n’évolue plus par la suite. On se rend bien compte qu’avec toutes les radiographies, il y a encore des joueurs qui passent à travers tous ces contrôles. Le développement osseux n’est pas le même qu’en Europe où on mange mieux et où le suivi médical est de meilleure qualité. Il y a un retard de développement même si quelques fois c’est l’inverse, il n’y a pas de règles pré-établies. En tout cas, il vaut mieux perdre les matchs et prendre des raclées mais que les gosses se développent normalement.

Qu’avez-vous apporté de nouveau aux clubs du pays et à la sélection nationale ?

C’est difficile d’aller changer des choses dans les clubs. Si on me demande de l’aide, oui, je le ferai, mais je n’impose rien, ce n’est pas mon travail. En revanche, ce qui est de mon ressort, c’est l’organisation de l’équipe nationale. Physiothérapie, cryothérapie, ostéopathie… Gilles Sunu, qui a commencé à Arsenal, est arrivé en sélection avec moi la semaine dernière. Il m’a dit qu’il trouvait ça incroyable et qu’il avait l’impression d’être dans un club professionnel.

Pouvez-vous nous raconter votre quotidien au Togo ?

Ce sont des journées où je rencontre beaucoup de monde, où je me bats pour les visas, les maillots, les équipements, les ballons… Dimanche par exemple, le matin, j’ai réuni mon staff. A midi, je recevais les représentants du foot féminin. A 14H30, je partais au stade voir un match de Ligue 1 et après, on faisait une réunion technique pour penser à la préparation de la pré-liste des joueurs que j’allais retenir pour le match contre l’Algérie le 18 novembre. Après tout ça, j’ai regardé les championnats européens : Mathieu Dossevi à Toulouse, Floyd Ayité à Fulham, Ihlas Bebou à Hanovre… bref, le maximum de matchs où il y a des joueurs togolais. Et enfin, pour le plaisir, j’ai regardé OGC Nice – OM.

Comment avez-vous trouvé ce match entre Nice et Marseille ?

C’était un match moyen avec beaucoup de réussite chez les Marseillais. Nice a été trop maladroit dans les 30 derniers mètres. Marseille s’en tire bien… 1 but pour 1 tir cadré en 90 minutes, le coefficient de réussite est à son maximum. Mais, les Marseillais ont été très solides et très bien organisés. D’ailleurs, les deux équipes étaient très bien organisées.

 

« Quand on a des grands gardiens, on est en général un meilleur entraîneur »

 

René Lobello, l’entraîneur de Tours, nous disait récemment que si on criait sur un joueur chinois, il perdait la face. Vous avez connu l’Europe, l’Asie et l’Afrique. Est-ce qu’on entraîne et on gère de la même manière un joueur européen, un joueur asiatique et un joueur africain ?

Il n’y a pas une sensibilité africaine, asiatique ou américaine. C’est comme les entraîneurs qui disent qu’ils restent les mêmes avec tous les joueurs. Ce n’est pas possible car ce n’est jamais pareil ! Il y a des joueurs qui ont besoin de se faire reprendre de volée publiquement que ce soit en Afrique, en Europe ou en Amérique, et d’autres de se faire reprendre de manière feutrée dans le cadre d’un bureau. Cela n’a pas de rapport avec la nationalité, il faut surtout être attentif aux personnalités. Mais c’est vrai qu’en Asie, surtout chez les Chinois, il faut faire attention à ne pas leur faire perdre la face. J’ai travaillé 2 ans en Chine et c’est vrai qu’il faut être très vigilant. Et encore… ça dépend où en Asie… J’ai bossé 3 ans à Oman et on a gagné la 1ère Coupe du Golfe de leur histoire. Certains avaient besoin d’être repris de volée devant tout le monde, d’autres d’être recadrés en tête-à-tête. Même en Chine, certains avaient besoin d’être recadrés publiquement mais il faut bien connaître les personnalités et les caractères. J’aime les joueurs et tout ce qu’on fait, c’est pour leur rendre service, pas pour les aligner.

Lors de votre précédente liste, vous aviez fait le choix de prendre dans la sélection le jeune Malcom Barcola de l’Academy OL, gardien titulaire de la N2 (CFA). Vous estimez que les joueurs des championnats amateurs français peuvent apporter quelque chose dans une sélection africaine comme celle du Togo ?

