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Cyrille Watier « Le football amateur ? Il a totalement changé »

04/02/2019 à 17:35

Il est le meilleur buteur de l'histoire du Stade Malherbe de Caen. L'attaquant Cyrille Watier a fait les beaux jours du club Calvadosien dans les années 2000. Passé par le foot amateur, Actufoot est parti à sa rencontre afin de prendre des nouvelles. Interview.

Cyrille, quel regard portez-vous sur votre carrière sachant que vous êtes devenu pro assez tard ?

Oui, très tard. A 27 ans exactement. Je suis assez fier d’avoir été où je suis allé parce que ce n’était pas forcément attendu. Étant jeune, je n’ai pas été promis à une grande carrière professionnelle. Forcément, quand tu me retrouves à 27 ans en Ligue 1 ou en finale de Coupe de la Ligue, c’est forcément extraordinaire.

Qu’est-ce que ça vous fait d’être toujours reconnu comme le meilleur buteur de l’histoire du Stade Malherbe de Caen ?

Au début, c’était anecdotique. Maintenant, je me rends compte que c’est une petite fierté. Je pense que je vais rester assez longtemps avec ce titre. Parce que maintenant, dans le football moderne, dès qu’un attaquant marque énormément de buts, il aspire à aller ailleurs, dans des plus grands clubs, plus grand que le Stade Malherbe de Caen.

J’imagine que vous suivez toujours les résultats du Stade Malherbe de Caen. Qu’en pensez-vous ?

C’est difficile cette année avec le changement de staff complet. Il faut laisser un peu de temps pour que ça marche. Maintenant, j’espère qu’ils vont pouvoir se maintenir et qu’ils pourront repartir la saison prochaine avec de bons résultats.

Après votre carrière sportive, comment s’est organisée votre reconversion ?

J’ai d’abord monté un petit garage de voitures anciennes où je faisais de l’importation des États-Unis. J’ai arrêté parce que j’ai démarré un petit peu pendant la crise qui a eu lieu en 2007, du coup ça n’a pas été évident de monter ça. J’ai trouvé une place de pâtissier dans un centre commercial Leclerc.

On le sait, la reconversion n’est pas toujours évidente pour les footballeurs…

Exactement, je pense que ce n’est pas évident ! Pas forcément pour les personnes comme moi qui ont été pros mais surtout pour ceux qui n’ont pas eu une grande carrière en Ligue 1. C’est forcément assez difficile… maintenant, j’avais un métier avant et c’est ce qui m’a permis de rebondir.

Vous êtes resté dans le football, notamment au club de Plomeur en entrainant les filles. Comment ça s’est fait ?

J’ai joué au FC Plomeur pendant 9 ans. Il y a 4 ans, il y a eu la création d’une équipe féminine et par curiosité mais aussi pour aller aider au départ, j’y suis allé. L’ambiance m’a plu et je suis resté à la tête de l’équipe depuis.

Vous connaissiez le football féminin avant ou ça a été totalement une découverte ?

Pour moi, ça a été une totale découverte. Je connaissais l’Équipe de France Féminine, mais au niveau amateur, je ne connaissais pas du tout.

Comment ça se passe depuis que vous avez repris l’équipe ?

Depuis 3 ans, on a joué en district, et depuis l’année dernière on a accédé au niveau régional. Cette année, c’est plus délicat. Comme il y a moins d’équipes dans le football féminin, quand on monte d’une division, c’est tout simplement énorme, du coup cette année on est un peu plus en difficulté.

Est-ce que vous avez l’envie d’accéder au niveau national dans les années à venir ?

Je ne vous cache pas que oui, ça serait une ambition. A l’heure actuelle, non, car on aurait un autre travail à faire, de formation, chose qu’on n’a pas mis en place à Plomeur, on a juste une équipe Senior. Tous les ans, il faut recruter par du bouche à oreille avec des filles qui découvrent le club et qui viennent parce que c’est assez familial. On n’a pas d’équipe de jeunes féminines pour former et accéder à l’équipe première.

Vous avez joué en CFA à Pontivy, un peu plus tard au FC Plomeur. Quel est votre regard sur le football amateur ?

Il a totalement changé pour moi. Il y a encore beaucoup de jeunes passionnés mais il y en a beaucoup où c’est un peu plus « football consommation », c’est-à-dire qu’on joue dans un grand club et la saison d’après dans l’autre, ou alors on vient jouer un dimanche et le dimanche d’après on n’est pas disponible.

C’est les inconvénients du football amateur…

Oui voilà ! Et je pense que c’est lié aussi à ce que voient les jeunes au-dessus. On voit, par exemple, quelques joueurs qui prennent en otage leur club pour partir de force même si le club n’est pas d’accord. Il y a moins d’appartenance à un club, un jour vous jouez pour une institution, le lendemain vous pouvez aller cinq kilomètres à côté. C’est aussi lié à ce que voient les jeunes au niveau des stars.

Vous avez joué en Ligue 1, en Ligue 2, en National ou encore en CFA… Est-ce que vous avez quand même un regret ?

Non, je n’ai pas de regret parce que je pense que j’ai marqué plusieurs buts à tous les niveaux. Ce n’est peut-être pas un hasard non plus. Après, j’ai eu la carrière que j’ai eu. Je peux dire que j’ai quand même été un bon attaquant.