Il y a de super gardiens qui ne jouent quasiment jamais car hélas il n’y a qu’un seul poste de titulaire dans une équipe. J’ai de gros problèmes à ce poste depuis que je suis là. Plutôt que de continuer avec un goal d’un âge moyen qui n’a aucune marge de progression, j’ai pris le risque de prendre des jeunes (Malcom et un gardien que j’ai repéré dans un quartier), pour leur donner du vécu avec des matchs éliminatoires de Coupe d’Afrique des Nations. L’expérience a montré qu’ils évoluent beaucoup dans ce genre de compétition. Malcom a encore une grosse marge de progression. Il y a quatre portiers en bataille pour les deux places de gardien de but. Il était numéro 3, il est passé numéro 2. Comment je l’ai choisi ? Je l’ai suivi et les rapports qu’on m’en a fait ont été bons. Aux entraînements, il fait de bonnes séances. Même si ce n’est pas un match, ça prouve tout de même qu’il a des atouts. Il a des qualités techniques dans ses prises de balle. Dans le football moderne, il faut que le gardien respire le foot comme un joueur de champ. Heureusement, comme tout jeune, il va progresser, mais c’est déjà bien d’être arrivé au sein de l’équipe nationale. Maintenant, il faut gagner du temps dans le jeu au pied, progresser dans les interventions qu’il doit faire pour aller plus vite vers l’avant, apprendre à repartir de derrière en jouant au sol… Je n’aime pas qu’on balance devant, j’aime qu’on joue, qu’on libère des intervalles et pour ça il faut trouver de bons gardiens. Dans ma carrière, j’ai souvent gagné parce que j’ai eu la chance d’avoir les meilleurs portiers. Quand on a des grands gardiens, on est en général un meilleur entraîneur.

Vous avez repéré Hakim Ouro-Sama avant même qu’il joue en première division et vous lui avez fait confiance en sélection nationale. Aujourd’hui, le défenseur évolue au LOSC. Comment procédez-vous pour repérer les joueurs ?

Je traîne partout. J’ai pris Eto’o au Cameroun alors qu’il n’était pas encore professionnel. André Ayew a fait une demi-finale de CAN avec moi alors qu’il n’avait pas joué un seul match en pro. C’est le talent qui m’intéresse, les qualités individuelles, la réponse technique aux différentes situations de jeu. Quand je vois des qualités chez un joueur, je le prends. Hakim a joué pas mal de matchs avec nous et il s’est vite intégré. Il a de bonnes qualités techniques pour un défenseur. Il a un bon jeu de tête et possède un fort potentiel. Par contre, il utilise trop sa frappe de balle pour aller chercher loin devant. Mais, on travaille tout ça. Kevin Denkey qui joue à Nîmes est titulaire avec moi et il a marqué contre la Gambie. Il a un énorme potentiel mais il a eu le malheur de tomber dans un club qui a beaucoup d’attaquants. Il ne joue pas avec la Une mais ça ne m’a pas empêché de le mettre titulaire… Moi, je ne me suis jamais occupé de l’âge. A partir du moment où un joueur est prêt physiquement, il joue.

Dernièrement, vous avez réussi à convaincre Gilles Sunu (Erzurumspor – Turquie), ancien international espoirs français, de rejoindre la sélection togolaise. Ça faisait longtemps que vous le vouliez. Comment avez-vous fait pour le convaincre ?

J’aime bien ce registre de joueur. Il a perdu du temps. Il s’est un peu étiolé par rapport au talent qu’il avait. Il faut qu’il reprenne confiance en lui. J’ai rencontré son père qui n’était pas complètement favorable à sa venue. C’est au moment où j’ai commencé à me lasser qu’il nous a fait comprendre qu’il était prêt à nous rejoindre. C’est une personne de qualité, quelqu’un d’intelligent. Humainement, c’est quelqu’un de bien. Au Togo, il y a beaucoup de talents gâchés. Ayité et Dossevi, par exemple, auraient dû faire une toute autre carrière. Il aurait fallu les recadrer plus tôt.

 

« Il n’y a pas de dossier Adebayor ! »

 

Après sa menace de boycotter la sélection, Emmanuel Adebayor était absent lors des derniers matchs des Eperviers. Pouvez-vous nous dire où est-ce que ça en est avec ce dossier ?

Il n’y a pas de dossier Adebayor ! Il ne jouait pas mais il était là avec nous. C’est quelqu’un qui a des grands segments et qui a du mal avec la pelouse de Lomé. On verra pour l’Algérie mais il est trop handicapé par cette surface qui est une tôle ondulée abominable. On a un terrain qui est en travaux et qu’on ne peut plus utiliser et un autre qui est catastrophique, c’est une honte. Avec ses grands compas, quand il s’entraîne dessus, il a des tendinites, des problèmes articulaires… il a 35 ans, il n’est plus très jeune. Ce genre de terrain le bousille complètement au niveau physique. C’est une période où il était cuit et où il était un peu au bout du rouleau. On ne peut pas imposer à un joueur de jouer, surtout qu’il était trop handicapé. Tant que la CAF et la FIFA tolèreront qu’on joue sur des champs de patates, il ne faudra pas s’étonner que l’Afrique ait du mal footballistiquement parlant. Malheureusement, on s’occupe plus des fauteuils présidentiels dans les loges que des pelouses…

La Fédération gambienne aurait déposé un recours auprès de la CAF concernant l’éligibilité du défenseur d’origine nigériane, Adewale James Olufade. Que pouvez-vous nous dire par rapport à ça ?

Ils veulent créer l’illusion pour qu’on oublie leurs propres problèmes. C’est pitoyable ! Il faut laisser ça à la Fédération Gambienne, ce n’est même pas notre problème.

Alaixys Romao n’est plus dans la liste du Togo. Vous avez déclaré qu’il y avait eu un problème le concernant. Pouvez-vous nous en dire plus ? A-t-il une chance un jour de retrouver la sélection nationale ?

J’ai fait un choix mais il n’y a pas de problème. Quand il a signé à Reims, je lui ai même envoyé un petit message pour le féliciter. Après, c’est un choix de joueurs, un choix de jeu. Mais, les choses sont très claires. Je n’ai jamais dit que c’était terminé pour lui. Concernant Alaixys, la balle est dans son camp.

Vous affrontez prochainement l’Algérie. Quels ingrédients faudra-t-il mettre pour aller créer la surprise ?

Ce sera compliqué. Mes deux meilleurs défenseurs centraux, Hakim (Ouro-Sama) et Djene (Dakonam), sont suspendus, il va falloir être créatif. Je sais que les Algériens ne sont pas contents de jouer sur cette pelouse dangereuse et ils ont raison : si on tacle, on peut s’arracher la peau. C’est ce qui est d’ailleurs arrivé à un de mes joueurs. Ce n’est pas très compliqué, il va falloir gagner ce match. On revient de très loin et si on gagne on repasse devant l’Algérie. Il y a des joueurs de talent au Togo et on peut leur poser de grands problèmes, comme eux peuvent nous en poser aussi. Ce sera un super match mais il ne faut pas oublier que ça reste que du foot.

 

« Mais, reprendre un club français, alors là… pas une seconde ! »

 

Est-ce qu’on pourrait vous voir reprendre un club français un jour ?

Alors là, pas du tout ! J’ai eu des propositions même si je ne l’annonce pas partout quand c’est le cas pour ne pas faire croire comme certains que j’intéresse la terre entière. Mais, reprendre un club français, alors là… pas une seconde ! Ça ne m’intéresse pas du tout ! Je peux revenir peut-être un jour comme conseiller, c’est possible par amitié. On me l’a demandé parfois mais j’aime trop être au quotidien sur un terrain pour diriger des séances, faire progresser des joueurs, travailler techniquement. Le seul endroit où je serai reparti pour entraîner un club, c’est aux États-Unis, car ma femme est américaine. En Europe non, en Asie peut-être. Si je peux découvrir de nouvelles cultures, de nouveaux pays, de nouvelles langues… je serai toujours prêt pour ça.

Vous aimez beaucoup voyager, découvrir de nouvelles cultures…

Oui, pour cela, il faut être un assoiffé perpétuel de curiosités. Pour les enfants, c’est une formidable culture de la tolérance. C’est le plus important. J’ai cette chance inouïe. Je commence ma 51ème année de professionnalisme. Je rêvais au départ, dans un milieu d’intellos anti-foot contre lequel il a fallu que je me batte, de faire un match en D1. J’ai réussi. Je n’ai jamais cherché la gloire. Comme disait Madame de Staël : « La gloire est le deuil éclatant du bonheur ». La gloire, je m’en fous, ce qui m’intéresse, c’est le bonheur.

Keevin Hernandez